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Politique - Crise politique

La Ligue arabe et Bkerké sur la même longueur d’onde

Respecter l’accord de Taëf, former rapidement un gouvernement et préserver la neutralité du Liban : trois constantes affirmées par Houssam Zaki à Beyrouth.

La Ligue arabe et Bkerké sur la même longueur d’onde

Le patriarche maronite entre Houssam Zaki et Abdel Rahman Solh. Photo ANI

Si la visite du secrétaire d’État adjoint de la Ligue arabe, Houssam Zaki, n’a pas contribué à débloquer la crise de la formation du gouvernement, elle aura servi à réaffirmer quelques constantes auxquelles les pays arabes restent totalement attachés : tout d’abord, le principe selon lequel l’accord de Taëf reste intouchable, au même titre que l’identité arabe du Liban, membre fondateur de la Ligue, l’urgence de former un gouvernement le plus tôt possible, compte tenu de la menace d’un chaos sécuritaire qui inquiète Le Caire et les capitales arabes au plus haut point et, surtout, la caution apportée par l’organisation à la neutralité prônée par le patriarche maronite, Béchara Raï. Ce dernier, lui aussi, ne cesse depuis quelques semaines de tancer les responsables politiques pour le retard pris dans la formation du cabinet et d’appeler à la tenue d’une conférence internationale pour le Liban tout en soulignant son attachement à l’accord de Taëf.

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La tournée de M. Zaki, tout comme celle, mercredi, du ministre égyptien des Affaires étrangères, Sameh Choukri, ne visait d’ailleurs pas à résoudre le nœud gordien de la crise libanaise par un coup de baguette magique. Encore moins à effectuer une percée là où la France a achoppé. C’est ce que confirment plusieurs sources concordantes qui assurent que ni Le Caire ni la Ligue arabe – qui appuient tous azimuts l’initiative française – n’étaient porteurs d’une nouvelle proposition, ou d’une alternative au plan Macron, qui reste viable jusqu’à nouvel ordre. Les deux diplomates égyptiens ont d’ailleurs régulièrement rappelé tout au long de leur visite que celle-ci était destinée à diagnostiquer la crise et à identifier les blocages. À tour de rôle, ils ont exprimé leur ralliement à l’idée d’un gouvernement de technocrates sans tiers de blocage, habilité à lancer au plus vite un projet de réformes, exactement comme ne cesse de le rappeler la France. Les efforts de M. Zaki, tout comme ceux du Caire et de Paris d’ailleurs, ont buté sur la polarisation politique accrue entre les protagonistes libanais alors que la guerre de prérogatives se poursuit entre le chef de l’État, Michel Aoun, et le Premier ministre désigné, Saad Hariri. C’est ce qui a poussé le numéro deux de la Ligue arabe à dire hier, après une rencontre avec le patriarche maronite, qu’une sortie de crise nécessitait « de la patience », mais aussi de la « volonté politique ». Un message vraisemblablement adressé aux deux parties au conflit. « Nous pensons qu’il y a une réelle intention d’aboutir à une sortie de la crise politique malgré toutes les difficultés et malgré le fait que toutes les parties semblent attachées à leurs positions », a commenté M. Zaki. Plus important encore est le fait que le diplomate a avalisé les prises de position du patriarche en faveur de la neutralité du Liban qui, a-t-il dit, « sont en parfait accord avec les décisions de la Ligue arabe concernant la distanciation de tous les conflits qui entourent le Liban ».

Préserver Taëf

Si les positions de Houssam Zaki étaient moins catégoriques que celles de M. Choukri qui avait intentionnellement rayé le nom du chef du Courant patriotique, Gebran Bassil, de la liste de ses interlocuteurs libanais, dans le fond, elles se rejoignaient. Les deux ont réitéré la nécessité pour le Liban de former un gouvernement dans les délais les plus rapides, une urgence qui s’impose non seulement du fait de l’effondrement économique mais surtout des menaces de chaos qui pointeraient à l’horizon. Selon des sources diplomatiques arabes citées par notre confrère Philippe Abi-Akl, Le Caire craint sérieusement une dégradation subite sur le plan sécuritaire et aurait communiqué ses appréhensions aux responsables libanais.

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Le second message véhiculé de manière très articulée par les deux diplomates est le fait que le monde arabe tient au maintien de Taëf et au respect de la Constitution libanaise comme à la prunelle de leurs yeux. « Ce sont autant de messages forts pour dire que ni l’Égypte ni aucun pays arabe ne permettront que Téhéran utilise le Liban pour faire appliquer son agenda », commente à ce sujet un analyste proche du 14 Mars.

Si Sameh Choukri a tenu à rappeler mercredi que personne ne saurait déroger aux accords de Taëf et à la Loi fondamentale libanaise, « les piliers même du système libanais », Houssam Zaki a pour sa part directement interpellé, jeudi, le chef de l’État à ce sujet. Le responsable de la Ligue arabe cherchait de toute évidence à obtenir de Michel Aoun un engagement officiel en ce sens et une réponse claire concernant les rumeurs sur un éventuel recours au système de partage par tiers (chrétiens, sunnites, chiites) en lieu et place de la parité islamo-chrétienne instaurée par Taëf. Ce à quoi le chef de l’État lui avait répondu que cet accord n’était pas menacé, accusant, sans le nommer, le Premier ministre désigné, Saad Hariri, d’alimenter cette polémique. « Les assurances données par Michel Aoun à son interlocuteur au sujet de Taëf ont réussi à tempérer un tant soit peu le climat dans le pays », où les adversaires du camp aouniste reprochent au président et à son gendre, le chef du Courant patriotique libre, Gebran Bassil, de fouler au pied cet accord et d’œuvrer pour le modifier, commente une source informée des teneurs de l’entretien entre Michel Aoun et Houssam Zaki.

