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Environnement - Développement

Le tourisme en montagne, mais sans nuire à l’équilibre naturel

Une nouvelle stratégie du PNUD vient d’être lancée en collaboration avec les ministères de l’Environnement et du Tourisme.

Le tourisme en montagne, mais sans nuire à l’équilibre naturel

La montagne libanaise, un potentiel à exploiter avec prudence. Ici, une vue du village de Tannourine. Joseph Eid/AFP

Le Liban, en majorité constitué de montagnes et connu pour sa riche biodiversité, ne bénéficie pas jusqu’à ce jour d’une stratégie claire mettant en avant ses ressources naturelles et patrimoniales, et gérant durablement ses potentiels sites touristiques dans les zones rurales. Le fragile équilibre entre développement touristique et protection de la nature a fait l’objet d’une « Stratégie de tourisme durable dans les montagnes du Liban », lancée récemment par le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD).

« Les montagnes du Liban constituent 73 % du territoire, or, elles n’abritent que 12 % de la population et génèrent 13 % de l’emploi touristique direct total au Liban », a souligné Mohammad Saleh, représentant résident adjoint du PNUD, lors de l’événement de lancement de la stratégie. Il s’est notamment dit préoccupé par le fait que « l’augmentation du tourisme intérieur au cours des dernières années sans infrastructures ni gouvernance appropriées a conduit à des pratiques non durables qui ont causé la dégradation des terres et l’épuisement des ressources naturelles, ainsi que la pollution, la perte d’habitat, la destruction et la fragmentation du paysage ».

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La stratégie lancée par le PNUD vise à ouvrir la voie à une collaboration entre les communautés rurales, le secteur privé, la société civile et les autorités locales, dans le but de revitaliser et de réhabiliter les paysages et les terres de montagne, de limiter les pressions sur l’environnement et d’améliorer les opportunités économiques pour les communautés rurales. Elle a été élaborée en collaboration avec le ministère du Tourisme dans le cadre du projet « Neutralité en matière de dégradation des terres des montagnes du Liban » (LDN) et en partenariat avec le ministère de l’Environnement.

Un impact minimal sur les ressources naturelles

Lara Kallas, directrice du projet LDN, explique à L’OLJ que « le tourisme durable se base sur des activités touristiques qui ont un impact minimal sur les ressources naturelles et qui tient compte de toutes les contraintes environnementales, ainsi que de la fragilité des écosystèmes ». Tout oppose, selon elle, le tourisme durable au tourisme de masse, puisque le premier respecte la capacité maximale touristique des destinations, et prend en compte l’état de leurs infrastructures et les critères environnementaux qui leur sont adaptés.

Lara Kallas affirme que cette stratégie, qui entre dans le cadre du projet de réhabilitation des terrains dégradés dans les montagnes libanaises, « veut ainsi éviter toute dégradation potentielle des terrains en instaurant un tourisme responsable qui préserve et mette durablement en valeur les ressources patrimoniales ». « Par exemple, une simple randonnée en groupe peut avoir un impact négatif sur l’environnement si elle ne respecte pas la fragilité naturelle du lieu et n’est pas convenablement encadrée de façon à respecter les conventions », ajoute la directrice du projet LDN.

Créer des emplois tout en préservant le patrimoine

L’objectif à travers cette stratégie ? « Que le Liban devienne la destination de tourisme de montagne la plus durable du Moyen-Orient », indique Lara Kallas, notant le fait que « l’identité dynamique et attrayante » de cette destination lui permet d’être « bien placée pour être une expérience unique de diversité culturelle et naturelle ».

« Nous essayons de repositionner positivement le Liban sur le terrain du tourisme mondial, de développer l’expérience touristique libanaise et de la varier, de faire du développement durable un enjeu et un principe national, tout en mettant en relief l’identité unique de nos montagnes », reprend-elle. Une stratégie qui, si elle est appliquée, profitera autant aux visiteurs qu’aux entreprises touristiques, au secteur de l’environnement, aux communautés rurales locales, par le biais « d’actions planifiées et de modèles de gestion visant à augmenter les impacts positifs du tourisme tout en réduisant ses répercussions négatives ». « Notre stratégie se base sur une étude de plus de 470 villages libanais de montagne, de manière à définir leurs besoins et leur présenter nos recommandations sur la gestion de leurs activités touristiques », indique-t-elle. Le projet encourage ainsi les municipalités voisines à s’entraider dans le but de créer des projets et produits touristiques communs. « Une fois adopté, ce projet permettra aux communautés locales de créer des emplois et des opportunités économiques en préservant le patrimoine culturel, naturel et social », déclare-t-elle.

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La stratégie du PNUD est à considérer comme une feuille de route pour ces villages, mais elle n’est pas fondée, du moins pour l’instant, sur des décisions gouvernementales. « Ce sont les acteurs du secteur public, telles les municipalités et les ONG locales, qui en seront le principal moteur qui aidera les villages à créer leurs propres produits », souligne Mme Kallas. Sur le plan pratique, elle indique qu’un projet pilote est en cours de réalisation dans plusieurs villages des montagnes du Akkar et de Jbeil.


Le Liban, en majorité constitué de montagnes et connu pour sa riche biodiversité, ne bénéficie pas jusqu’à ce jour d’une stratégie claire mettant en avant ses ressources naturelles et patrimoniales, et gérant durablement ses potentiels sites touristiques dans les zones rurales. Le fragile équilibre entre développement touristique et protection de la nature a fait l’objet d’une...

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"Tout oppose le tourisme durable au tourisme de masse". C'est pourquoi le projet d'élargissement de la route qui descend dans la Qadicha doit impérativement être stoppé. Il ne vise qu'à amener dans la Vallée Sainte encore plus d'autocars, déversant encore plus de touristes, faisant encore plus de bruit et y répandant encore plus de déchets. Une question, en passant: la chasse est=elle compatible avec un tourisme écologique? Si non, pourquoi, la chasse, interdite, cette année, dans tout le pays, est-elle autorisée dans la Qadicha? Il ne s'agit pas de braconniers opérant la nuit en cachette, mais de chasseurs, agissant en plein jour, au vu et au su des gendarmes et gardes impassibles. à quelques mètres du poste des FSI

Yves Prevost

06 h 59, le 24 février 2022

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Commentaires (1)

  • "Tout oppose le tourisme durable au tourisme de masse". C'est pourquoi le projet d'élargissement de la route qui descend dans la Qadicha doit impérativement être stoppé. Il ne vise qu'à amener dans la Vallée Sainte encore plus d'autocars, déversant encore plus de touristes, faisant encore plus de bruit et y répandant encore plus de déchets. Une question, en passant: la chasse est=elle compatible avec un tourisme écologique? Si non, pourquoi, la chasse, interdite, cette année, dans tout le pays, est-elle autorisée dans la Qadicha? Il ne s'agit pas de braconniers opérant la nuit en cachette, mais de chasseurs, agissant en plein jour, au vu et au su des gendarmes et gardes impassibles. à quelques mètres du poste des FSI

    Yves Prevost

    06 h 59, le 24 février 2022

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