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Être (et ne pas être) Ernest Hemingway

Certains admirent sa littérature riche en œuvres célèbres, d’autres demeurent impressionnés par la force qu’il dégageait, son physique imposant, sa barbe blanche et son regard pénétrant... Au point de vouloir en incarner la copie (presque) conforme.

Être (et ne pas être) Ernest Hemingway

Zach Taylor, le vainqueur de l’édition 2021 du Hemingway Look-Alike Contest. Photo tirée du compte Twitter de The Florida Keys

Même 60 ans après sa disparition, la présence d’Ernest Hemingway continue de hanter Key West, la ville insulaire de Floride où il vécut dans les années 30, comme en témoigne le festival annuel, baptisé Hemingway Days Festivities, qui s’y tient et qui lui est dédié. Le point d’orgue de cette célébration est le Hemingway Look-Alike Contest, ce concours de sosie de Hemingway, qui connaît un grand succès depuis sa création en 1981 par Lorian Hemingway, auteure et petite-fille du célèbre écrivain. De plus, cette compétition se tient traditionnellement au Sloppy Joe’s Bar qui fut régulièrement fréquenté par Papa et sa bande, une appellation que l’écrivain s’était donnée dès ses vingt ans car il haïssait son prénom, Ernest. En prévision de ce concours qui va primer le sosie de la célébrité (néanmoins qualifié avec humour de Concours de beauté pour hommes âgés bedonnants et à la barbe blanche), ces messieurs qui ont une chance de gagner travaillent minutieusement leur image, n’épargnant aucun effort pour ressembler au mieux au Prix Pulitzer (1953) et Prix Nobel de littérature (1954). Cette année, la palme de la ressemblance est revenue à Zach Taylor, 63 ans, un homme d’affaires venu de très loin, et plus précisément de Géorgie, pour affronter 136 autres sosies. Ce Hemingway estampillé 2021 poursuit une lignée commencée par son beau-père, Carlie Colley, sacré Hemingway en 2000. Entre eux, pas de ressemblance par les gènes, mais par certains traits et une allure qui les ont menés tous deux à la victoire.

Ernest Hemingway en1950. Photo Ernest Hemingway Photograph Collection, John F. Kennedy Presidential Library and Museum, Boston/ Creative commons

« Papa » serait si fier

Devant le jury composé d’anciens sosies, Taylor s’est ainsi exprimé : « Hemingway est d’un grand intérêt pour nous tous qui faisons partie de cette compétition. Et vous savez, je pense que «Papa» aurait été fier de ce qui a été accompli en son nom dans une ville qu’il aimait tant. » Applaudissements nourris du public. Taylor a aussi confié qu’outre la ressemblance, il partageait avec le modèle original sa passion pour la pêche, la chasse et la vie en extérieur. D’autres avant lui avaient accompagné leurs performances de poèmes ou de chansons à la gloire de leur idole. Parallèlement à ce concours de sosies, le Festival Hemingway a également choisi de le remémorer à travers plusieurs de ses centres d’intérêt. Ainsi, pour faire honneur à sa passion pour l’art de la tauromachie, une parodie de course de taureaux, pareille à celle se déroulant dans la ville espagnole de Pampelune, est organisée avec en vedette des sosies et des taureaux factices défilant dans Duval Street à Key West. Rappelons que dans les années 1920, Hemingway en est devenu un aficionado après avoir assisté aux fêtes de San Fermín de Pampelune qui ont servi de cadre à son roman Le Soleil se lève aussi. Dans un autre de ses ouvrages, Mort dans l’après-midi, il parle de l’aspect métaphysique de la tauromachie, l’associant à un rituel proche d’une cérémonie religieuse, point de départ pour l’écrivain d’interrogations sur l’essence de la vie et de la mort.

Zach Taylor, le vainqueur de l’édition 2021 du Hemingway Look-Alike Contest. Photo tirée du compte Twitter de The Florida Keys

Des « Ernest » qui viennent de partout

Depuis la création du concours en 1981, les aspirants au titre viennent à Key West de toutes les régions des États-Unis et d’ailleurs dans le monde. Pour se mettre dans sa peau, ils arrivent souvent vêtus d’ensembles chemise pantalon safari couleur kaki ou de pulls de pêcheur en laine qui rappellent la tenue typique de Hemingway. Puis ils montent sur la scène du bar Sloppy Joe aménagée pour la circonstance et tentent d’impressionner un jury composé de lauréats de concours précédents. Ce festival n’a pas négligé les divers aspects de la riche personnalité de l’un des auteurs les plus marquants du pays et du monde. On le retrouve notamment à travers le tournoi du plus spectaculaire poisson marlin attrapé, rappelant la ferveur de Hemingway pour la pêche en haute mer, et une exposition d’objets rares qui lui ont appartenu. Des lectures sont également organisées, une foire de rue célébrant l’esprit vif de Key West, une course de 5 km et une autre de paddleboard qui rappellent son penchant pour le sport. Et, bien sûr, le 122e anniversaire de sa naissance… Le 21 juillet dernier a été prétexte à de belles réjouissances avec l’annonce du gagnant du concours annuel de nouvelles organisé par sa petite-fille Lorian.

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Au cours de son séjour à Key West, Ernest Hemingway avait rédigé un grand nombre de ses classiques (dont Pour qui sonne le glas et En avoir ou pas ) et avait passé ses heures de loisirs à pêcher et à créer des liens aussi bien avec les habitants, qu’avec des gens de lettres. L’homme à l’apparence forte mais qui va se donner la mort en 1961 a donc laissé un legs notable sur l’île qu’il appelait tendrement « home »…


Même 60 ans après sa disparition, la présence d’Ernest Hemingway continue de hanter Key West, la ville insulaire de Floride où il vécut dans les années 30, comme en témoigne le festival annuel, baptisé Hemingway Days Festivities, qui s’y tient et qui lui est dédié. Le point d’orgue de cette célébration est le Hemingway Look-Alike Contest, ce concours de sosie de Hemingway, qui...

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