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Santé - Congrès

Les défis de l’infertilité

Au-delà des causes médicales habituelles chez l’homme ou chez la femme, l’augmentation de l’infertilité ces trois dernières décennies s’explique par l’association de multiples facteurs.

Les défis de l’infertilité

Le Pr Jean-Marc Ayoubi et Sarah el-Haïry,. ministre française de l'Enfance, de la Jeunesse et des Familles. Photo DR

À l’occasion de la Journée internationale de la femme, le service de gynécologie-obstétrique et de médecine de la reproduction de l’hôpital Foch, avec à sa tête le professeur franco-libanais Jean-Marc Ayoubi, a tenu son congrès annuel aux Salons Hoche à Paris, en présence de plus de 1 400 participants et de 70 conférenciers dans le domaine de la reproduction. Ces journées Gynfoch ont été comme à chaque fois l’occasion de présenter, discuter et débattre des dernières innovations scientifiques, dans la prise en charge de l’infertilité. Les intervenants ont abordé des thématiques relatives au droit de la femme à la reproduction au moment où elle le souhaite, à la chirurgie de l’endométriose, à la lutte contre l’infertilité et à la prévention de la fertilité. La congélation des gamètes a constitué un des axes les plus développés.

Le Pr Jean-Marc Ayoubi explique que « selon l’OMS, de plus en plus de couples ont recours à l’AMP (l’assistance médicale à la procréation). Un couple sur quatre consultera pour un problème d’infertilité. Au-delà des causes médicales habituelles chez l’homme ou chez la femme, l’augmentation de l’infertilité ces trois dernières décennies s’explique par l’association de multiples facteurs : rupture du tabou de l’infertilité, altération de la qualité des spermogrammes, recul de l’âge de la reproduction chez la femme, tabagisme, exposition aux perturbateurs endocriniens (plastique, détergents, jouets, maquillages, crème de soins, ondes électromagnétiques…). D’autres facteurs contribuent aussi à l’augmentation de l’infertilité : la pollution, le réchauffement climatique, l’obésité, le stress, le cannabis, les drogues dures, l’alimentation déséquilibrée et les maladies sexuellement transmissibles… », ainsi que le rôle du recul de l’âge de la première grossesse. « En France, par exemple, les femmes ont désormais leur premier bébé à 31 ans en moyenne, contre 29 ans il y a une vingtaine d’années. Cela est principalement dû à des causes sociétales, à l’évolution des mœurs, aux études universitaires longues, aux priorités professionnelles ou tout simplement parce que les femmes ignorent que la fertilité commence à décliner à partir de 33 ans. Il est donc nécessaire de s’y prendre tôt pour réussir un projet de grossesse. » Et le spécialiste de mettre en garde : « Chez la femme, la fertilité chute de façon significative après 40 ans, d’où l’importance de l’informer de ce risque et de l’inviter à prendre connaissance de l’état de son statut ovarien, par un simple test de sang ou par une échographie. » Par ailleurs, le Pr Ayoubi signale que « près de la moitié des cas de l’infertilité au sein d’un couple seraient dus à des anomalies spermatiques responsables de l’infertilité masculine. Ces dernières touchent le nombre, la mobilité, la qualité et la morphologie des spermatozoïdes ».

« L’infertilité est souvent vécue comme une forme de maladie honteuse, un tabou qu’il est grand temps de briser. On peut accompagner, soutenir, traiter, guérir… et ça, c’est notre responsabilité, enchaîne le gynécologue. Nombreuses sont les femmes qui ne souhaitent pas procréer avant l’âge de 37 ans, et qui cherchent à préserver leur fertilité par la congélation ovocytaire. En France, la nouvelle loi de bioéthique de 2021 prévoit enfin la possibilité de conserver ses gamètes sans condition médicale, ni de don d’une partie des gamètes, comme au préalable. Ainsi, l’autoconservation consiste en la congélation de ses propres gamètes (ovocytes ou spermatozoïdes) pour les avoir à disposition, si par la suite un projet d’enfant devait nécessiter une AMP. Cette préservation indiquée en cas de traitement de cancers ou précédant une chimiothérapie ou une chirurgie lourde de l’endométriose, démarre par une stimulation ovarienne, afin d’obtenir le plus grand nombre d’ovocytes « jeunes », passant par la ponction folliculaire pour les recueillir, jusqu’à la congélation des ovocytes matures. L’autoconservation, à faible risque, est de même proposée à tous les hommes pubères (jusqu’à 60 ans) qui s’apprêtent à subir un traitement lourd. »

« Le taux de réussite des techniques d’AMP dépend de l’âge de la femme et de la quantité des ovocytes recueillis. Ainsi, sur dix couples qui recourent à l’AMP, seuls 5 réussiront à procréer », conclut Jean-Marc Ayoubi.

À l’occasion de la Journée internationale de la femme, le service de gynécologie-obstétrique et de médecine de la reproduction de l’hôpital Foch, avec à sa tête le professeur franco-libanais Jean-Marc Ayoubi, a tenu son congrès annuel aux Salons Hoche à Paris, en présence de plus de 1 400 participants et de 70 conférenciers dans le domaine de la reproduction. Ces journées...
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