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Dernières Infos - Crise au Liban

Carte d'approvisionnement et projet ESSN : les bénéficiaires pourront commencer à s'inscrire d'ici 10 jours

Carte d'approvisionnement et projet ESSN : les bénéficiaires pourront commencer à s'inscrire d'ici 10 jours

Le ministre libanais des Affaires sociales, Hector Hajjar. Photo Dalati et Nohra

Le ministre libanais des Affaires sociales, Hector Hajjar, a expliqué vendredi que le retard accusé dans le lancement de projets permettant de venir en aide aux familles défavorisées était dû au fait que le Parlement n'avait pas encore approuvé les amendements nécessaires à une loi encadrant un de ces projets, annonçant par ailleurs que les inscriptions des personnes souhaitant bénéficier de la carte d'approvisionnement ou du programme de la Banque mondiale pour les familles défavorisées seraient lancées "d'ici 10 jours" sur la plateforme Impact, qui dépend de l'Inspection centrale et vise à coordonner le travail interministériel.

Concernant le "Projet de protection sociale en réponse à une crise d’urgence et au Covid-19" (ESSN) de la Banque mondiale (BM), et la carte d'approvisionnement, sur laquelle l'exécutif planche depuis des mois, le bureau de presse de M. Hajjar a indiqué que "les préparatifs nécessaires ont été accomplis" par son ministère "grâce à un travail continu entamé dès le pris jour de sa prise de fonction". 

"La plateforme Impact sera prête, d'un point de vue technique et logistique, pour commencer les inscriptions des bénéficiaires de ces projets d'ici dix jours", a ajouté le communiqué. Cette plateforme est notamment utilisée, pour le moment, pour les inscriptions à la vaccination anti-Covid. 

Le ministre Hajjar a encore souligné que "ce qui entrave l'inscription et le lancement du projet ESSN" est le retard pris pour l'adoption d'amendements nécessaires à la loi déjà approuvée à ce sujet par le Parlement. Ce texte aurait dû être étudié lors de la séance parlementaire de jeudi mais la séance a été levée après la perte du quorum, suite à une querelle entre le Courant patriotique libre (CPL, aouniste) et le chef du législatif concernant le nombre de voix nécessaires pour approuver des amendements à la loi électorale

Dans une vidéo circulant dernièrement dans les médias, le ministre Hajjar et son collègue au ministère de l'Economie, Amine Salam, avaient refusé de répondre à des questions de la chaîne Sawt Beirut International concernant le retard des projets d'aide sociale, alors que le Liban fait face à une grave crise socio-économique. Les deux ministres s'étaient renvoyé la balle et avaient évité de justifier ce retard. 

L'application de la loi sur la carte d’approvisionnement à destination des familles défavorisées patauge encore malgré son adoption par la Chambre fin juin, et celle du projet de la BM fait les frais de cette même procrastination des autorités, alors qu’elle avait également été approuvée par cette Chambre en mars dernier. Dans les deux cas, les listes des familles éligibles à recevoir l’aide ne sont toujours pas finalisées, les responsables attendant celle de la carte d’approvisionnement, dont les dispositions sont actuellement sous révision, pour établir celle du projet ESSN.
Lancé début 2021, le projet ESSN constitue un prêt de 246 millions de dollars, financé par la BM et qui a pour but de venir en aide à au moins 147 000 familles démunies face à la pandémie, mais surtout à la terrible crise socio-économique que subissent les Libanais depuis deux ans. Malgré son caractère d’urgence, ce dispositif est en suspens depuis mi-janvier dernier en raison d’un contentieux avec les responsables libanais quant à la monnaie de déboursement. Négocié en amont du contrat, le taux de change entre le dollar et la livre utilisé pour débourser l’aide aux bénéficiaires de ce plan avait en effet été fixé à 6 240 livres pour un dollar (contre le taux de 1 507,5 livres en parité officielle et celui de 3 900 livres pour les devises conservées en banque). Un taux dit "humanitaire" qui a rapidement perdu tout sens dans le sillage d’une grave dépréciation de la monnaie nationale sur le marché parallèle, qui avait atteint en mars un pic à 15 000 livres et qui s’échangeait hier autour de 20 300 livres par dollar. La BM avait alors exprimé son souhait de voir l’aide versée en devises plutôt qu’en livres, suscitant une levée de boucliers, notamment de la part de la Banque du Liban par laquelle le prêt devait transiter. Après plus de sept mois de tergiversations, la BM avait finalement annoncé fin août un accord avec les autorités libanaises pour le déboursement de cette aide en devises.



Le ministre libanais des Affaires sociales, Hector Hajjar, a expliqué vendredi que le retard accusé dans le lancement de projets permettant de venir en aide aux familles défavorisées était dû au fait que le Parlement n'avait pas encore approuvé les amendements nécessaires à une loi encadrant un de ces projets, annonçant par ailleurs que les inscriptions des personnes souhaitant...