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Santé - Coronavirus

Les traitements du Covid-19 avancent cahin-caha

Les traitements du Covid-19 avancent cahin-caha

En plus des vaccins, les médicaments peuvent faire une différence pour les malades du Covid les plus à risque. Frederic J. Brown/AFP

Même s’il recule dans une grande majorité de pays, le Covid-19 n’a pas disparu, et, en plus des vaccins, les médicaments peuvent faire une différence pour les patients les plus à risque. Ces traitements, ceux pour prévenir et ceux pour guérir, concernent des personnes pour lesquelles le vaccin n’est que peu ou pas efficace (immunodéprimés...) ou qui ont un risque élevé de formes graves et de décès, dont les plus âgés.

Mais pour l’heure « ces médicaments efficaces restent insuffisamment utilisés, preuve en est le nombre de décès », regrette Antoine Flahault, directeur de l’Institut de santé globale et professeur à la faculté de médecine à Genève. « Le frein principal reste logistique, selon lui. Il faut que les personnes concernées pensent à faire un test PCR en cas de symptômes ou de contact à risque, que le médecin traitant pense à prescrire le médicament adapté, que la pharmacie en dispose dans les délais courts exigés, que l’hôpital puisse accueillir et traiter les patients » pour les médicaments administrés à l’hôpital.

Première catégorie de traitement, des pilules antivirales agissent directement sur le virus pour empêcher sa multiplication. Contre le Covid, la plus en pointe est le Paxlovid de Pfizer. L’Organisation mondiale de la santé a recommandé fin avril de le privilégier par rapport à d’autres traitements, notamment la pilule concurrente de Merck, le molnupiravir, moins efficace. Et la Chine a donné, mi-février, son feu vert sous condition au Paxlovid.

Mais, pour le moment, les médecins peinent à prescrire ces pilules. En France, où Paxlovid est le seul antiviral autorisé, 3 500 traitements ont été prescrits sur 100 000 livrés au premier trimestre. Pour le déployer davantage, les autorités veulent en faciliter la prescription.

Reste que plusieurs freins sont soulevés par des spécialistes. D’abord, la course contre la montre pour les administrer : idéalement moins de cinq jours après l’apparition des symptômes, confirmée par un test.

Certains médicaments, à commencer par le Paxlovid, sont aussi « délicats à utiliser » à cause de « nombreuses interactions avec d’autres médicaments », précise Antoine Flahault. Autre limite : certains variants, comme Omicron, peuvent en diminuer l’efficacité.

Deuxième grande catégorie, les anticorps monoclonaux doivent être administrés, par perfusion ou injection, à l’hôpital. Ils peuvent diminuer le risque d’hospitalisation et de décès jusqu’à 80 %. Ces traitements, qui ciblent une seule partie du virus, sont employés de deux manières, selon le médicament choisi. Soit, ils sont utilisés préventivement chez des personnes ne pouvant être vaccinées, soit ils sont donnés à des malades hospitalisés pour éviter que leur Covid dégénère en complications.

Les principaux sont Evusheld du Suédo-Britannique AstraZeneca et Ronapreve du Suisse Roche, les deux utilisés préventivement, le second aussi en curatif. S’y ajoute, en curatif, Xevudy du Britannique GlaxoSmithKline et de la biotech américaine Vir. Là encore, les délais pour les administrer sont serrés. Et, plus encore que les pilules, plusieurs de ces biomédicaments perdent en efficacité au fil des variants.

Comme pour les vaccins, l’accès aux médicaments anti-Covid reste très inégalitaire entre pays riches et pays pauvres. La levée des brevets a fait débat là encore, avec quelques avancées. À l’automne 2021, Pfizer et Merck ont annoncé des accords de licence sous l’égide de l’ONU, permettant de fabriquer une version générique moins coûteuse de leurs pilules. Des accords ont ainsi été signés mi-mars avec 35 fabricants de génériques en Europe, en Asie, en Amérique centrale et latine pour fabriquer du Paxlovid et en fournir à 95 pays pauvres. Mais l’OMS s’est dit vendredi dernier « très inquiète » que les pays les moins riches aient encore du mal à accéder au Paxlovid. Elle a « recommandé fortement » à Pfizer d’aller plus loin avec des prix et contrats plus transparents et une assiette de licence élargie pour que plus de fabricants de génériques puissent produire le médicament.

Des ONG bataillent toujours. « Au fur et à mesure de l’apparition de nouveaux traitements, il sera tout simplement inhumain qu’ils ne soient pas disponibles dans les milieux à ressources limitées, simplement parce qu’ils sont brevetés et trop chers », a prévenu début 2022 Marcio da Fonseca, un conseiller pour la Campagne d’accès aux médicaments de MSF.

Isabelle CORTES/AFP


Même s’il recule dans une grande majorité de pays, le Covid-19 n’a pas disparu, et, en plus des vaccins, les médicaments peuvent faire une différence pour les patients les plus à risque. Ces traitements, ceux pour prévenir et ceux pour guérir, concernent des personnes pour lesquelles le vaccin n’est que peu ou pas efficace (immunodéprimés...) ou qui ont un risque élevé de formes...

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