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Économie - Finances publiques

Budget 2022 : le dollar douanier pourrait finalement être aligné sur Sayrafa

Les discussions concernant les avances à Électricité du Liban doivent se poursuivre aujourd’hui.

Budget 2022 : le dollar douanier pourrait finalement être aligné sur Sayrafa

Les autorités sont, en apparence du moins, sur le pied de guerre depuis une dizaine de jours pour examiner et adopter un projet de budget pour 2022 cohérent par rapport à la situation du pays. Photo Dalati et Nohra

Débutées la semaine passée, les discussions concernant l’avant-projet de budget 2022, préparé par le ministre des Finances Youssef Khalil, se sont poursuivies hier au cours de deux séances étalées sur la journée.

La principale avancée enregistrée, selon les maigres informations transmises par le ministre de l’Information p.i. et de l’Éducation Abbas Halabi, concerne la question du fameux « dollar douanier », un terme utilisé par le gouvernement pour désigner le taux de change afin de calculer les droits de douane et qui doit être ajusté dans un contexte de dépréciation massive de la livre par rapport au dollar. Cet effondrement rend caduque l’utilisation du taux officiel de 1 507,5 livres pour un dollar que la Banque du Liban (BDL) avait pu entretenir entre fin 1997 et mi-2019, et qui était utilisé pour toutes les opérations comptables de l’État et de ses institutions avant que le pays ne s’engouffre dans la crise.

Si aucune décision définitive n’a encore été actée, les ministres semblent s’être résolus à aligner le taux du dollar douanier sur celui de la plateforme de change Sayrafa, pilotée par la BDL et qui est actualisée quotidiennement (21 500 livres pour un dollar, hier soir). Cette mesure avait d’ailleurs été défendue jeudi dernier par le ministre des Finances – et ancien cadre de la BDL – dans l’émission Sar el-Waqt, expliquant qu’elle contribuerait à unifier les taux de change en vigueur au Liban comme le demande le Fonds monétaire international (FMI) à qui le Liban a demandé une assistance financière.

L’électricité

Avant que les débats sur l’avant-projet de budget démarrent, les ministres semblaient vouloir fixer le taux du dollar douanier à un niveau intermédiaire, qui serait compris entre le taux de 8 000 livres pour un dollar employé pour les retraits de fonds en devises bloqué par les restrictions bancaires (appelés dollars bancaires ou lollars) et celui du marché (près de 21 000 livres, hier soir). Par la suite, ils ont envisagé la possibilité qu’il soit fixé à 20 000 livres, soit le taux employé par le ministre des Finances dans le brouillon du préambule devant être joint à l’avant-projet (notamment pour calculer le PIB et les intérêts des eurobonds, les titres de dette en devises). Enfin, Abbas Halabi n’a pas précisé quand les ministres prévoyaient de régler définitivement la question du dollar douanier.

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Pas d’avancée majeure concernant l’avant-projet de budget 2022

En effet, la réunion prévue aujourd’hui sera d’abord consacrée à clore le débat sur un autre sujet, qualifié samedi de houleux par Abbas Halabi et qui a animé une partie des discussions hier, à savoir le dossier de l’électricité et plus précisément le sort de l’avance du Trésor de 5 250 milliards de livres destinées à Électricité du Liban qui est inscrit dans l’avant-projet. Lundi, le bureau politique du mouvement chiite Amal (principal mandataire du choix du candidat au poste du ministère des Finances) s’était prononcé dans un communiqué contre l’octroi de cette avance qu’ils ont assimilée à une perte sèche pour les finances publiques. Les ministres réunis hier sont, eux, en bonne voie de couper la poire en deux. Selon Abbas Halabi, l’avance inscrite pourrait ainsi être approuvée en 2022, mais à la condition préalable qu’un plan de réforme du secteur de l’électricité soit approuvé.

Ce chantier fait aussi partie des réformes critiques que les autorités doivent lancer pour convaincre non seulement le FMI de leur capacité à honorer leurs engagements, mais aussi la Banque mondiale qui prévoit de participer au financement des projets d’importation d’électricité jordanienne et de gaz égyptien lancés dans le cadre d’une initiative américaine dévoilée l’été dernier. Dans le brouillon du préambule de la loi de finances, le ministre des Finances avait, lui, indiqué que le montant de l’avance pouvait être majoré d’un montant supplémentaire – non précisé – courant 2022 pour faire face aux éventuelles fluctuations du taux de change.

Les tarifs d’électricité d’EDL sont figés depuis les années 1990 – pour satisfaire un certain clientélisme politique –, ce qui la contraint à compter sur les avances du Trésor afin de pouvoir financer son fonctionnement et ses achats de carburant. Le fournisseur fonctionne depuis des mois au ralenti, ce qui augmente la dépendance de ses abonnés aux propriétaires de générateurs privés, dont les prix sont beaucoup plus élevés. Enfin, le troisième sujet phare évoqué hier concerne les tarifs des télécoms, selon Abbas Halabi, des prix qui sont toujours calculés sur la base d’un dollar à 1 507,5 livres et que l’exécutif envisage d’ajuster, comme l’a souligné le ministre des Télécoms, Johnny Corm, à l’issue de la réunion. Rien n’a officiellement filtré à ce niveau, malgré les pistes évoquées dans les médias (certaines tablant sur des prix calculés en fonction d’un dollar à 9 000 livres sans éléments solides pour le corroborer).

