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Économie - Conjoncture

Les investisseurs attendent le nouveau gouvernement au tournant

La majorité des observateurs gardent un œil particulièrement attentif sur le nouveau ministre des Finances, Youssef Khalil, qui occupait jusqu’ici le poste de directeur exécutif et responsable du département des opérations financières à la BDL.

Les investisseurs attendent le nouveau gouvernement au tournant

La dette souveraine libanaise (près de 98 milliards à fin avril selon les derniers chiffres et un dollar comptabilisé à 1 507,5 livres) est notée « C », soit la plus basse notation possible de Moody’s depuis fin juillet 2020. Photo P.H.B.

Formé il y a une semaine, le gouvernement de Nagib Mikati est observé par les investisseurs ainsi que les institutions financières locales et internationales qui se demandent si la nouvelle équipe va réussir à lancer ne serait-ce qu’une partie des réformes identifiées depuis des années et à entamer le redressement du pays qui s’enfonce depuis deux ans dans l’une des pires crises de l’histoire contemporaine.

Des attentes matérialisées par plusieurs commentaires et rapports publiés ces derniers jours, alors que l’exécutif semble, lui, en bonne voie d’adopter aujourd’hui la version finale de sa déclaration ministérielle, qui devra ensuite être validée par le Parlement. Cette étape marquera le véritable point de départ du mandat des 24 ministres – en incluant le chef du gouvernement – qui disposera d’une fenêtre d’action allant en principe jusqu’aux élections législatives de mai prochain, soit moins de 8 mois si le calendrier est maintenu.

« Antécédents médiocres »

Un des commentaires les plus remarqués a été publié par Bank of America dans une note réservée aux investisseurs et que L’Orient-Le Jour a pu consulter après que des extraits eurent été relayés dans la presse. La banque y fait principalement part de ses doutes concernant la capacité du nouvel exécutif à aller au bout des choses dans un laps de temps aussi court, même si elle reconnaît que « la formation du nouveau gouvernement après 13 mois de vide institutionnel offre une opportunité pour stabiliser l’économie et initier des discussions avec des prêteurs internationaux ».

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Elle considère toutefois que cette équipe ne sera probablement pas en capacité de lancer des réformes économiques concrètes « compte tenu des antécédents médiocres (du pays) » dans ce domaine, mais aussi de la proximité de l’échéance électorale et enfin de « l’influence persistante de la classe politique ». Pour la banque, la proximité des élections risque même de compromettre l’évolution des discussions avec le Fonds monétaire international (FMI) devant permettre au Liban de débloquer une assistance financière pour enclencher son redressement, si elles sont bien réactivées.

Bank of America présente en outre ce nouvel exécutif comme majoritairement « pro-Hezbollah », le parti chiite pro-iranien qui est dans le collimateur des États-Unis mais qui est représenté au Parlement. Elle craint également que le bloc du président Michel Aoun détienne bien un tiers de blocage pouvant être exercé par le jeu des alliances, malgré le fait que Nagib Mikati ait affirmé que son équipe n’était soumise à aucun levier de ce type.

Pour rappel, c’est le gouvernement de Hassane Diab qui avait officiellement démarché l’institution dans la foulée de la déclaration en mars 2020 du défaut de paiement des obligations en devises émises par l’État (les eurobonds). Les négociations avaient ensuite été interrompues en juillet de la même année, principalement en raison de divergences concernant l’approche pour comptabiliser et répartir les pertes financières du pays entre un camp mené par l’exécutif d’un côté et un autre composé de l’Association des banques du Liban, soutenue par la Banque du Liban (BDL) et certains députés.

Chacune des parties avait alors émis son propre plan. En bref, les premiers prônaient notamment une répartition des pertes faisant peser une bonne partie d’entre elles sur les banques et la BDL, en plus d’un bail-in et d’une restructuration du secteur bancaire ; les seconds avaient articulé leurs propositions autour de la création d’un fonds de désendettement financé par le produit de la vente d’actifs de l’État. Le FMI avait publiquement soutenu le plan du gouvernement, tout en reconnaissant que certains de ses aspects devaient être affinés.

