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Campus - FÉMINISME

L’Institut arabe pour les femmes, pour un militantisme à l’université et au-delà

Visant l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes, l’AiW, rattaché à l’Université libano-américaine (LAU), s’engage sur divers fronts dont la recherche, l’éducation, les législations et la sensibilisation.

L’Institut arabe pour les femmes, pour un militantisme à l’université et au-delà

La professeure Amel Grami, de l’Université de la Manouba, à l’ouverture de la conférence internationale sur les femmes et les études de genre au Moyen-Orient, le 21 juin à la LAU. Photo LAU

L’Institut arabe pour les femmes (AiW) se définit à l’intersection de l’université et de l’activisme. « Nous transformons les résultats de nos recherches en des éléments pratiques que nous utilisons dans nos plaidoyers, nos formations ou la sensibilisation des étudiants », souligne sa directrice, Myriam Sfeir, avant de préciser : « Établir le pont entre l’académique et l’activisme nous permet de nous adresser aux étudiants, aux femmes et au grand public, dans une perspective non élitiste. » Engager les jeunes est central au travail de l’AiW. « Nous croyons que ce sont eux qui apporteront le changement. Nous considérons également essentiel de les inciter à appréhender toutes les problématiques qu’ils rencontrent à travers un regard sensible à la question du genre. Finalement, nous nous intéressons plus à sensibiliser des étudiants venant de toutes les disciplines, plutôt que de travailler avec ceux qui sont déjà convertis à la cause », précise-t-elle encore. C’est dans cette perspective que l’AiW organise des activités qui impliquent d’une façon directe les jeunes et les étudiants. Ainsi, le prix Mary Turner Lane récompense le meilleur article de recherche sur les questions féminines, alors que « Food 4 Thought », une série de conférences mensuelles, aborde des sujets d’actualité sur les questions de genre pour stimuler le débat. En parallèle, l’AiW soutient les clubs d’étudiants pour aborder les questions de genre dans la région à travers des ateliers, des conférences et des films. Quant au niveau académique, il encourage l’intégration des thématiques liées aux questions de genre dans les programmes d’études, par le biais de politiques et pratiques universitaires, mais aussi à travers le corps professoral qui sensibilise les étudiants sur ce sujet.

Congé parental modifié, au bénéfice de la mère… et du père

À travers ses actions, l’AiW souhaite contrer diverses injustices subies par les femmes dans nos sociétés patriarcales. Il s’agit ainsi de prévenir les violences basées sur le genre et les atteintes contre les groupes marginalisés, œuvrer pour l’égalité sur le plan de la législation, s’engager pour la réforme de la politique sécuritaire ou encore promouvoir la participation politique et économique des femmes. « Comme les droits relatifs au genre sont liés, nous travaillons sur les différents besoins d’une façon parallèle », précise Myriam Sfeir. C’est dans ce contexte que l’AiW a co-organisé en juin, avec la fondation Adyan et l’ONG Danmission, la conférence internationale sur les femmes, la religion et les droits humains. Cet événement s’est axé sur les efforts déployés par plusieurs entités laïques et religieuses, dans l’objectif d’améliorer la condition de la femme au sein des confessions musulmane, chrétienne et druze. Toujours dans ce cadre, se distingue un projet de loi que l’AiW a préparé avec la Commission nationale de la femme libanaise. Celui-ci vise à modifier la législation du travail afin d’inclure de meilleures politiques de congés parentaux. Il consiste à augmenter le congé de maternité de 10 à 15 semaines et à donner 10 jours de congé de paternité, ainsi que 7 jours de congé par an, au père ou à la mère, en cas de maladie des enfants de moins de 7 ans. « Il faut sensibiliser tout autant les femmes que les hommes sur cette question. Élever des enfants est une responsabilité que les deux partenaires partagent. La mère ne doit pas être la seule à s’occuper des enfants et des tâches ménagères. Il doit y avoir des actions qui affirment le rôle des pères pour qu’ils soient plus impliqués et engagés », indique Myriam Sfeir. La directrice de l’AiW considère qu’en attendant l’adoption du projet de loi par le Parlement, il était essentiel de l’appliquer, tout d’abord, au niveau de la LAU. En modifiant sa politique et ses procédures internes, cette dernière est ainsi devenue la première institution au Liban à garantir le congé parental dans sa version modifiée. Par ailleurs, d’autres amendements législatifs ont été ajoutés à ce projet de loi, tels que l’égalité professionnelle et salariale entre hommes et femmes, la nécessité de créer une crèche dans les entreprises qui ont plus de 50 salariés, ou la création d’une salle d’allaitement dans les entreprises de 15 salariés ou plus. En effet, il est « nécessaire de soutenir les mères et les pères qui travaillent, ainsi que d’autonomiser les mères sur le plan économique », observe Myriam Sfeir. L’AiW a ainsi lancé une campagne nationale en ligne, à travers une série de courtes vidéos d’animation, « afin de sensibiliser les Libanais et les Libanaises à l’importance du congé parental dans l’amélioration du statut des femmes au travail et de faire pression sur les décideurs au Liban pour qu’ils adoptent ce projet de loi », poursuit la directrice de l’institut. Parmi les autres actions initiées par l’AiW, une formation portant sur la participation politique des femmes – organisée en collaboration avec l’Académie pour l’éducation permanente (ACE) de la LAU et financée par l’ambassade de Finlande –

