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Nos lecteurs ont la parole

« Tant qu’il y a de l’espoir, il y a de la vie », Anne Frank

L’histoire nous montre que les nations et les civilisations disparaissent lorsque leur noyau commence à se perdre. La famille est le noyau de la société, qui est aussi la base de notre nation. Les hautes valeurs morales et la culture sont les sources de notre éducation civique. L’un des premiers idiomes est le respect de soi, mais aussi d’autrui. Une phrase qui englobe beaucoup de sagacité et de bienveillance.

En Orient, notre éducation est en plus teintée par de hautes valeurs religieuses, comme l’amour de son prochain, l’abstention de la violence et surtout le pardon d’autrui. C’est ce qu’on appelle de « l’humanité » dans notre mode de vie.

Mais tout cela est, hélas, devenu du passé.

C’est avec une grande amertume et chagrin que je rédige ces lignes en regardant tout autour et en ne reconnaissant plus le sens des lignes écrites auparavant.

Blâmer l’autre pour toutes nos misères et le pointer toujours du doigt est peut-être la façon la plus simple et logique. Mais jusqu’à quand et jusqu’où continuer à ne blâmer que l’autre ?

La triste vérité nous oblige à nous rendre compte que la loi de la rue nous impose parfois à nous éloigner de notre éducation civique, et de devenir des « menteurs » circonstanciels et des « voleurs » occasionnels pour pouvoir survivre au calvaire quotidien qui nous est imposé. C’est la loi de la jungle, la loi de la survie, comme le proverbe le dit, là où « la raison du plus fort est toujours la meilleure ».

Nous sommes aussi responsables de la situation actuelle dans laquelle nous nous trouvons, car accepter équivaudrait à partager, à être en accord avec la situation régnante, donc être complices et fautifs.

La repentance, elle, existe, et elle consiste à se diriger vers les urnes pour voter pour un meilleur futur. La seule façon civilisée et démocratique qui permettrait d’exprimer notre déplaisir et notre volonté de changement.

Quelques petites semaines à peine nous séparent des élections parlementaires. Déjà les surenchères ont commencé. Les coalitions et les blocs électoraux se négocient et se forment à l’insu du citoyen. Comme chaque fois, il y a des promesses et des promesses. Voter pour qui et pour quoi ? Les « blocs traditionnels » sont toujours très présents et pétrifient l’ambiance, mais voici aussi les fils des anciens leaders qui font surface avec de nouveaux slogans, comme s’ils étaient des candidats indépendants de leur père… Quelle situation anecdotique. Décidément, au Liban, il n’y a pas moyen de déraciner l’ancienne classe politique, sauf l’impossible.

C’est aussi vrai que dans nos mémoires, le déroulement et les résultats des élections précédentes ne sont ni très enchanteurs ni encourageants.

Jean Mister de l’Académie française avait dit : « La majorité a toujours raison, mais la raison a bien rarement la majorité aux élections ». Ce qui est très applicable chez nous, mais on n’a pas d’autre choix. Quelle est l’alternative ? Renier et dénier les élections serait exercer la politique de l’autruche. Or, à cette étape, on ne peut plus se permettre le luxe de s’abstenir et de s’attendre à un miracle. Notre vie quotidienne est devenue une affliction, pour ne pas dire une malédiction. C’est le moment ou jamais de se débarrasser des leaders « abâtardis », tout en espérant que la majorité des électeurs ne succomberait pas à l’attraction et la séduction des offres en dollars de certains courants politiques. Mais juste avant de les empocher contre votre voix électorale, souvenez-vous de vos comptes bancaires bloqués, de votre monnaie nationale dévalorisée, de l’insécurité régnante dans laquelle vous vivez, de votre honneur piétiné en tant que citoyens et surtout de l’état de vos enfants à l’étranger.

« Puisque le peuple vote contre le gouvernement, il faut dissoudre le peuple » est une citation célèbre de Bertolt Brecht (écrivain philosophe allemand), que les Libanais ont expérimentée depuis de longues années. Mais c’est peut-être le moment opportun pour que l’électeur renverse par voie démocratique cette phrase en sa faveur en dissolvant le gouvernement par la force du vote.

Le Liban est devenu le troisième pays après le Venezuela et le Soudan comme ayant subi la plus haute inflation globale en 2021. Les recettes publiques devraient diminuer et s’établir à 6,6 % du PIB, soit le taux le plus faible au monde après la Somalie et le Yémen. La dette brute devrait atteindre 183 % du PIB (études faites en 2021), plaçant le Liban au quatrième rang des pays les plus endettés au monde (rapports de la Banque mondiale publiés en janvier 2022).

Avec 63 % de la population vivant sous le seuil de la pauvreté et un taux de chômage ahurissant qui frôle les 25,8 % (selon l’Escwa), chers Électeurs, je vous laisse à votre libre conscience de choisir le futur de notre pays.

Dr Vartkès ARZOUMANIAN

Abou Dhabi

Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « courrier » n’engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement le point de vue de L’Orient-Le Jour. Merci de limiter vos textes à un millier de mots ou environ 6 000 caractères, espace compris.

L’histoire nous montre que les nations et les civilisations disparaissent lorsque leur noyau commence à se perdre. La famille est le noyau de la société, qui est aussi la base de notre nation. Les hautes valeurs morales et la culture sont les sources de notre éducation civique. L’un des premiers idiomes est le respect de soi, mais aussi d’autrui. Une phrase qui englobe beaucoup de sagacité et de bienveillance. En Orient, notre éducation est en plus teintée par de hautes valeurs religieuses, comme l’amour de son prochain, l’abstention de la violence et surtout le pardon d’autrui. C’est ce qu’on appelle de « l’humanité » dans notre mode de vie.Mais tout cela est, hélas, devenu du passé. C’est avec une grande amertume et chagrin que je rédige ces lignes en regardant tout autour et en ne reconnaissant...
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