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La crise sans fond que traverse le Liban depuis plus de deux ans a fortement impacté le fonctionnement et les finances des autorités qui sont, en apparence du moins, sur le pied de guerre depuis une dizaine de jours pour examiner et adopter un projet de budget pour 2022 cohérent par rapport à la situation du pays. Le Conseil des ministres enchaîne ainsi les réunions depuis le lundi 24 janvier, date à laquelle ont également démarré les discussions officielles avec le FMI. La réunion programmée mardi a été cependant annulée, le Premier ministre Nagib Mikati et huit ministres libanais devant se rendre en Turquie pour une série de réunions officielles avec leurs homologues turcs.

Entre autres, et selon les informations disponibles et relayées par l’Agence nationale d’information (ANI, officielle), le ministre libanais des Travaux publics et des transports, Ali Hamiyé, a examiné avec le ministre turc des Transports et des Infrastructures, Adil Karaismilglu, le renforcement de certains accords signés entre les deux pays et des nombreux projets qui pourraient éventuellement être mis en place avec l’aide de la Turquie. L’octroi de bus publics ou la remise d’une partie des équipements utilisés à l’Aéroport international Atatürk, avant sa fermeture en avril 2019, font partie des initiatives évoquées par les deux hommes.

Débutées la semaine passée, les discussions concernant l’avant-projet de budget 2022, préparé par le ministre des Finances Youssef Khalil, se sont poursuivies hier au cours de deux séances étalées sur la journée.La principale avancée enregistrée, selon les maigres informations transmises par le ministre de l’Information p.i. et de l’Éducation Abbas Halabi, concerne la question...
commentaires (4)

J’oubliais Areeba qui appartient au fils du multimilliardaire qui s’est auto proclamé seul entremetteur pour les paiement des 30$ fresh du test PCR ridicule a l’arrivée à Beyrouth. Soit 4% de 30$ %= 1,2$ par voyageur multiplié par 5 millions = 6 millions de $ fresh au fils de Mikati. Ce même Mikati qui avait été accusé d’avoir détourné 200 millions de $ de la caisse de la banque de l’habitat au profit de ses proches. Décidément, plus on creuse plus on trouve de la pourriture et du vol! Et pour combler ces vols, ce gouvernement réfléchit comment voler l’épargne des déposants

Lecteur excédé par la censure

20 h 26, le 03 février 2022

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Commentaires (4)

  • J’oubliais Areeba qui appartient au fils du multimilliardaire qui s’est auto proclamé seul entremetteur pour les paiement des 30$ fresh du test PCR ridicule a l’arrivée à Beyrouth. Soit 4% de 30$ %= 1,2$ par voyageur multiplié par 5 millions = 6 millions de $ fresh au fils de Mikati. Ce même Mikati qui avait été accusé d’avoir détourné 200 millions de $ de la caisse de la banque de l’habitat au profit de ses proches. Décidément, plus on creuse plus on trouve de la pourriture et du vol! Et pour combler ces vols, ce gouvernement réfléchit comment voler l’épargne des déposants

    Lecteur excédé par la censure

    20 h 26, le 03 février 2022

  • Pas de nouvelles taxes c’est juré! Juste une augmentation des tarifs douaniers qui se répercutent sur les prix. Qu’est ce que vous allez encore inventer pour ruiner d’avantage les libanais pour vous gaver jusqu’à la gorge. Vous ne serez jamais rassasié de voler… vous êtes écœurants de dégoût. Rendez nous notre épargne au taux de Sayrafa aussi, voilà une réalisation. Mais le multi milliardaire s’en fout du oeupke, sa fortune est bien au chaud à l’étranger, seules ses larmes de crocodile sont au Liban

    Lecteur excédé par la censure

    19 h 24, le 03 février 2022

  • Tous ces dollars sont ridicules. Baissez le prix des telecoms et quil soit au taux de sayrafa. Unifies vos taux de change. On ne peux pas operer une entreprise avec une multitude de taux.

    ..... No comment

    10 h 22, le 03 février 2022

  • A ces messieurs et madame qui se croient ministres d’une république en réalité bananière et donc bac+5 minimum, comment peuvent ils admettre que le dollar douanier (donc les dépenses des libanais) soit calculé aux taux de Sayrafa et que le lollard (donc les rentrées des libanais) soit à 8000LL. Même un élève de sixième remarque de suite le déséquilibre injuste de l’équation. Quant au $ des telecom, normal qu’il soit à 8000 à condition que les tarifs des opérateurs soient identiques aux tarifs internationaux alors qu’au Liban ils sont 4 à 5 fois plus élevés ne serait ce que par le prix de l’abonnement 15$ et le le CLIP a 4,5$ qui n’existent nulle part ailleurs. En France, il n’y a que des forfaits autour de 20€ qui incluent SMS illimités, 4 heures minimum de communication et 5 Go minimum d’internet. Ah j’oubliais qu’au Liban nous sommes les champions du vol en bande organisée, comme les décisions du conseils des prétendus ministres.

    Lecteur excédé par la censure

    09 h 25, le 03 février 2022

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