« Crise de confiance générale »

Un rappel effectué hier par l’agence de notation américaine Moody’s qui considère que ce choix optimiserait les chances du gouvernement de Nagib Mikati de faire aboutir ses négociations avec l’organisation. Pour l’agence, les pertes de tout le système qui totalisaient 69 milliards de dollars (selon un taux de change de 3 500 livres pour un dollar au printemps 2020, contre plus de 15 000 livres actuellement) et celles accumulées depuis « impliquent que les détenteurs des eurobonds anticipent une perte équivalant à plus de 65 % de leur investissement initial. La dette souveraine libanaise (près de 98 milliards à fin avril selon les derniers chiffres et un dollar comptabilisé à 1 507,5 livres) est notée “C” », soit la plus basse notation possible de Moody’s, depuis fin juillet 2020.

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Pour le nouveau ministre de l’Économie, « il n’y a pas de tunnel sans fin »

Pour le directeur du département des recherches économiques de Byblos Bank, Nassib Ghobril, les rapports publiés dans le sillage de la formation du gouvernement reflètent un « scepticisme ambiant » qui est le fruit de la « crise de confiance générale » qui domine dans le pays depuis le début de la crise il y a deux ans. Il considère qu’il est encore trop tôt pour se forger un avis mesuré sur la capacité de la nouvelle équipe gouvernementale et que ce sont les actions qu’elle entreprendra dans les prochaines semaines qui seront déterminantes. Il rappelle en outre que Bank of America travaille en tant que banque correspondante pour certains établissements du pays, mais que sa note est destinée aux investisseurs et n’impactera pas les relations commerciales entre l’établissement et ses partenaires au Liban.

Du côté des entrepreneurs de la diaspora, c’est également la prudence qui prime, comme le résume le président des chefs d’entreprises libanais dans le monde et doyen de la faculté de gestion de l’Université Saint-Joseph, Fouad Zmokhol. « Il est bien entendu préférable de se retrouver avec un gouvernement habilité à prendre des décisions produisant des effets sur les court, moyen et long termes. Et si cet exécutif ne pourra pas résoudre en quelques mois la plus grande crise économique et sociale de l’histoire du pays, il sera cependant à même de prendre certaines mesures urgentes qui apaiseront le climat de défiance actuel des investisseurs et des entrepreneurs de la diaspora », a exposé l’entrepreneur.

Selon lui, le gouvernement Mikati devrait en premier lieu garantir un accord politique aux niveaux local et régional qui permette au pays de limiter drastiquement « la contrebande de produits vitaux » ; relancer les négociations avec le FMI pour les faire avancer autant que possible; garantir que les élections législatives seront bien maintenues et tenues ; et enfin prendre une décision définitive au sujet des subventions. « Il faut soit les lever et organiser une transition saine, soit les maintenir, mais de manière viable. Mais le flou actuel dans lequel le pays vit est contre-productif », a-t-il résumé. De fait, la levée définitive des subventions sur le carburant, qui hante le débat public et offre un boulevard aux receleurs du marché noir depuis plusieurs mois, se faisait toujours attendre hier tandis que certaines informations circulant depuis mardi – non confirmées pour le moment – indiquent que la BDL a décidé de subventionner une petite palette de traitements contre les maladies chroniques.

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Qui est Youssef Khalil, le cadre de la BDL nommé aux Finances ?

Enfin, la majorité des observateurs gardent un œil particulièrement attentif sur le nouveau ministre des Finances, Youssef Khalil, qui occupait jusqu’ici le poste de directeur exécutif et responsable du département des opérations financières à la BDL. Bank of America juge que l’homme, soutenu par le chef du Parlement Nabih Berry et proche du gouverneur de la BDL – deux figures en place depuis la fin de la guerre civile –, pourrait être à même « d’unifier les points de vue » de la banque centrale et du ministère des Finances concernant les discussions avec le FMI.

