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Économie - Pénuries au Liban

La crise de l'essence va s'aggraver, première cargaison de fuel irakien la semaine prochaine

"Le gaz égyptien sera acheminé au Liban fin novembre", annonce le ministre sortant Ghajar.

Des automobilistes faisant la queue devant une station-service à Dora, au Liban, le 20 août 2021. Photo REUTERS/Issam Abdallah

La situation des carburants va encore s'aggraver d'ici le milieu de la semaine prochaine, les navires qui se trouvent au large ne pouvant décharger leur cargaison, faute d'ouverture de crédits par la Banque du Liban (BDL), a averti le porte-parole du syndicat des propriétaires de stations-service, Georges Brax, au moment où l'activité dans le pays est quasiment à l'arrêt en raison de pénuries de diverses sortes. Dans la catégorie des nouvelles moins négatives, le ministre sortant de l'Energie, Raymond Ghajar, qui s'occupe de la crise du courant, a annoncé que la première cargaison de fuel irakien arrivera au Liban la semaine prochaine, tandis que l'acheminement de gaz égyptien via la Syrie est prévu fin novembre.

"La crise de l'essence va s'aggraver davantage, parce que les réserves des stations-service sont vendues et celles des entreprises sont livrées aux stations, alors que les navires qui se trouvent au large ne peuvent pas vider leurs cargaisons parce que la Banque du Liban ne leur a pas ouvert les crédits nécessaires", a expliqué Georges Brax à l'Agence nationale d'information (Ani, officielle) samedi soir.

"Les réserves seront bientôt épuisées", a-t-il averti, estimant que "beaucoup de stations-service fermeront leurs portes dans les jours à venir", ce qui allongera les files d'automobilistes devant celles encore ouvertes. Le syndicaliste a noté que les réserves d'essence disponibles dans le pays étaient de 55 millions de litres vendredi, ces quantités devant suffire "dans les meilleurs des cas, jusqu'au milieu de la semaine prochaine". "Si les cargaisons des navires ne sont pas vidées, le pays sera paralysé en raison de l'épuisement des réserves d'essence", a-t-il dit.

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Dernière ligne droite avant la levée des subventions sur les carburants

En août dernier, dirigeants et divers responsables avaient annoncé une suppression partielle des subventions sur le carburant et le calcul des prix selon un taux de 8.000 livres libanaises pour un dollar jusqu’à fin septembre, contre 3.900 livres depuis fin juin. Cette décision n’a pas toutefois débloqué la crise, du fait notamment du stockage illégal de ces produits et de la contrebande vers la Syrie.

M. Brax avait affirmé, mardi dernier, que les subventions sur les carburants allaient être supprimées d’ici à quelques jours, des propos qui ont été confirmés à L’Orient-Le Jour par d’autres sources proches de la profession. Selon lui, les tractations entre la banque centrale et le ministère de l’Énergie portent sur deux possibilités : soit les subventions seront supprimées mais l’approbation des importations de carburants restera aux mains de la BDL qui débloquera des crédits en devises au taux du marché parallèle (actuellement autour de 16.500 LL pour un dollar), soit les importations seront complètement libres et les décisions concernant les quantités achetées à l’étranger seront prises directement par les sociétés concernées. Cependant, ces deux méthodes risquent grandement de déprécier la livre, qui a déjà perdu plus de 92 % de sa valeur depuis la fin de l’été 2019, enfonçant encore plus le pays dans la crise et la pauvreté.

Entre-temps, un grand nombre d’automobilistes font toujours la queue au quotidien pendant de longues heures devant les stations-service encore ouvertes, dans ce qui est désormais qualifié de "files de l’humiliation", provoquant des embouteillages sur plusieurs kilomètres.

Le pétrole irakien et le gaz égyptien

Pour ce qui est du pétrole irakien, "la première cargaison arrivera au courant de la semaine" prochaine, ce qui permettra de réduire le rationnement du courant électrique, a annoncé, de son côté, M. Ghajar dans un entretien sur la "Voix de tout le Liban" dimanche matin. "Le navire irakien a tardé à arriver parce que la BDL avait tardé à ouvrir un crédit au préalable (...) D'ici début octobre ce fuel sera acheminé (au Liban) et les heures d'alimentation en courant électrique augmenteront", a-t-il promis.

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Le projet d’importation de gaz égyptien au Liban commence à prendre forme

Le ministre sortant a affirmé, par ailleurs, que "le gaz égyptien sera acheminé au Liban fin novembre". Les ministres de l'Energie jordanien, égyptien, syrien et libanais s'étaient entendus mercredi dernier sur une feuille de route pour envoyer du gaz égyptien vers le Liban via la Syrie et la Jordanie, lors d'une réunion à Amman. La réunion de mercredi était intervenue à la suite d'un feu vert exceptionnel accordé par les Etats-Unis pour permettre aux pays arabes de contourner les sanctions américaines visant le régime syrien et assurer --via la Syrie et ses infrastructures-- du gaz égyptien mais aussi de l'électricité venue de Jordanie.

M. Ghajar a relevé, en outre, le besoin croissant de carburants dans le pays à cause des longues coupures de courant par Electricité du Liban (EDL). "Nous avons besoin aujourd'hui de 300 millions de litres de carburants par mois. D'habitude, les besoins s'élèvent à 10 millions de litres d'essence par jour et à 8 millions de litres de mazout. En raison du rationnement en électricité, ces besoins atteignent désormais 15 millions de litres de mazout par jour", a-t-il estimé. Il a ainsi déploré les coupures de courant par EDL, qui ont "impacté négativement tous les secteurs", dont plusieurs ont été contraints d'interrompre ou de suspendre le travail à cause de ces coupures, au moment où les conditions de vie et de travail continuent de se détériorer dans un cadre d'effondrement pluridimensionnel.


La situation des carburants va encore s'aggraver d'ici le milieu de la semaine prochaine, les navires qui se trouvent au large ne pouvant décharger leur cargaison, faute d'ouverture de crédits par la Banque du Liban (BDL), a averti le porte-parole du syndicat des propriétaires de stations-service, Georges Brax, au moment où l'activité dans le pays est quasiment à l'arrêt en raison de...

commentaires (2)

LE NOUVAU PREMIER MINISTRE ET SON CLUB DES MILLIONNAIRES N'ONT QU'À FAIRE UN PETIT GESTE ET PAYER CES BATEAUX. LE PROBLÈME SERA RÉGLÉ.

Gebran Eid

13 h 25, le 12 septembre 2021

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Commentaires (2)

  • LE NOUVAU PREMIER MINISTRE ET SON CLUB DES MILLIONNAIRES N'ONT QU'À FAIRE UN PETIT GESTE ET PAYER CES BATEAUX. LE PROBLÈME SERA RÉGLÉ.

    Gebran Eid

    13 h 25, le 12 septembre 2021

  • Le dollar autour de 16000, et le prix du pétrole ne dépassant pas les 70$ le baril, avec la levée des subventions, le prix de l'essence ne dépassera pas les 250000 pour les 20 litres comme plafond. En espérant une diminution du prix du baril et du dollar chez nous, on espère une fluctuation autour de 200000 livres pour l'essence.

    Esber

    13 h 14, le 12 septembre 2021

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