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Société - Explosions du 4 août

Bitar décide de se pencher sur l’itinéraire du Rhosus

Bitar décide de se pencher sur l’itinéraire du Rhosus

La destruction des silos du port de Beyrouth après la double explosion du 4 août 2020. Photo d’archives AFP

Le juge d’instruction en charge de l’enquête sur les explosions dévastatrices du 4 août 2020 au port de Beyrouth, Tarek Bitar, a décidé de se pencher sur l’itinéraire et les pays de contact juridique du Rhosus, le navire qui a transporté au Liban en 2013 la charge de 2 750 tonnes de nitrate d’ammonium à l’origine du drame.À cette fin, M. Bitar a émis des commissions rogatoires adressées aux pays concernés, directement ou non, par le passage de la cargaison. Ces pays sont la Géorgie, pays d’origine du nitrate d’ammonium, le Mozambique, pays de destination, la Grèce, Chypre et la Turquie. Ce faisant, le juge sait qu’il ne recevra pas de réponses à ses commissions avant au moins l’été, assure une source proche du dossier, qui estime que les autorités des pays concernées par les commissions rogatoires ne sont pas enthousiasmés par la tâche qui leur est confiée.

Le 4 septembre dernier, Le Commerce du Levant (CDL) avait détaillé le parcours du Rhosus, « navire-poubelle », du port de Batoumi, en Géorgie, en septembre 2013, jusqu’à Beyrouth. La cargaison de nitrate d’ammonium était alors destinée, rapportait le magazine, à la société mozambicaine, Fabrica de explosivos, « spécialisée dans les explosifs civils vendus aux compagnies minières d’Afrique australe ». Elle ne la recevra jamais. Après avoir quitté la Géorgie, le Rhosus, rapporte le CDL, avait fait escale au port de Tuzla, près d’Istanbul, puis au Pirée en Grèce pour faire le plein. Le 20 novembre 2013, le navire s’était arrêté au port de Beyrouth pour une « seconde cargaison ». Les soutes ayant été endommagées lors de la manœuvre, les autorités portuaires avaient alors décidé d’immobiliser le navire, d’une part parce que les frais liés à son séjour au port n’avaient pas été réglés et, d’autre part, parce qu’il n’était plus en état de naviguer. Le 27 juin 2014, rapporte encore le CDL, le juge des référés, Jad Maalouf, avait autorisé le ministère des Transports à mettre le navire en cale sèche « après avoir transféré et stocké la cargaison dans un lieu jugé convenable en prenant les mesures nécessaires aux vues de la dangerosité des matières présentes à bord ». La bombe à retardement est mise en place. Elle explosera le 4 août 2020.

Parallèlement aux commissions rogatoires, le juge Bitar attend un rapport d’experts français qui ont participé au volet technique de l’enquête. Et là aussi, estime la source citée plus haut, ce n’est pas avant la fin de l’été que le rapport lui parviendra.

Aucun détenu relâché

Sur un autre plan, le juge d’instruction a fini d’interroger les 25 personnes se trouvant actuellement sous écrou dans cette affaire. Pourtant, l’avocat général près la Cour de cassation Ghassan Khoury avait approuvé, jeudi dernier, 11 demandes de remise en liberté sur les 25 détenus, présentées par leurs avocats. Ce sont les petits employés et les officiers subalternes (grade d’aspirant et au-dessous) qui ont profité de l’avis favorable du parquet de cassation, tandis que directeurs généraux et hauts officiers se sont vu refuser leur requête.

Il reste que rien n’est encore acquis, même pour les détenus ayant bénéficié de l’avis favorable, l’avis du parquet n’étant pas contraignant pour le juge Bitar selon la loi. Le magistrat continue donc d’étudier les demandes de mise en liberté des détenus dans cette affaire, un processus qui pourrait prendre, selon la source citée plus haut, plusieurs semaines.

La double explosion meurtrière au port de Beyrouth a fait plus de 200 victimes et 6 500 blessés, dévastant des quartiers entiers de la capitale. Plusieurs responsables sécuritaires et politiques, notamment le Premier ministre sortant Hassane Diab, et les députés Ali Hassan Khalil, Ghazi Zeaïter et l’ex-ministre Youssef Fenianos, avaient été inculpés pour négligence par le juge Fadi Sawan. Celui-ci, initialement en charge de l’enquête, en avait été dessaisi au début de l’année pour être remplacé par Tarek Bitar.


Le juge d’instruction en charge de l’enquête sur les explosions dévastatrices du 4 août 2020 au port de Beyrouth, Tarek Bitar, a décidé de se pencher sur l’itinéraire et les pays de contact juridique du Rhosus, le navire qui a transporté au Liban en 2013 la charge de 2 750 tonnes de nitrate d’ammonium à l’origine du drame.À cette fin, M. Bitar a émis des commissions...

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