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Politique - Décryptage

Sur quoi ont porté les discussions entre Amos Hochstein et Walid Fayad

Seul le hasard a voulu que le ministre de l’Énergie Walid Fayad et l’émissaire américain pour les questions de l’énergie Amos Hochstein se retrouvent dimanche à bord du même avion venant d’Athènes vers Beyrouth. Les deux hommes se sont contentés d’échanges cordiaux en attendant leur rendez-vous officiel quelques heures plus tard au siège du ministère de l’Énergie, qui a d’ailleurs dû être décalé de près d’une heure en raison d’un retard dans le vol. Depuis bientôt un an, leurs rencontres sont régulières à chaque visite de l’émissaire américain au Liban. Certains se demandent pourquoi Amos Hochstein tient à rencontrer le ministre de l’Énergie à chaque fois. La réponse est double : d’abord la question d’amener du gaz d’Égypte et l’électricité de Jordanie pour permettre à Électricité du Liban d’augmenter les heures d’approvisionnement de toutes les régions libanaises en courant électrique, ensuite parce que le négociateur américain est concerné par les accords sur l’énergie entre les États.

À peine nommé à la tête du ministère de l’Énergie en septembre dernier, Walid Fayad avait entamé les contacts avec ses homologues égyptien, jordanien et syrien pour mettre au point les formalités nécessaires pour amener le gaz d’Égypte et l’électricité de Jordanie. Celles-ci ont été complétées au cours des derniers mois, avec des accords sur des prix avantageux pour le Liban. Malgré cela, l’exécution n’a pas encore commencé, et les raisons invoquées pour cela sont multiples et parfois contradictoires.

Le sujet a donc été évoqué dimanche entre Amos Hochstein et Walid Fayad en présence de l’ambassadrice des États-Unis Dorothy Shea. Il faut préciser que depuis des mois, chaque fois que le Liban fait un pas en avant dans ce dossier, de nouvelles embûches apparaissent, au point que les médias proches du Hezbollah ont commencé à parler de conditions américaines cachées pour lier ce dossier à celui de la délimitation de la frontière maritime.

Le président de la Chambre Nabih Berry a eu beau déclarer samedi que les Américains ne sont pas responsables du retard dans cette affaire, qui s’explique selon lui par des rouages administratifs et politiques internes, les soupçons d’entraves américaines demeurent. Surtout avec les nouvelles conditions de la Banque mondiale. Selon des sources proches du ministère de l’Énergie, ces nouvelles conditions sont plausibles, mais la possibilité d’une influence externe reste possible. Walid Fayad a donc exposé à Amos Hochstein ces deux nouvelles conditions qui se résument ainsi : d’abord relever la tarification de l’électricité, ensuite lancer le processus de formation de l’organisme de régulation. Selon les représentants de la Banque mondiale, ces deux conditions ont été ajoutées pour donner plus de garanties de recouvrement des montants que celle-ci compte donner au Liban. De fait, pour la BM, la tarification actuelle est considérée comme dérisoire et le début du processus de la formation de l’organisme de régulation donne une plus grande confiance aux investisseurs étrangers dans la capacité du Liban à rembourser les prêts qui lui seront accordés. Selon les sources précitées, le ministre Fayad a sciemment soulevé ces questions avec l’émissaire américain pour solliciter son aide. Pour lui, il est important que ce dossier reste présent sur la table des discussions avec les interlocuteurs américains, même s’il n’est pas directement lié à celui de la délimitation de la frontière maritime. Il voudrait ainsi faire en sorte que la question du gaz égyptien et de l’électricité jordanienne avance dans tous les cas.

Au cours de cet entretien, Amos Hochstein aurait reconnu que les deux nouvelles conditions compliquent la situation à un moment aussi délicat pour le Liban. Il aurait promis d’en parler avec les représentants de la BM aux États-Unis pour tenter de les alléger. D’autant qu’elles sont difficiles à réaliser actuellement. D’abord, pour l’augmentation de la tarification, il faut un accord de tous les membres du conseil d’administration d’EDL, qui sont actuellement au nombre de quatre au lieu de six. Et, en raison notamment de la composition de ce conseil d’administration, il est difficile que tous les membres se mettent d’accord sur une décision aussi impopulaire. De plus, une fois la décision prise, elle doit être aussi acceptée par le ministre des Finances. Concernant la formation de l’organisme de régulation, ce sujet est considéré depuis des années comme étant conflictuel. En principe, cet organisme est destiné à superviser les relations entre les secteurs public et privé, notamment les parties privées qui investissent dans le secteur de l’énergie. Or, pour l’instant, il n’y en a pas, et ce dossier n’est donc pas aussi urgent qu’on le dit. Mais certaines parties, pour des raisons politiques, voudraient augmenter les prérogatives de cet organisme pour qu’il soit plus puissant que le ministère. Il est par exemple question de lui confier l’élaboration du plan pour l’électricité, qui relève de la responsabilité du ministère. Dans ce contexte, il semble donc difficile pour le Liban de répondre rapidement aux deux conditions réclamées par la BM, sachant qu’il y a trois étapes dans le processus : les négociations avec la BM, les approbations nécessaires puis le paiement proprement dit. Or, en posant maintenant ces conditions, alors que l’on en est encore à la première étape, la Banque mondiale met la pression sur le Liban... Walid Fayad a donc sollicité l’aide de l’émissaire américain pour obtenir un report des délais, même s’il considère que les deux conditions sont importantes à remplir. Ce dernier aurait promis de faire de son mieux, et il aurait ajouté que si le processus de la délimitation de la frontière maritime progresse concrètement, sa mission sera facilitée et cela ouvrira de nouvelles perspectives pour le Liban dans plusieurs domaines.