À la différence cependant de Sameh Choucri, Houssam Zaki a tenté de prendre contact avec Gebran Bassil sans réussir à le joindre. Le chef du CPL, visiblement toujours vexé d’avoir été ignoré par le ministre égyptien, n’a pas voulu s’entretenir au téléphone avec le représentant de la Ligue arabe. Le bureau de presse du courant aouniste a indiqué à ce propos que M. Zaki a tenté d’appeler M. Bassil qui était injoignable au téléphone. Le bureau du chef du CPL lui a toutefois fait savoir qu’il était disposé à l’accueillir à Laklouk – situé à deux heures de voiture de la capitale –, où M. Bassil avait des engagements préalables, ce à quoi M. Zaki a répondu qu’il lui était impossible de faire le trajet vu son emploi de temps.

 « Les positions du patriarche sont en accord avec les décisions de la Ligue arabe »
 Au deuxième jour de sa visite à Beyrouth, le secrétaire général adjoint de la Ligue arabe, Houssam Zaki, s’est rendu auprès du patriarche maronite, Béchara Raï, et du chef des Kataëb, Samy Gemayel. S’exprimant devant la presse à sa sortie de Bkerké, il a salué les prises de position du patriarche en faveur de la neutralité du Liban, affirmant qu’« elles sont en parfait accord avec les décisions de la Ligue arabe concernant la distanciation de tous les conflits qui entourent le Liban ».
Après avoir indiqué avoir communiqué à Mgr Raï les résultats des contacts qu’il a jusque-là menés et qui doivent se poursuivre, selon lui, le responsable de la Ligue arabe a fait état d’une « réelle volonté (chez ses interlocuteurs libanais) d’aboutir à une sortie de la crise politique malgré toutes les difficultés, et malgré le fait que toutes les parties semblent attachées à leurs positions ». « Cela requiert de la patience, du travail et de la volonté politique », a estimé le diplomate égyptien. « Nous avons promis à Sa Béatitude de poursuivre les efforts pour aboutir à une solution à la crise actuelle afin de permettre la formation rapide d’un gouvernement qui mettra en place les réformes nécessaires (...) », a conclu M. Zaki. Le patriarche Raï n’a pour sa part pas fait de déclarations.
Après son entretien avec Samy Gemayel, le responsable arabe a affirmé avoir « écouté avec intérêt la vision des Kataëb concernant la situation au Liban et évoqué la médiation proposée par la Ligue arabe et son inquiétude face à la crise politique qui se poursuit dans le pays ».
Quant à Samy Gemayel, il a insisté auprès de Houssam Zaki sur la formation d’un gouvernement « complètement indépendant ». « Former un cabinet composé d’experts affiliés aux partis politiques est pire qu’un gouvernement politique », a estimé le leader chrétien.

Si la visite du secrétaire d’État adjoint de la Ligue arabe, Houssam Zaki, n’a pas contribué à débloquer la crise de la formation du gouvernement, elle aura servi à réaffirmer quelques constantes auxquelles les pays arabes restent totalement attachés : tout d’abord, le principe selon lequel l’accord de Taëf reste intouchable, au même titre que l’identité arabe du Liban,...

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DES LONGUEURS D,ONDE PARASITEES PAR LES BROUILLEURS DES MERCENAIRES ET DE LEURS PARAVENTS. LES PROPOSITIONS DU PATRIARCHE NE PEUVENT ETRE QU,IMPOSEES AUX ABRUTIS VOLEURS, MAFIEUX ET INCOMPETENTS QUI NOUS GOUVERNENT PAR L,ONU ET LES GRANDES PUISSANCES QUI VEULENT EN FINIR AVEC LE TERRORISME DANS LA REGION ET SURTOUT AU LIBAN. IL FAUT LES DEGAGER LE PLUS VITE AVEC LES MERCENAIRES ET LEURS PARAVENTS POUR QU,UNE NOUVELLE EQUIPE DE LIBANAIS INDEPENDANTS ET PATRIOTES ACCEDE AU POUVOIR POUR SAUVER LE PAYS. IL N,Y A PAS DEUX VOIES.

SOUTENONS L,OLJ. CONDAMNONS SES CENSURES.

09 h 28, le 10 avril 2021

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  • DES LONGUEURS D,ONDE PARASITEES PAR LES BROUILLEURS DES MERCENAIRES ET DE LEURS PARAVENTS. LES PROPOSITIONS DU PATRIARCHE NE PEUVENT ETRE QU,IMPOSEES AUX ABRUTIS VOLEURS, MAFIEUX ET INCOMPETENTS QUI NOUS GOUVERNENT PAR L,ONU ET LES GRANDES PUISSANCES QUI VEULENT EN FINIR AVEC LE TERRORISME DANS LA REGION ET SURTOUT AU LIBAN. IL FAUT LES DEGAGER LE PLUS VITE AVEC LES MERCENAIRES ET LEURS PARAVENTS POUR QU,UNE NOUVELLE EQUIPE DE LIBANAIS INDEPENDANTS ET PATRIOTES ACCEDE AU POUVOIR POUR SAUVER LE PAYS. IL N,Y A PAS DEUX VOIES.

    SOUTENONS L,OLJ. CONDAMNONS SES CENSURES.

    09 h 28, le 10 avril 2021

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