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Économie - Crise au Liban

Carte d’approvisionnement : le financement toujours pas assuré, regrette Kanaan

Le président de la Commission parlementaire des Finances appelle à une réunion rapide de l’exécutif sur ce sujet.

Carte d’approvisionnement : le financement toujours pas assuré, regrette Kanaan

Le président de la Commission des Finances et du Budget, Ibrahim Kanaan, au Parlement, à Beyrouth, le 11 novembre 2021. Photo Ali Fawaz /Parlement libanais.

Annoncée depuis l’été 2020 dans un Liban en crise, la distribution de la fameuse carte d’approvisionnement, censée se substituer aux mécanismes de subventions dont bénéficiaient jusqu’à il y a peu les importateurs de certains produits, n’a toujours pas commencé. Pis, la question de son financement ne semble toujours pas réglée, à en croire le président de la Commission des Finances et du Budget, Ibrahim Kanaan.

Ce dernier s’est exprimé sur le sujet mardi après-midi, à la suite d’une réunion consacrée aux moyens de doper les recettes publiques en plein contexte de crise et d’octroyer des aides aux fonctionnaires et retraités de la fonction publique pendant un an. « La carte d’approvisionnement a été approuvée par le Parlement (fin juin dernier, NDLR), la question de son financement relève de la responsabilité du gouvernement et elle doit être réglée dès que possible », a déclaré le député, appelant à une réunion rapide de l’exécutif sur ce sujet.

Ibrahim Kanaan a de plus suggéré que le « mieux » était d’inscrire les lignes de crédits correspondantes dans le budget de l’État pour 2022 – dont l’avant-projet n’a toujours pas été transmis à la présidence du Conseil des ministres. Or ce dernier ne s’est plus réuni depuis des semaines, sur fond de tensions politiques liées à l’enquête sur la double explosion qui frappé Beyrouth le 4 août 2020, puis de la nouvelle crise diplomatique avec les pays du Golfe.

Annonces contradictoires

« La commission a pris une position ferme car cela ne peut pas continuer ainsi. La population a besoin que des mesures soient prises concernant la carte d’approvisionnement mais aussi le budget pour 2022, le taux de retrait des devises bloquées, qui est encore fixé à 3 900 livres pour un dollar alors que le taux flotte autour des 23 000 livres sur le marché, ou encore les poursuites des discussions préliminaires avec le Fonds monétaire international (FMI) », a expliqué le député à L’Orient-Le Jour. Les autres thèmes énumérés par l’élu ont également été abordés lors de la réunion de la commission.

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Les déclarations d’Ibrahim Kanaan surviennent moins de 24 heures après celles du ministre de l’Économie et du Commerce, Amine Salam, qui a annoncé dans une interview télévisée lundi soir que les bénéficiaires potentiels de la carte pourront s’inscrire « dès la semaine prochaine » et que les premiers versements commenceront « début 2022 ». Le ministre a précisé qu’une « phase de vérification » sera menée à bien avant le versement des aides. Pendant « un mois et demi », des visites à domicile seront ainsi organisées par le ministère des Affaires sociales pour vérifier les profils des candidats inscrits, toujours selon le ministre.

Ces nouvelles annonces, tout comme les réserves émises par Ibrahim Kanaan, invalident tout ce qui avait été mis en avant par deux ministres du gouvernement sortant, celui de l’Économie Raoul Nehmé et celui des Affaires sociales Ramzi Moucharrafiyé, le 9 septembre, soit la veille de l’accord sur la composition de celui de Nagib Mikati. Entre autres détails que L’Orient-Le Jour avait relatés dans un article paru le 10 septembre, les deux anciens hauts-responsables avaient indiqué que les inscriptions seraient ouvertes à partir du 15 septembre et jusqu’au 31 octobre. Ils avaient également assuré que le dispositif serait en majeure partie financé par une ligne de crédit exceptionnelle de 556 millions de dollars ouverte auprès de la Banque du Liban, le reste dépendant d’autres sources (Banque mondiale et les droits de tirage spéciaux (DTS) versés par le FMI, notamment). « Nous n’avons pas été officiellement informés de l’activation de ces sources », a assuré Ibrahim Kanaan.

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Au-delà de ces questions, se pose également celle de la phase de vérification annoncée par le ministre et dont la durée semble très courte par rapport au nombre de bénéficiaires potentiels (plus de 500 000 familles). À titre de comparaison, le « Projet de protection sociale en réponse à une crise d’urgence et au Covid-19 (ESSN) » de la Banque mondiale prévoit une période de trois mois pour collecter et vérifier les données de seulement 147 000 familles.

Contacté, le ministère de l'Economie n'a pas communiqué plus de détails utiles concernant la mise en place de la carte d'approvisionnement.



Liban / FMI : Amine Salam s’avance sur la répartition des pertes

En plus de ses déclarations sur la carte d’approvisionnement, le ministre de l’Économie et du Commerce, Amine Salam, a communiqué lundi soir sur la chaîne al-Hurra (en langue arabe, financée par le Congrès américain) certains détails concernant les discussions préliminaires entre le Liban et le Fonds monétaire international (FMI).

Selon lui, les pertes financières du pays – qui doivent être déterminées avant le début effectif de négociations pouvant déboucher sur le déblocage d’une assistance financière – sont estimées à « 55 milliards de dollars » en « moyenne ». Elles devraient être supportées par « l’État, la Banque du Liban (BDL) et les banques » dans des proportions allant de « 30 à 35 % » par entité. Le ministre a ajouté que les déposants – qui doivent en principe être inclus dans le même groupe que les banques – ne devraient pas supporter plus de « 10 % » du fardeau de ces pertes, sans préciser si cela se ferait via un bail-in (conversion d’une partie des dépôts en participation dans le capital de la banque).

