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Nos Lecteurs ont la Parole

Une stratégie payante pour la thaoura

Qui trop embrasse mal étreint. La révolution d’octobre 2019, mouvement spontané, populaire et idéaliste, a placé la barre trop haut en matière de réformes administratives, et c’est pour cela qu’elle n’a rien atteint de ses objectifs. En voulant s’attaquer en même temps au parti actuellement au pouvoir et à la corruption en général, elle a échoué sur les deux fronts. Une stratégie plus payante pour elle serait de se concentrer sur un seul but d’abord, l’atteindre, puis passer au suivant ; et des deux buts, le plus urgent est de faire tomber le régime.

La lutte contre la corruption sera un combat long et ardu, don quichottien presque, et le changement ne se fera pas d’une nuit à l’autre. La corruption, sous une forme ou une autre, s’est trop répandue dans le pays ; qui de ces thouwars n’a pas un parent qui profite d’une manière ou d’une autre du « système », qui doit son boulot à tel député ou tel ministre, ou qui nourrit sa famille grâce aux pots-de-vin ou autres commissions frauduleuses qu’il perçoit ? Il serait naïf de croire que tout cela disparaîtrait d’un coup de baguette magique.

Le plus urgent en ce moment est de faire tomber le régime du Hezbollah et de ses alliés, ou plutôt de ses « valets », car c’est lui seul qui tire vraiment les ficelles du jeu. Ce qui a explosé au port de Beyrouth, ce sont bien des munition s du Hezbollah, ça ne peut pas être autre chose. Le responsable des vagues d’assassinats politiques au Liban depuis 2005, c’est bien le Hezbollah ; cela a été prouvé par le Tribunal international, au moins dans le cas de Rafic Hariri et de ses compagnons. La raison principale de l’isolement du Liban sur la scène arabe et internationale est bien la mainmise du Hezbollah sur le gouvernement, une organisation classifiée terroriste et championne mondiale du trafic de « captagon », entre autres.

Pour endiguer une organisation aussi puissante, la thaoura a besoin d’alliés, et les meilleurs alliés en ce moment sont les mouvements de l’ex-opposition au régime, principalement les Forces libanaises, le Parti socialiste progressiste et le courant du Futur. Les thouwars ne sont pas des activistes politiques, ils ne l’ont jamais été ; ce sont de simples citoyens, des employés, des avocats, des médecins, qui ont subitement vu leurs familles mourir de faim, leurs fortunes se dérober devant leurs yeux et leur avenir s’anéantir ; alors ils ont pris la rue d’assaut, spontanément et violemment. Mais pour arriver à un résultat concret, il leur faut de l’organisation, de l’unité, un public établi de supporters et un savoir-faire politique. Tout cela, ils ne le trouveront qu’en s’alliant aux partis cités plus haut.

L’ennemi de mon ennemi est mon ami, temporairement du moins. C’est pour cela que la thaoura devrait rejoindre l’ex-opposition ; ensemble, ils constitueraient un front unique pour la souveraineté du Liban, un front laïque, toutes confessions confondues. Ils seraient alors rejoints par plusieurs groupuscules souverainistes et probablement une grande partie de la rue chiite qui en a marre du monopole Amal-Hezbollah. Cette nouvelle force devrait triompher aux urnes sans problèmes; alors, et seulement alors, commencera la lutte contre la corruption, lentement et progressivement, sous le feu nourri et constant des médias sociaux et de leurs influenceurs vigilants (Pierre Hachach, Ammounz, Shaden et autres).

Pour reprendre des nomenclatures de 2005, le « 8 Mars » a déjà eu sa chance et il a tout foiré ; essayons le « 14 » maintenant.

Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « courrier » n’engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement le point de vue de L’Orient-Le Jour. Merci de limiter vos textes à un millier de mots ou environ 6 000 caractères, espace compris.


Qui trop embrasse mal étreint. La révolution d’octobre 2019, mouvement spontané, populaire et idéaliste, a placé la barre trop haut en matière de réformes administratives, et c’est pour cela qu’elle n’a rien atteint de ses objectifs. En voulant s’attaquer en même temps au parti actuellement au pouvoir et à la corruption en général, elle a échoué sur les deux fronts. Une...

commentaires (1)

il n'y a pas de REGIME qui tienne . celui de hezb comme celui de aoun n'existent simplement pas. il a ete dit, redit et mille fois repete, nous sommes victimes d'une mafia vieille d'un tout pti peu plus de 30 ans, mafia aux tentacules trop bien etendues et devastatrices. KELLON reste de rigueur . la thawra devra faire sans eux.

gaby sioufi

11 h 36, le 19 juin 2021

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Commentaires (1)

  • il n'y a pas de REGIME qui tienne . celui de hezb comme celui de aoun n'existent simplement pas. il a ete dit, redit et mille fois repete, nous sommes victimes d'une mafia vieille d'un tout pti peu plus de 30 ans, mafia aux tentacules trop bien etendues et devastatrices. KELLON reste de rigueur . la thawra devra faire sans eux.

    gaby sioufi

    11 h 36, le 19 juin 2021

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