Rechercher
Rechercher

Politique - Législatives 2022

Les dessous de la décision en faveur du vote des expatriés pour les 128 sièges

Il était prévu que les Libanais de l’étranger éliraient six députés seulement. La rapidité avec laquelle cet amendement de la loi électorale a été effectué au Parlement mardi dernier serait due à un accord du tandem chiite.

Les dessous de la décision en faveur du vote des expatriés pour les 128 sièges

Un Libanais glissant son bulletin dans l’urne, durant les législatives de 2018. Photo d’archives Joseph Eid/AFP

Depuis que les préparatifs aux élections législatives de 2022 vont bon train, la question du vote des Libanais de l’étranger pose débat : la société civile notamment se battait sur deux fronts, faire en sorte que le vote porte sur les 128 sièges du Parlement et non seulement sur six dans le cadre d’une circonscription détachée, comme le veut la loi de 2017, et surtout empêcher que ce vote ne soit tout bonnement annulé. Mardi, le Parlement a accordé sans encombre la première de ces revendications en votant l’amendement de la loi électorale qui permettra aux expatriés de voter pour les 128 membres de l’hémicycle, sur base des registres d’état civil des électeurs. La diaspora avait déjà voté en 2018 pour les députés des 15 circonscriptions du pays, mais la loi prévoyait que les expatriés voteraient en 2022 pour six députés (un sunnite, un chiite, un druze, un maronite, un grec-catholique et un grec-orthodoxe) répartis sur six continents.

Lire aussi

Les Libanais de l’étranger affûtent leurs armes

Du côté des partis qui militaient en faveur du vote des expatriés selon les circonscriptions de 2018, le Parti socialiste progressiste (PSP) et les Forces libanaises (FL) se disent satisfaits de l’amendement. « Dès le départ, la plupart des parlementaires s’accordaient sur la nécessité de laisser la diaspora s’exprimer lors des prochaines législatives, affirme Bilal Abdallah, député du bloc PSP du Chouf. Les Libanais qui ont commencé à émigrer à partir de 1975 ont encore des attaches au Liban et leur avis compte, explique M. Abdallah à L’OLJ. On ne comprend pas cette hérésie des six sièges ni comment elle a été introduite dans la mouture de la loi électorale de 2017. Elle n’a aucune valeur. » « Il fallait bien prendre une décision au sujet des électeurs établis à l’étranger », commente pour sa part un responsable au sein des FL sous le couvert de l’anonymat, pour justifier la rapidité avec laquelle la loi a été amendée. « Le tandem chiite, qui était d’abord contre ce vote, a compris que l’option des six sièges l’empêchera de mener sa campagne à l’étranger, car le Hezbollah est classé comme “parti terroriste” dans plusieurs pays. Il a donc préféré donner son aval pour que la diaspora puisse participer de la même manière qu’en 2018, sachant que les électeurs chiites n’étaient pas nombreux », ajoute-t-il.

Ali Mourad, maître de conférences en droit public et conseiller juridique du think tank « Koullouna Irada », explique pour sa part que le tandem Amal-Hezbollah, réticent au départ à l’idée de laisser la diaspora voter, a fini par accepter le vote des émigrés pour les 128 députés de la Chambre afin d’éviter les problèmes qui pourraient découler de l’adoption des six sièges. « De cette manière, le tandem chiite n’aura plus à se soucier des difficultés qui pourraient découler des déplacements de ses candidats potentiels à l’étranger en vue de faire campagne, analyse M. Mourad. Au final, Amal et le Hezbollah considèrent que le vote des expatriés ne présente pas une réelle menace étant donné qu’une grande partie de la diaspora continuera de voter pour le pouvoir en place », ajoute-t-il.

Recours du CPL

Si la décision du Parlement a été favorablement accueillie par des représentants du mouvement de contestation du 17 octobre au sein de la diaspora, la plupart des expatriés libanais désireux de participer au changement à l’intérieur du pays, elle a été critiquée par le Courant patriotique libre (CPL), fervent défenseur de la formule des six sièges et qui compte présenter un recours bientôt et qui avait voté contre l’amendement. Contactée par L’Orient-Le Jour, une responsable au sein du CPL confirme que son parti a bien l’intention de contester l’amendement de la loi électorale « en se basant sur une disposition de la Constitution qui stipule que ce qui a déjà été acquis par le biais d’une loi ne peut pas être changé ». « Si on met en place les six sièges relatifs à la diaspora, on donnera aux Libanais de l’étranger le droit de voter mais aussi celui de se porter candidats », avance cette responsable.

