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Politique - Liban

Raï se dit opposé à une démission de Aoun

"Nous voulons une conférence qui permettrait de protéger le Liban d'une mort définitive", lance le patriarche maronite.

Raï se dit opposé à une démission de Aoun

Le patriarche maronite, Mar Béchara Boutros Raï, à Bkerké le 7 mars 2021.

Le patriarche maronite, Mgr Béchara Raï, a affirmé mardi qu'il n'était pas en faveur d'une démission du président de la République, Michel Aoun, estimant que le chef de l'Etat ne peut être mis en cause dans le cadre de ses fonctions qu'en cas de "haute trahison". Selon le patriarche, toute démission d'un chef d'Etat est tributaire de "mécanismes constitutionnels", en cas de "haute trahison".

Depuis octobre 2019, des voix s'élèvent dans la rue pour demander le départ du président Aoun. Selon l'article 60 de la Constitution, "le président de la République n'est responsable des actes de sa fonction que dans le cas d'une violation de la Constitution ou de haute trahison" et, le cas échéant, il ne peut être mis en accusation que par la Chambre des députés décidant à la majorité des trois quarts des membres de l'Assemblée entière" et "il ne peut être jugé que par la Haute Cour prévue à l'article 80".

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Dimanche soir, c'est le chef des Forces libanaises et opposant politique du président Aoun, Samir Geagea, qui avait affirmé être opposé à une démission du chef de l'Etat tant que la "majorité actuelle" reste au pouvoir. Par "majorité", M. Geagea faisait référence au Courant patriotique libre (aouniste), au tandem chiite Amal-Hezbollah et à leurs alliés.

"Aucune ligne rouge"
"Il faut que l'audit juricomptable ait lieu dans toutes les institutions de l'Etat", a par ailleurs déclaré le patriarche qui recevait à Bkerké une délégation de groupes se revendiquant "souverainistes" et issus du soulèvement populaire du 17 octobre 2019. Cet audit, qui doit commencer par les comptes de la Banque du Liban (BDL), fait face à de nombreux obstacles et n'a toujours pas été mis sur les rails. Le prélat a dans ce contexte affirmé qu'il n'a "jamais protégé personne et n'a tracé aucune ligne rouge pour empêcher que des poursuites soient menées contre qui que ce soit", appelant à ce que des sanctions soient lancées contre tous les dirigeants impliqués dans des affaires de corruption.

Protéger le Liban d'une mort définitive
"Nous voulons une conférence qui permettrait de protéger le Liban d'une mort définitive", a en outre lancé une nouvelle fois le prélat, qui a fait de cette demande l'un de ses chevaux de bataille. "Le secrétaire général des Nations Unies (Antonio Guterres, ndlr) est inquiet pour le Liban. Il a salué l'idée de l'organisation d'une telle conférence internationale et nous a appelé à en préparer les bases", a-t-il ajouté. "En outre, la majorité des ambassadeurs des pays arabes que j'ai rencontrés soutiennent la neutralité", s'est réjoui Mgr Raï, qui a affirmé avoir reçu une invitation officielle pour se rendre aux Emirats arabes unis.

Le patriarche s'était entretenu le 23 mars dernier au téléphone avec M. Guterres. Lors de cet appel, le responsable onusien avait exprimé "sa grande préoccupation" face à la situation au Liban et rappelé l'importance de la formation rapide d'un gouvernement et de ne pas entraîner le pays dans "des conflits".

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La délégation présente a de son côté affirmé son soutien aux positions du patriarche, notamment sur la neutralité du Liban et sur la tenue d'une conférence internationale pour sauver le pays du Cèdre, saluant dans ses propositions un "espoir", après "avoir entendu des déclarations disant que le pays se dirigeait vers l'enfer". A l'automne, le chef de l'Etat avait averti que "sans gouvernement, le pays allait vers l'enfer".

Le Liban est sans cabinet actif depuis près de huit mois, depuis la démission de celui de Hassane Diab, dans la foulée des explosions meurtrières au port de Beyrouth. Le chef de l'Etat et le Premier ministre désigné, Saad Hariri, empêtrés dans des rivalités personnelles et un bras de fer autour de la nomination des ministres, ne sont toujours pas parvenus à former un gouvernement. Et ce, alors qu'il est plus que jamais indispensable pour réformer un pays qui s'écroule et obtenir des aides tangibles de la communauté internationale, lassée de financer la corruption.

Dans ce contexte, la délégation reçue par le patriarche a proposé un programme en trois points pour "libérer le Liban" : l'application de la Constitution et du Pacte national, l'adhésion aux résolutions 1559, 1680 et 1701 du Conseil de sécurité des Nations unies, prônant notamment le désarmement du Hezbollah, l'adoption de la neutralité par rapport aux axes régionaux et l'organisation d'une conférence internationale.

