Le chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian, à l’Assemblée nationale à Paris. Photo d'archives Bertrand Guay/AFP
La France a commencé à mettre en oeuvre des mesures visant à accroître la pression sur des responsables libanais afin de les inciter à favoriser une sortie de la crise politique que traverse le pays, a annoncé jeudi Jean-Yves Le Drian, lors d'une visite à Malte. C'est une première concrétisation des menaces brandies par la France, très impliquée dans les tentatives de règlement de la crise politique libanaise, pour tenter de forcer la classe politique à sortir de l'impasse.
"Nous avons à titre national commencé à mettre en oeuvre des mesures restrictives en matière d'accès au territoire français à l'encontre de personnalités impliquées dans le blocage politique en cours ou impliquées dans la corruption", a déclaré dans un communiqué Jean-Yves Le Drian, en visite à Malte.
"Je voudrais le redire ici : les responsables du blocage doivent comprendre que nous ne resterons pas inactifs", a précisé le chef de la diplomatie française, rappelant que Paris avait déjà engagé une réflexion dans le cadre de l'Union européenne sur les instruments utilisables "pour accroître la pression" sur les responsables visés. "Nous nous réservons la possibilité d'adopter des mesures supplémentaires à l'encontre de tous ceux qui entravent la sortie de crise et nous le ferons en coordination avec nos partenaires internationaux", a-t-il ajouté.
Le Drian ne mentionne ni le type exact des restrictions, ni le nombre et les identités des personnes concernées.
Le Liban sombre dans une crise socio-économique et financière aiguë depuis l'été 2019. La situation s'est aggravée en raison de l'impasse politique actuelle, qui empêche la formation d'un gouvernement depuis plus de huit mois, sur fond de bras de fer politique et de rivalités personnelles entre le président de la République Michel Aoun, et le Premier ministre désigné Saad Hariri.
Le président français Emmanuel Macron s'est fortement impliqué, sans résultats tangibles jusqu'à présent, pour tenter de débloquer la crise politique en lançant le 1er septembre 2020 une initiative en faveur du Liban. Cette feuille de route table sur la mise en place d'un cabinet de mission formés d'experts qui lancerait le chantier de réformes exigées par les pays donateurs pour débloquer des aides financières. Après avoir d'abord écarté toute imposition immédiate de sanctions contre les dirigeants libanais, le chef de l'Élysée a revu sa copie et semble désormais prêt à franchir le pas.
Quant au chef de la diplomatie française, Jean-Yves Le Drian, il sermonne régulièrement les autorités libanaises, à qui il impute la responsabilité de l'absence de gouvernement capable de réformer le pays. La semaine dernière, Paris avait dénoncé "l'obstruction délibérée de la part des forces politiques" du Liban et n'hésite plus à employer la menace. Le ministre avait déjà haussé le ton, affirmant que "si certains responsables libanais ne prennent pas leurs responsabilités, nous n'hésiterons pas à prendre les nôtres", sans toutefois employer clairement le terme de "sanctions". Il avait dans ce contexte estimé que "l’heure est venue de renforcer les pressions pour y parvenir". Déjà le 22 mars, le ministre français avait demandé à l'Union européenne d'actionner "des leviers" contre les responsables politiques au Liban pour qu'un gouvernement soit formé et que des réformes soient engagées dans ce pays "à la dérive".
Début avril, Jean-Yves Le Drian, et son homologue américain Anthony Blinken ont évoqué au cours d'un appel téléphonique la situation au Liban, et exprimé "leur souhait partagé de voir les dirigeants libanais mettre en œuvre des réformes cruciales pour le bien commun de leur peuple".


Du blabla. Ça arrive un peu tard car les concernés ont eu le temps d’arranger leurs affaires.
11 h 35, le 02 mai 2021