Rechercher
Rechercher

Lifestyle - Mode

Rabih Kayrouz, un grand retour à l’essentiel

Rabih Kayrouz, un grand retour à l’essentiel

Maison Rabih Kayrouz, printemps-été 2022. Photo DR

Pour le printemps-été 2022, et pour toutes les saisons d’ailleurs, tant la maison ne considère plus le calendrier des collections que comme une référence temporelle sans relation avec le temps – ou la mode – qu’il fera, Rabih Kayrouz revisite ses Essentiels avec des volumes surdimensionnés. Un parti pris qui répond à un appel d’air universel, avec comme toujours un imperceptible parfum d’Orient.


Maison Rabih Kayrouz, printemps-été 2022. Photo DR

« Elle part quand elle en a envie, elle prend sa valise et l’emporte loin. Tenues de ville, tenues de voyage, robes de bal. Elle est prête. Pour arpenter les rues étrangères. Pour oser l’aventure d’un safari, pour aller danser sous les étoiles. Dans sa valise, tous ses essentiels. Cape et trench. Veste de travail, saharienne, blousons, smoking, short bermuda, pantalon large, blouses, polos et chemises. Matières rigides et tissus souples, popelines, taffetas, lamé oriental, denim revisité. Tons beige, blanc, bleu. Lumière du rose ou du jaune. Imprimé fauve, galaxie du strass. Robes cousues d’un geste. Le corps enveloppé comme un nuage, elle joue à la grande dame du bal. » On le comprend avant même d’en avoir lu le poétique manifeste, la collection Maison Rabih Kayrouz présentée dans le cadre de la Semaine de la mode parisienne pour le printemps-été 2022 est une célébration de la liberté et de la joie retrouvées. Après les longs mois de pandémie et de confinement, et alors que le masque reste encore trop souvent de mise, la première sensation dont on rêve est celle d’une grande bouffée d’oxygène, un énorme bol d’air frais goulûment inspiré. À ce besoin irrépressible, la réponse couture apportée par le créateur se traduit en volumes ballons, gonflés, mouvants, coupés dans des textures légères. Les Essentiels de Rabih Kayrouz, ces modèles d’archives que la plupart des habituées de la maison ont conservés depuis leur acquisition et qui ont fait leurs preuves en pertinence et durabilité, ont été revisités dans un nouvel esprit. Sortis de leur papier de soie, les chemises lamées aux coupes parfaites, les vestes cabans blanches, surpiquées de noir comme des dessins vivants, les robes amples, les décolletés froncés, les clous de strass qui apportent de la tenue et un peu de lest à des volants ou des capes qui autrement s’envoleraient, les trenchs fendus sur les côtés, tout est familier, tout est revenu avec une allure nouvelle – aérienne est le mot – sans contrainte et qui ouvre la voie à toutes les personnalisations.

Lire aussi

Rabih Kayrouz serre la poésie de Byblos dans un coffret pour « Diptyque »

Maison Rabih Kayrouz, printemps-été 2022. Photo DR

Ainsi est Rabih Kayrouz qui, au-delà de sa vocation première de créer une mode à la fois universelle et discrètement inspirée de ses racines culturelles levantines, remet à chaque collection son ouvrage sur le métier pour en interroger la justesse. Avec la maturité et les épreuves vécues, dont la double explosion de Beyrouth qui l’a laissé quelque temps sous le choc avec une commotion cérébrale, le créateur n’est plus attaché – s’il l’a jamais été – à offrir systématiquement du nouveau pour satisfaire les diktats d’une industrie parmi les plus polluantes au monde. Qu’on se le dise, les Essentiels dans lesquels se résume son credo d’artisan et d’artiste sont désormais, comme leur nom l’indique, les piliers autour desquels se déclineront l’air du temps et l’inspiration du moment.


Maison Rabih Kayrouz, printemps-été 2022. Photo DR

Le très beau film de la collection réalisé par Nasri Sayegh illustre bien, dans une scène de back-stage et sur la musique pétillante de Raffaella Carra, Rumore, la joie de la liberté retrouvée, d’être soi sans narcissisme, et la modernité des classiques et la saveur incomparable des préparations accommodées dans les « vieilles marmites ».



Pour le printemps-été 2022, et pour toutes les saisons d’ailleurs, tant la maison ne considère plus le calendrier des collections que comme une référence temporelle sans relation avec le temps – ou la mode – qu’il fera, Rabih Kayrouz revisite ses Essentiels avec des volumes surdimensionnés. Un parti pris qui répond à un appel d’air universel, avec comme toujours un...

commentaires (0)

Commentaires (0)

Retour en haut