La banque craint toutefois que cet « accès privilégié de la BDL au (nouveau) ministre des Finances » ne compromette les chances de succès de l’audit de la banque centrale, et principalement son volet juricomptable, que le précédent exécutif a tenté de lancer depuis le printemps 2020. Le cabinet Moody’s pointe, lui, du doigt le fait que le nouveau ministre n’ait pas encore révélé son approche pour faire face aux défis économiques et financiers. Lors de la passation des pouvoirs mardi, le nouveau locataire du ministère des Finances avait été assez bref, affirmant néanmoins sa volonté de soutenir le pouvoir d’achat des fonctionnaires et de privilégier une approche des politiques budgétaires davantage axées sur le développement. Fouad Zmokhol considère pour sa part que la nomination de Youssef Khalil pourrait faciliter l’accès du reste du gouvernement aux données chiffrées de la BDL qui pourront être sollicitées dans le cadre des négociations avec le FMI. « Cela limitera en tout cas la possibilité de justifier les problèmes de transmissions de données », conclut-il.



Formé il y a une semaine, le gouvernement de Nagib Mikati est observé par les investisseurs ainsi que les institutions financières locales et internationales qui se demandent si la nouvelle équipe va réussir à lancer ne serait-ce qu’une partie des réformes identifiées depuis des années et à entamer le redressement du pays qui s’enfonce depuis deux ans dans l’une des pires crises...

commentaires (1)

J,AVAIS DEJA DIT QUE JE NE VOUDRAIS PAS ETRE L,OISEAU DE MAUVAISE AUGURE NI LA PHTHIE DES ORACLES DE LA DECEPTION, MAIS AVEC LA TRINITE DIABOLIQUE DU MAL PARTIE DE SON GOUVERNEMENT ET LE TIERS DE BLOCAGE TOUJOURS DANS LES MAINS DES DEUX LIEUTENANTS INFERNAUX, LES DEUX BELIERS BISCORNUS DIABOLIQUES... RAI OU ETES-VOUS ? MIKATI EST VOUE A L,ECHEC. NI LA B.M. NI LE FMI NI LES INVESTIEEURS NE RISQUERONT UN PENCE AVEC CET ACCOUCHEMENT D,UN MONSTRE CLONE DES PRECEDENTS MONSTRES NON PAS PAR CESARIENNE MAIS PAR AYATOLLAHIENNE. MIKATI S,EST LAISSE PRENDRE DANS LES PIEGES DES PAROLES ET DES ENGAGEMENTS DES SANS PAROLES NI HONETTETE ET NI FOI.

SOUTENONS L,OLJ. CONDAMNONS SES CENSURES.

01 h 20, le 16 septembre 2021

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Commentaires (1)

  • J,AVAIS DEJA DIT QUE JE NE VOUDRAIS PAS ETRE L,OISEAU DE MAUVAISE AUGURE NI LA PHTHIE DES ORACLES DE LA DECEPTION, MAIS AVEC LA TRINITE DIABOLIQUE DU MAL PARTIE DE SON GOUVERNEMENT ET LE TIERS DE BLOCAGE TOUJOURS DANS LES MAINS DES DEUX LIEUTENANTS INFERNAUX, LES DEUX BELIERS BISCORNUS DIABOLIQUES... RAI OU ETES-VOUS ? MIKATI EST VOUE A L,ECHEC. NI LA B.M. NI LE FMI NI LES INVESTIEEURS NE RISQUERONT UN PENCE AVEC CET ACCOUCHEMENT D,UN MONSTRE CLONE DES PRECEDENTS MONSTRES NON PAS PAR CESARIENNE MAIS PAR AYATOLLAHIENNE. MIKATI S,EST LAISSE PRENDRE DANS LES PIEGES DES PAROLES ET DES ENGAGEMENTS DES SANS PAROLES NI HONETTETE ET NI FOI.

    SOUTENONS L,OLJ. CONDAMNONS SES CENSURES.

    01 h 20, le 16 septembre 2021

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