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Nos Lecteurs ont la Parole

Le Moyen-Orient, nombril du monde

Dans un article publié dans L’Orient-Le Jour daté du 30 juillet 2016 et intitulé « Les débuts d’une troisième guerre mondiale pas comme les autres », je terminais le texte par la conclusion suivante :

« C’est la montée en puissance de la mouvance islamiste dans le monde qui livre une bataille qu’elle veut décisive pour conquérir le monde et le soumettre à la loi d’Allah. Dans les faits, cette mouvance islamiste initie une guerre mondiale différente des deux qui l’ont précédée.

Face à cette menace globale qui guette toutes les populations non musulmanes et musulmanes modérées, la réplique ne peut être ni locale, ni partielle, ni réactive. Elle se doit d’être mondiale, globale et proactive.

Autrement dit, elle exige impérativement la formation d’une alliance mondiale (États-Unis, Europe, pays occidentaux, Russie, Chine, Inde et pays musulmans à régime non islamiste) contre tous les mouvements et entités islamistes, et la mise en berne des divergences politiques, et des contradictions entre les intérêts des uns et des autres.

Mais pour ce faire, la condition sine qua non est que l’Amérique reprenne le leadership du monde auquel le président Obama a volontairement renoncé. Pour cela, il faut attendre les résultats de l’élection présidentielle américaine.

En sus, une stratégie de confrontation doit être élaborée et mise en œuvre. On peut imaginer ces lignes générales comme suit :

1) La collaboration militaire et sécuritaire des alliés dans un effort d’une guerre sans merci contre tous les jihadistes et spécialement dans leur foyer principal au Moyen-Orient.

2) La mise en quarantaine politique des régimes et entités islamiques politiques dans les pays musulmans, et l’interdiction intégrale de tout genre d’entités et d’activités islamistes politiques ou missionnaires dans les pays non musulmans.

3) Les changements des lois dans les pays occidentaux, et plus particulièrement européens, pour permettre une lutte antiterroriste plus efficace.

4) La nécessité de l’adéquation de l’islam aux exigences des temps modernes par le rejet de toutes les interprétations violentes ou qui peuvent favoriser la violence ainsi que de toutes les idéologies salafistes telles que la doctrine de wilayet el-faqih adoptée par la République islamique d’Iran, ou les différentes formes de salafisme et de jihadisme, notamment celles inspirées par le wahhabisme. Cette réforme est du ressort des musulmans eux-mêmes. Elle ne peut se réaliser qu’à travers le ijmaa (le consensus unanime) des faqihs, la quatrième source de législation en islam après le Coran, le hadith et le raï.

Bien que la réplique efficiente à la menace jihadiste puisse paraître difficile à réaliser et lointaine, il ne faut surtout pas perdre l’espoir de sortir vainqueur de cette troisième guerre mondiale. »

Cet article a constitué le premier chapitre de mon livre paru il y a plus de trois ans dans les éditions Panthéon et intitulé Une troisième guerre mondiale pas comme les autres, avec pour sous-titre Stratégie pour confronter un djihadisme sans frontières.

Il est clair qu’on est bien loin, sinon aux antipodes de ce qui doit être.

La politique de l’autruche est le dénominateur commun de celle tous les États, soient-ils « démocratiques » ou autoritaires. Aucun d’eux ne voit ou ne veut percevoir d’où vient le danger principal. Les pays autoritaires, tels que la Chine, continuent de donner la priorité à ce qu’ils considèrent comme leurs intérêts stratégiques vitaux. Dans les soi-disant démocraties, pullulent les opportunistes qui s’adonnent au jeu d’un pouvoir qu’ils mettent au service d’un capitalisme mondialisé.

C’est ce qui explique la stupide politique d’instrumentalisation que pratiquent les uns et les autres envers l’islamisme chiite en l’opposant à l’islamisme sunnite sans qu’ils se rendent compte qu’ils sont en train de favoriser la croissance de monstres qui finiront par les dévorer.

C’est ce qui explique aussi le chaos dans l’ordre mondial qui semble s’acheminer vers un monde bipolaire avec un Orient dominé par la Chine, qui sort indemne et renforcée par la pandémie qu’elle aurait exportée involontairement au monde entier.

Cependant, cette suprématie chinoise ne saurait perdurer stratégiquement à cause du développement inexorable du danger islamiste, et plus particulièrement jihadiste.

En bref, les États demeurent ancrés dans leurs récits politiques désuets, et leurs perceptions classiques et obsolètes de leurs contradictions avec leurs adversaires et ennemis d’antan. L’aveuglement caractérise leurs démarches politiques. Ses dernières illustrations sont la politique d’apaisement et même de soumission envers Téhéran que pratiquent les puissances occidentales (en tête, l’Amérique de Biden) et le traité stratégique entre la Chine et l’Iran.

La politique d’apaisement envers Hitler pratiquée par le Premier ministre de Grande-Bretagne Neville Chamberlain mena au désastreux traité de Munich qui concéda la région des Sudètes de la Tchécoslovaquie à l’Allemagne. Cette politique de mollesse mena droit à la Seconde Guerre mondiale.

On peut se poser aujourd’hui la même question concernant la politique d’apaisement suivie envers l’Iran.

Parce que le Moyen-Orient est le creuset de l’islam et aujourd’hui l’épicentre d’un islamisme prolifique qui déferle sur le monde, il est le siège d’un séisme sans précédent auquel aucun pays du monde ne saurait échapper.

La situation est tellement volatile et explosive que rien n’est impossible.

Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « courrier » n’engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement le point de vue de L’Orient-Le Jour. Merci de limiter vos textes à un millier de mots ou environ 6 000 caractères, espace compris.


Dans un article publié dans L’Orient-Le Jour daté du 30 juillet 2016 et intitulé « Les débuts d’une troisième guerre mondiale pas comme les autres », je terminais le texte par la conclusion suivante :
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