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Lifestyle - La Mode

Hermès révèle son thème de l’année : une extraordinaire « Odyssée »

Hermès célébrait le 6 octobre son événement annuel du Thème, une inspiration générale proposée aux créateurs et artisans de la maison pour l’année à venir. La fête, placée sous le thème de « L’Odyssée », a eu lieu à la Grande Halle de la Villette, dans un cadre hors du temps, sans autre repère qu’une infinie poésie.

Hermès révèle son thème de l’année : une extraordinaire « Odyssée »

Hermès, « Une Odyssée », Thème 2021. Mise en scène de Pauline Bayle, chorégraphie de Mehdi Kerkouche. Photo Hermès

Parce que les 16 000 collaborateurs, artistes et artisans qui forment la famille Hermès représentent un équipage et une formidable et intarissable intelligence collective. Parce que la maison a été fondée sur le périple d’un jeune rêveur, Thierry Hermès, qui est allé, en 1820, chercher son destin à pied, depuis son Krefeld natal situé dans cette zone un peu floue du Bas-Rhin, Allemagne française ou France allemande, avec une escale à Pont-Audemer en Normandie où il fait son apprentissage, jusqu’à Paris où il s’établit comme harnacheur et sellier. Parce que l’histoire et la culture d’Hermès sont aussi marquées par l’Athénienne Rena Dumas, architecte d’intérieur qui a notamment laissé son empreinte sur l’aménagement des boutiques Hermès à Paris et dans le monde. Pour toutes ces raisons, le nostos, thème épique du grand retour dans la littérature grecque ancienne, illustré par Homère, a spontanément dicté L’Odyssée comme incontournable vocable et source d’inspiration sous lesquels se feraient les créations Hermès de la nouvelle année.


Hermès, « Une Odyssée », Thème 2021. Mise en scène de Pauline Bayle, chorégraphie de Mehdi Kerkouche. Photo Hermès

Un art d’honorer l’étranger

C’est au cœur de la Grande Halle de la Villette, fleuron de l’architecture de verre et de fer du XIXe siècle, un lieu tenu secret jusqu’à la dernière minute, comme de tradition, que s’est déroulé l’événement du Thème. Sur les réseaux sociaux, on a beaucoup évoqué un « dîner sur l’eau ». De fait, la scénographe Fanny Laplane avait imaginé pour décor une rade isolée sous une nuit étoilée. Posé sur un bassin peu profond, laqué de noir, où se reflétaient les centaines de milliers d’étoiles d’une mise en lumière de Pascal Noël, un radeau en forme de rose des vents accueillait sur chacune de ses branches deux tables de banquet. Avant d’y accéder, les 150 invités s’étaient regroupés autour de la comédienne Jeanne Balibar (César de la meilleure actrice pour le rôle de Barbara dans le biopic éponyme de Mathieu Amalric, 2017). Un moment de recueillement où ils ont écouté le beau récit de Philémon et Baucis adapté des Métamorphoses d’Ovide par la metteuse en scène Pauline Bayle (par ailleurs rédactrice en chef invitée du numéro « Une odyssée vol. II » du magazine Le monde d’Hermès). Cette histoire d’amour éternel est aussi un message de bienvenue : « Celui qui honore l’étranger mérite à son tour d’être honoré. »


Hermès, « Une Odyssée », Thème 2021. Mise en scène de Pauline Bayle, chorégraphie de Mehdi Kerkouche. Photo Hermès

Un silence heureux

La suite est un enchantement où la saveur des mots alterne avec celle des incroyables inventions culinaires du chef étoilé Jean-François Piège. Le thème du repas serait celui d’un automne en Méditerranée. Il commençait par « l’eau et le pain », symboles universels de l’hospitalité : une eau de tomate filtrée toute une nuit accompagnée d’un morceau de pain moelleux. Se poursuivait par des feuilles d’automne craquantes sous une bûchette de fenouil séché, puis un « œuf au carré » recouvrant une purée d’artichauts et de champignons, parce que « l’œuf est l’un des rares ingrédients communs à toutes les langues du monde ». Ainsi de suite, aucun plat n’étant servi à ces tables au hasard. Quand Jeanne Balibar lit le menu, on croit entendre un poème. Des intermèdes musicaux sont produits par Lucie Antunes, Bertoux et Jean-Sylvain Le Gouic.

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Rabih Kayrouz, un grand retour à l’essentiel

Tout à coup, Pierre-Alexis Dumas, le directeur artistique général d’Hermès, émerge de l’obscurité, interpellé par Jeanne Balibar. Leur échange porte sur le voyage, le retour, la quête, le rêve et le réveil. Il est émaillé d’histoires liées à l’héritage de Thierry Hermès, mises en relation avec la tradition grecque et le voyage d’Ulysse. Chaque moment de ce dialogue et de cette mise en scène onirique est un pinacle, avec sans doute, en apothéose, une lecture du poème de Cavafy Ithaque par Jeanne Balibar. On croit la soirée terminée quand le paisible bassin est tout à coup chahuté par un assaut de sirènes et de tritons, danseurs du chorégraphe Mehdi Kerkouche venus de tous les horizons de la danse : hip-hop, voguing, ballet classique ou jazz. Ensemble, ils soulèvent vagues et émotions fortes avant que la musique ne s’éteigne peu à peu, laissant place à un silence heureux.


Hermès, « Une Odyssée », Thème 2021. Mise en scène de Pauline Bayle, chorégraphie de Mehdi Kerkouche. Photo Hermès

Une collection solaire

Ce moment organisé deux jours après la présentation de la collection Hermès printemps-été 2022 à l’aéroport du Bourget soulignait comme jamais la culture particulière de cette maison sans pareille dans une industrie réputée superficielle. Placée sous le signe du jaune, couleur du soleil et du grand air, la collection créée sous la direction artistique de Nadège Vanhee-Cybulski mettait notamment en valeur le savoir-faire des nombreux métiers de la maison où les artisans eux-mêmes ne font rien comme tout le monde. Elle interrogeait la relativité de la couleur selon les supports et les pigments, les tours de main qui font magie et la sensibilité du lien entre main et cerveau, cette forme si éclatante de l’intelligence humaine qui est souvent irriguée, chez Hermès, par des artisans venus de formations autres que manuelles.


Parce que les 16 000 collaborateurs, artistes et artisans qui forment la famille Hermès représentent un équipage et une formidable et intarissable intelligence collective. Parce que la maison a été fondée sur le périple d’un jeune rêveur, Thierry Hermès, qui est allé, en 1820, chercher son destin à pied, depuis son Krefeld natal situé dans cette zone un peu floue du Bas-Rhin,...

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