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L’hommage des manifestants à Mohammad Ajami

L’hommage des manifestants à Mohammad Ajami

Au centre-ville de Beyrouth, des amis de Mohammad Ajami lui ont rendu un dernier hommage hier. Photo Mohammed Yassine

Une triste ambiance régnait hier, place des Martyrs, au centre-ville de Beyrouth, où quelque cinquante personnes se sont rassemblées pour un dernier hommage au Dr Mohammad Ajami, oto-rhino-laryngologiste, décédé la veille à l’aube après avoir attendu plus de deux heures aux urgences de l’hôpital Alaëddine, à Sarafand au Liban-Sud, l’arrivée de son fils qui devait s’acquitter de la somme de 500 000 livres. Victime d’un accident de voiture, le quinquagénaire surnommé « médecin des pauvres » souffrait d’une hémorragie interne. Admis au bloc opératoire dimanche soir vers 21h, il s’est éteint quelques heures plus tard à 2h dans le service des soins intensifs.

Bougies à la main, d’autres dans des sacs en papier remplis de sable, les amis du médecin, qui était actif au sein du Parti communiste libanais et du soulèvement populaire du 17 octobre, ont assuré qu’ils « poursuivront le combat ».

Silencieux, affectés par la disparition de celui qui leur donnait la force de résister, ils ont inscrit son nom à la craie blanche sur le sol devant le poing de la thaoura, avant d’allumer des bougies en sa mémoire et de lire une prière pour le repos de son âme.

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« Le Dr Mohammad était un inconditionnel de la thaoura, confie Majid Ramadan, 26 ans, du rassemblement Ou’a. Il mettait de la vie à tous les rassemblements auxquels il prenait part. C’était un fin parleur, un homme de culture et un vrai patriote. Il était aussi très humain. Il traitait gratuitement les patients démunis. Son décès est une grande perte non seulement pour la thaoura, mais pour tout le Liban. »

Pour ce jeune homme, le traitement réservé au Dr Ajami à l’hôpital Alaëddine est « immoral ». « C’est triste de voir mourir des gens devant les portes des hôpitaux pour la somme de 500 000 livres, s’indigne-t-il. Malheureusement, pour certains médecins et hôpitaux, la médecine est une forme de commerce. » L’hôpital, lui, affirme avoir fait le nécessaire pour tenter de sauver le Dr Ajami.

Farah, 23 ans, connaissait bien le médecin. « Il était fidèle à la thaoura, se souvient-elle. Il en était aussi la voix. Il estimait que cette révolution était celle des jeunes et qu’elle avait pour but de construire le pays et l’homme. Le Dr Ajami accordait une importance particulière au rôle des jeunes. Ce qui nous donnait de la force et nous encourageait à continuer d’investir les places de la révolution. Il restera dans nos cœurs. » Un rassemblement en mémoire du médecin a également été organisé à la place Élia à Saïda, où des activistes du mouvement de contestation du 17 octobre et amis du Dr Ajami se sont réunis vers 18h, rapporte notre correspondant Mountasser Abdallah. Bougies à la main, ils ont récité des prières à son intention. Au nombre des participants à ce rassemblement, Hassan Attar, père de Hussein Attar, tué en octobre 2019 dans le cadre d’une dispute entre un suspect et des manifestants sur la route menant à l’aéroport de Beyrouth, qui avait dégénéré en coups de feu. « Mohammad est un compagnon de la thaoura, confie-t-il. Sa voix résonnait sur toutes les places. J’appelle la population à faire revivre la flamme de la thaoura, afin de ne pas mourir l’un après l’autre. »

Des manifestants de Nabatiyé ont eux aussi rendu un hommage hier à Mohammad Ajami.


Une triste ambiance régnait hier, place des Martyrs, au centre-ville de Beyrouth, où quelque cinquante personnes se sont rassemblées pour un dernier hommage au Dr Mohammad Ajami, oto-rhino-laryngologiste, décédé la veille à l’aube après avoir attendu plus de deux heures aux urgences de l’hôpital Alaëddine, à Sarafand au Liban-Sud, l’arrivée de son fils qui devait s’acquitter...

commentaires (1)

Victime de la corruption de tout un système, en s'inclinant à sa mémoire, il faut reconnaître en lui, un exemple de vrai commandeur de la lutte pour les droits.

Esber

18 h 33, le 31 mars 2021

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Commentaires (1)

  • Victime de la corruption de tout un système, en s'inclinant à sa mémoire, il faut reconnaître en lui, un exemple de vrai commandeur de la lutte pour les droits.

    Esber

    18 h 33, le 31 mars 2021

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