Lire aussi

Quel impact aurait un scrutin tenu le 27 mars prochain ?

Cette source considère néanmoins que cet amendement n’est pas le plus grave, estimant que l’avancement de la date des élections est un piège encore plus dangereux. Bilal Abdallah estime pour sa part qu’il n’y aura probablement pas de retour en arrière concernant le vote des expatriés, l’amendement de la loi ayant été validé, mais souligne la gravité du recours qui sera présenté par le CPL, sans le nommer. « Le seul danger qui menace le vote des expatriés, c’est l’insistance de certains à vouloir présenter un recours au Conseil constitutionnel pour réinstaurer le système des six sièges réservés aux députés de la diaspora. Cela risque de torpiller le vote à l’étranger. J’espère que personne n’a l’intention d’annuler le vote des émigrés », souligne le député.


Depuis que les préparatifs aux élections législatives de 2022 vont bon train, la question du vote des Libanais de l’étranger pose débat : la société civile notamment se battait sur deux fronts, faire en sorte que le vote porte sur les 128 sièges du Parlement et non seulement sur six dans le cadre d’une circonscription détachée, comme le veut la loi de 2017, et surtout...

commentaires (3)

Il y plus de 18 millions de Libanais dans le monde, majoritairement catholiques (maronites PLUS D'UN LIBANAIS SUR 2 DANS LE MONDE EST MARONITE, melkites Grec-catholiques, latins, Syriaques catholiques, arméniens catholique, etc...) dont moins de quatre millions de Libannais au Liban, eux majoritairement musulmans (chiites, sunnites,...). En fait il y a 3 millions de libannais au Liban et un million de Palestiniens et Syriens. Alors que faire ? Un député par circonscription de 150.000 habitants sans tenir compte des confessions. 27 députés pour les Libanais du Liban et 100 pour la diaspora ? Ou le contraire ?

Zahar Nicolas / CONSEILS & GESTION SARL.

15 h 14, le 21 octobre 2021

Tous les commentaires

Commentaires (3)

  • Il y plus de 18 millions de Libanais dans le monde, majoritairement catholiques (maronites PLUS D'UN LIBANAIS SUR 2 DANS LE MONDE EST MARONITE, melkites Grec-catholiques, latins, Syriaques catholiques, arméniens catholique, etc...) dont moins de quatre millions de Libannais au Liban, eux majoritairement musulmans (chiites, sunnites,...). En fait il y a 3 millions de libannais au Liban et un million de Palestiniens et Syriens. Alors que faire ? Un député par circonscription de 150.000 habitants sans tenir compte des confessions. 27 députés pour les Libanais du Liban et 100 pour la diaspora ? Ou le contraire ?

    Zahar Nicolas / CONSEILS & GESTION SARL.

    15 h 14, le 21 octobre 2021

  • Tout aussi important que le nombre des deputes pour qui les expatries pourront voter, est la loi selon laquelle ce vote se deroulera. L'ancienne loi obligeait de voter pour les voyous , les mafieux , en meme temps que les candidats choisis par l' electeur. Pas de panachage possible,afin de preserver les soi-disant regles de representativite, et de consensus . Une curieuse maniere de forcer l' electeur a elire des candidats qu' il voue aux enfers chaque minute, chaque seconde, chaque jour de l' annee !

    LeRougeEtLeNoir

    10 h 05, le 21 octobre 2021

  • PAR CE TITRE"" Les dessous de la décision en faveur du vote des expatriés pour les 128 siègesoui ce fut une heresie cette loi de limiter leurs vote a 6 deputes hors les 128"" ON N'A EN FAIT LU QUE LE DESSUS DE CETTE LOI... QUANT A RACONTER LE POURQUOI DE CETTE LOI HERESIE VOTEE IL Y A 4 ANS ? MAIS DE QUEL DROIT CES IMBECILES CRAPULES S'ETAIENT PERMIS DE LA VOTER ?

    Gaby SIOUFI

    09 h 39, le 21 octobre 2021

Retour en haut