a été clôturée lors d’une conférence en juin. Trente femmes ont ainsi bénéficié de formations couvrant une diversité de thématiques, comme les traités internationaux, l’engagement des femmes dans le processus de la paix et de la sécurité, ou aussi la boîte à outils pour les femmes et la politique, créée par l’Institut. Par ailleurs, l’AiW a tenu à rendre hommage à des femmes qui ont œuvré pour la paix, mettant en valeur le rôle qu’elles ont joué, et ce à travers des documentaires qui racontent les histoires de militantes pour la paix pendant la guerre civile de 1975 et le soulèvement d’octobre 2019. Enfin, en partenariat avec le Global Women’s Institute (GWI) de l’Université George Washington, l’AiW est en cours de préparation d’un programme financé par l’ONU Femmes et l’OMS, visant à renforcer les capacités techniques des participants dans l’étude de la violence contre les femmes dans les pays arabes, à travers, entre autres, l’apprentissage de la collecte éthique des informations. Ce projet, avec bien d’autres, signe ainsi l’engagement de l’AiW, non seulement au Liban, mais aussi sur le plan régional. Pour visiter la chaîne YouTube de l’AiW : https ://www.youtube.com/channel/UCf0y2gSj9DwnHEfT2HDLNeQ



L’Institut arabe pour les femmes (AiW) se définit à l’intersection de l’université et de l’activisme. « Nous transformons les résultats de nos recherches en des éléments pratiques que nous utilisons dans nos plaidoyers, nos formations ou la sensibilisation des étudiants », souligne sa directrice, Myriam Sfeir, avant de préciser : « Établir le pont entre...

commentaires (1)

j'allais rouspeter contre le fait que l'on ne lit qu'au sujet d'universites anglophones, mais je vois au bas de l'article le logo AUF? Y a reit l'OLJ pouvait ajouter a ce tres bel article quelque chose a ce propos- c a d pt't en reponse a mon etonnement ?

Gaby SIOUFI

09 h 42, le 07 juillet 2022

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Commentaires (1)

  • j'allais rouspeter contre le fait que l'on ne lit qu'au sujet d'universites anglophones, mais je vois au bas de l'article le logo AUF? Y a reit l'OLJ pouvait ajouter a ce tres bel article quelque chose a ce propos- c a d pt't en reponse a mon etonnement ?

    Gaby SIOUFI

    09 h 42, le 07 juillet 2022

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