Amine Salam a également noté que la restructuration du secteur bancaire (plus de 60 enseignes dont une quarantaine de banques commerciales) sera certainement accompagnée par une phase de recapitalisation qui poussera plusieurs petits établissements – près de 40 % d’entre elles, toujours selon le ministre – à fusionner ou être rachetés. Selon lui, la situation sera « plus claire à ce niveau » au premier trimestre 2022.

Il a en outre estimé que le redressement complet du pays avec l’aide du FMI et des fonds réservés depuis la conférence de Paris d’avril 2018 (CEDRE) devait prendre « entre 3 et 5 ans, et non 10 et 15 (comme évoqué par son interlocuteur pendant l’entretien) en raison de la taille réduite de son économie. Amine Salam a enfin estimé que le taux de change pourrait être stabilisé entre 9 000 et 12 000 livres pour un dollar (contre plus de 23 000 livres actuellement), puis a assuré que le taux applicable pour les droits de douanes (la parité officielle de 1 507,5 livres pour un dollar) ne sera pas relevé sans « plan global » préalable. Enfin, le gouvernement envisagerait de supprimer les droits de douanes actuels sur le blé pour en maîtriser le prix, en plein contexte d’inflation mondiale et locale.


Annoncée depuis l’été 2020 dans un Liban en crise, la distribution de la fameuse carte d’approvisionnement, censée se substituer aux mécanismes de subventions dont bénéficiaient jusqu’à il y a peu les importateurs de certains produits, n’a toujours pas commencé. Pis, la question de son financement ne semble toujours pas réglée, à en croire le président de la Commission...

commentaires (8)

depuis quand un ministre charge de l'economie de la nation inexistante s'avance a donner des chiffres que meme les EXPERTS EN FINANCES N'OSERAIENT PAS LE FAIRE? pourquoi donc ces neo ministres en vacances ont ils adopte la meme politique du parole, parole, parole hein ? mais des paroles stupides en plus !

Gaby SIOUFI

16 h 36, le 24 novembre 2021

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Commentaires (8)

  • depuis quand un ministre charge de l'economie de la nation inexistante s'avance a donner des chiffres que meme les EXPERTS EN FINANCES N'OSERAIENT PAS LE FAIRE? pourquoi donc ces neo ministres en vacances ont ils adopte la meme politique du parole, parole, parole hein ? mais des paroles stupides en plus !

    Gaby SIOUFI

    16 h 36, le 24 novembre 2021

  • il me vient que notre chef comptable le cananeen abraham doit se sentir irremplacable.... tel que son patron le veut pour lui-meme ! Ah quels phenomenes

    Gaby SIOUFI

    16 h 33, le 24 novembre 2021

  • Il brasse du vent. Comment peux t'on le croire alors que, au taux bancaire de 3900, le haircut effectif sur les depots est ACTUELLEMENT de 83%. "demain on rase gratis" ???

    Michel Trad

    13 h 44, le 24 novembre 2021

  • NAIFS CEUX QUI CROENT vraiment EN LA MISE SUR LES RAILS DE CETTE CARTE. JE VEUX DIRE SA MISE EN APPLICATION AUSSI HONNÊTEMENT QUE POSSIBLE, VU QUE L'ETAT MORIBOND OU PAS N'A PAS LES MOYENS DE SELECTIONNER LES FAMILLES ELIGIBLES POUR CAUSE - POUR LE MOINS- D'ABSENCE DE STATS FIABLES, DE LEURS MULTIPLICATIONS ET ORIGINES DIVERSES .... LE RESTE VOUS LE DEVINEZ !

    Gaby SIOUFI

    10 h 02, le 24 novembre 2021

  • Vous et vos patrons devriez dégager en enfer avec votre magot pillé et laisser ce pays se reconstruire et retrouver sa lumière et sa prospérité, vous n'êtes qu'un ramassis de vautours funestes.

    Je partage mon avis

    09 h 46, le 24 novembre 2021

  • On a compris depuis longtemps que nous ne sommes pas une nation digne de ce nom, mais un terrain-vague de plus en plus délabré où s'agitent des guignols jaunes, verts, oranges, bleus et bicolores...qui ne savent même pas calculer que: 1+1 = 2...ou que: 2-2 = zéro ! Leur cerveau n'a qu'un programme: "mes intérêts avant tout!" - Irène Saïd

    Irene Said

    08 h 55, le 24 novembre 2021

  • Pour être pratique cessons cette comédie et plutôt 1- réduisez de 3/4 le nombre de fonctionnaires pour faire des économies sérieuses, 2- faite émettre des cartes de financement de pelles, car vu que la nourriture se fait rare il serait mieux de financer les moyens d'enterrement rapide et personnels pour nous épargner d'entendre a longueur de programmes télévisés en direct et en moins direct pour nous expliquer des délais illogiques! Basta! y en a marre de cette clique inutile et meurtrière...

    Wlek Sanferlou

    21 h 02, le 23 novembre 2021

  • C'est lamentable. Voilà, ils vont donner aux fonctionnaires, dont une bonne partie ne fiche rien, au lieu de corriger le taux pour le retrait de devises, qui est toujours de 3900 pour 1 dollar. Et la livre va continuer de dégringoler, et ils redonneront à nouveau aux mêmes, au lieu de corriger les 3900. Comment on appelle ça, si ce n'est pas la plus flagrante corruption ! Le vol prémédité des devises.

    Esber

    18 h 23, le 23 novembre 2021

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