Seul le hasard a voulu que le ministre de l’Énergie Walid Fayad et l’émissaire américain pour les questions de l’énergie Amos Hochstein se retrouvent dimanche à bord du même avion venant d’Athènes vers Beyrouth. Les deux hommes se sont contentés d’échanges cordiaux en attendant leur rendez-vous officiel quelques heures plus tard au siège du ministère de l’Énergie, qui a...

commentaires (7)

Ils discuteraient du tout sauf l’intérêt des libanais et du Liban…Je ne cache pas un secret si je dit que nos politiciens manquent d’éthique.

Georges S.

12 h 54, le 03 août 2022

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Commentaires (7)

  • Ils discuteraient du tout sauf l’intérêt des libanais et du Liban…Je ne cache pas un secret si je dit que nos politiciens manquent d’éthique.

    Georges S.

    12 h 54, le 03 août 2022

  • "Sur quoi ont porté les discussions entre Amos Hochstein et Walid Fayad"... hockie: "what do you mean Shea is your best friend? What about me?.... fayie: " you got it wrong amossie, you know we've got chemistry, I mean chemicals, you and me..."

    Wlek Sanferlou

    00 h 40, le 03 août 2022

  • Ils doivent parler de leurs cheveux et comment les styler avant et après un scotch- vodka sous un drap satiné.

    Wow

    12 h 41, le 02 août 2022

  • La journaliste, faussement naive, se pose la question suivante «Certains se demandent pourquoi Amos Hochstein tient à rencontrer le ministre de l’Énergie à chaque fois» ? La reponse est simple : ils parlent du partage des dessous de table qui doivent revenir a chaque pole du pouvoir dans le cadre habituel des operations qui relevent du ministere de l'energie..... Ne cherchez surtout pas plus loin !

    Michel Trad

    11 h 58, le 02 août 2022

  • La création de l’organisme de régulation est effectivement une demande ancienne afin de permettre une meilleure gouvernance et plus de transparence et donner à l’établissement public une certaine autonomie par rapport au ministre de l’énergie. Et c’est justement la ou le bât blesse: le courant politique qui contrôle le ministère de l’énergie depuis plus d’une décennie et qui est responsable d’une dette de 40 milliards de dollars ne veut absolument pas entendre parler de cette instance de régulation qui poserait des limites à son pouvoir. Il est toutefois clair que le Liban ne recevra pas un sou de la Banque Mondiale ou d’autres instances internationales (a part un minimum d’aide humanitaire) si les réformes qu’il réclame ne sont pas mises en place.

    Tabet Jad

    11 h 08, le 02 août 2022

  • relevons une partie sympa de des louanges necessaires de S hadad : "À peine nommé à la tête du ministère de l’Énergie en septembre dernier, Walid Fayad avait entamé les contacts avec ses homologues égyptien, jordanien et syrien"" C est dire combien ses adores du cpl sont efficaces et irremplacables . pour la suite,le message recu de S hadad est inutile car verite de la palice: Rien, aucun pays, aucune Org int'l de 'aucune sorte ne noius viendra en aide gratuitement. Les PRIX a payer sont 2: en finir de la racaille en assurant pour le moins la mise en oeuvre des reformes(avec,cerise sur le gateau leur mise a l'ecart) en finir de la milice iranienne dans sa forme actuelle. Merci bcp dame hadad de nous avoir rappele combien pernicieuse,destructrice fut la politique de vos idoles

    Gaby SIOUFI

    10 h 42, le 02 août 2022

  • Est ce qu’on sert de l’alcool à volonté sur ce vol ?

    Liberté de penser et d’écrire

    07 h 34, le 02 août 2022

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