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Nos Lecteurs ont la Parole

Deux « impuissants » ne peuvent pas relever le pays

Je ne voudrais pas être pessimiste à l’heure où les Libanais espèrent tout au moins une amélioration de leurs conditions de vie à l’aube de la nouvelle ère gouvernementale, mais plutôt réaliste au vu des conjonctures locale et régionale.

M. Mikati, qui a rendu sa première visite officielle au parrain français, a dû entendre de son hôte la même rengaine : pas de financement de la part des pays donateurs avant la mise en place et l’amorce effective d’un plan de restructuration économico-financier et politique à même de remettre le Liban sur la voie d’une profonde mutation vers un État « normal », viable économiquement, doté de toutes les structures modernes lui assurant cette transition dans un premier temps et plus tard sa pérennité.

Malheureusement, tous les ingrédients sont là pour empêcher toute amorce de plan sérieux et pérenne, à savoir, à titre non exhaustif et dans les grandes lignes, ce qui suit :

1- Les instances qui financent, et en premier lieu le FMI, exigent l’arrêt total du trafic de contrebande avec la Syrie par la fermeture de tous les points de transit illégaux et le contrôle strict des points de passage aux frontières. Cette condition est à mon sens irréalisable au vu de l’activité extraterritoriale du Hezbollah.

2- Alléger la fonction publique de tous les fonctionnaires inutiles, casés par les politiciens à des fins clientélistes. Ceci est quasiment impossible à réaliser, car ces mêmes politiciens sont toujours aux commandes, d’une part, et cela tombe au plus mal à quelques mois des élections législatives, d’autre part.

3- La levée totale de toutes les subventions. Ceci me paraît utopique à l’heure où les mêmes acteurs politiques ont été incapables jusqu’à ce jour de mettre en place une formule d’aide aux familles les plus démunies.

4- La séparation effective entre le pouvoir politique et le pouvoir judiciaire. Ce qui est en train de se passer aujourd’hui avec le juge Bitar et le silence total de la part de l’exécutif n’augurent rien de bon.

5- La restructuration du secteur de l’électricité, qui passe en premier par la nomination de l’Autorité de régulation de ce secteur qui sera en charge d’établir ce plan et son suivi à travers toutes ses phases, à savoir appels d’offres, implémentation, mise en service, maintenance, etc., sous la tutelle du ministère de l’Énergie. Ceci est utopique dans un pays où le ministre voudrait garder toutes ses prérogatives et non pas les céder à l’Autorité de régulation, car la répartition des ministères se fait selon la fameuse « mouhassassa ».

6- Libre flottement de la livre libanaise par rapport au dollar..., et j’en passe…

Nous sommes contraints de subir encore cette classe politique, car les puissances régionales et internationales s’en accommodent, même si elles le nient.

Nos politiciens véreux et corrompus leur rendent des services, en échange d’une impunité qui leur permet de perdurer « ad vitam æternam » par le biais de leur progéniture ou, à défaut, de leurs successeurs désignés.

Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « courrier » n’engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement le point de vue de L’Orient-Le Jour. Merci de limiter vos textes à un millier de mots ou environ 6 000 caractères, espace compris.


Je ne voudrais pas être pessimiste à l’heure où les Libanais espèrent tout au moins une amélioration de leurs conditions de vie à l’aube de la nouvelle ère gouvernementale, mais plutôt réaliste au vu des conjonctures locale et régionale.M. Mikati, qui a rendu sa première visite officielle au parrain français, a dû entendre de son hôte la même rengaine : pas de financement...

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