Le patriarche maronite, Mgr Béchara Raï, a affirmé mardi qu'il n'était pas en faveur d'une démission du président de la République, Michel Aoun, estimant que le chef de l'Etat ne peut être mis en cause dans le cadre de ses fonctions qu'en cas de "haute trahison". Selon le patriarche, toute démission d'un chef d'Etat est tributaire de "mécanismes constitutionnels", en cas de "haute...
commentaires (13)

si Aoun pouvait, il prendrait aussi votre place cher patriache Rai. D'ailleurs, même qu'il lorgne du côté du vatican, allez savoir . Tellement il insiste pour la défense des chrétiens...Lui prétend à tous les postes . Faudra que vous fassiez attention à votre poste Mgr Rai :) Oui Aoun doit démissionner parce qu'il a été, il est et il sera un danger pour le liban et pour la fin de la présence chrétienne du liban. Même les chrétiens ne veulent plus de chrétiens pareils à ceux dont parle Aoun...Comment voudriez vous que les non chrétiens réagissent? C'est malheureux à dire mais c'est la vérité : Aoun a sali la réputation des chrétiens à cause de son égo , caractère, guerres, désastres et son parcours horrible et d'échecs à tout va. Les chrétiens demandent désormais un président musulman, juif, athé ou peu importe...L'important est de sauver le pays. Le libanais s'en tape de quelle manière prie ou non son président. Il demande à vivre tout simplement ...Donc le départ de ce monsieur est obligé Mgr Rai.

LE FRANCOPHONE

21 h 33, le 30 mars 2021

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Commentaires (13)

  • si Aoun pouvait, il prendrait aussi votre place cher patriache Rai. D'ailleurs, même qu'il lorgne du côté du vatican, allez savoir . Tellement il insiste pour la défense des chrétiens...Lui prétend à tous les postes . Faudra que vous fassiez attention à votre poste Mgr Rai :) Oui Aoun doit démissionner parce qu'il a été, il est et il sera un danger pour le liban et pour la fin de la présence chrétienne du liban. Même les chrétiens ne veulent plus de chrétiens pareils à ceux dont parle Aoun...Comment voudriez vous que les non chrétiens réagissent? C'est malheureux à dire mais c'est la vérité : Aoun a sali la réputation des chrétiens à cause de son égo , caractère, guerres, désastres et son parcours horrible et d'échecs à tout va. Les chrétiens demandent désormais un président musulman, juif, athé ou peu importe...L'important est de sauver le pays. Le libanais s'en tape de quelle manière prie ou non son président. Il demande à vivre tout simplement ...Donc le départ de ce monsieur est obligé Mgr Rai.

    LE FRANCOPHONE

    21 h 33, le 30 mars 2021

  • Et le peuple libanais dit "oui" à la démission de ce personnage.

    LE FRANCOPHONE

    21 h 24, le 30 mars 2021

  • En sapant le moral des libanais vous ne gagnez rien Monseigneur. Ils sont au stade de ne plus rien craindre car le pire ils sont en train de le vivre et le fait qu’une personne comme Aoun démissionne ou soit demis ne représente plus un danger quand on sait que c’est à cause de lui que la pauvreté s’est installée et avec l’insécurité, la destruction de toutes les institutions et le chaos. Quelle perte va t’on essuyer de plus si cet énergumène aussi insensible qu’inutile n’existait plus? Il est le symbole de l’épine au pied et donc si les libanais arriverait à s’en débarrasser avec tous alliés conseillers et collaborateurs ça ne sera que tout bénéfice pour le pays et pour tous les libanais. Un soulagement se fera sentir et les libanais pourront se mettre debout à nouveau pour reconstruire leur pays sans ces boulets qu’ils traînent depuis des décennies.

    Sissi zayyat

    20 h 13, le 30 mars 2021

  • En sapant le moral des libanais vous ne gagnez rien Monseigneur. Ils sont au stade de ne plus rien craindre car le pire ils sont en train de le vivre et le fait qu’une personne comme Aoun démissionne ou soit demis ne représente plus un danger quand on sait que c’est à cause de lui que la pauvreté s’est installée et avec l’insécurité, la destruction de toutes les institutions et le chaos. Quelle perte va t’on essuyer de plus si cet énergumène aussi insensible qu’inutile n’existait plus? Il est le symbole de l’épine au pied et donc si les libanais arriverait à s’en débarrasser avec tous alliés conseillers et collaborateurs ça ne sera que tout bénéfice pour le pays et pour tous les libanais. Un soulagement se fera sentir et les libanais pourront se mettre debout à nouveau pour reconstruire leur pays sans ces boulets qu’ils traînent depuis des décennies.

    Sissi zayyat

    20 h 13, le 30 mars 2021

  • Le Président de la République Bechara El Khoury à dû démissionner en 1952 sous la pression de la rue à cause de l'ingérence flagrante de son éminence grise son frère Salim El Khoury. Nous ne souhaitons pas une sortie humiliante de Michel Aoun sous la pression de la rue. Mais notre Président devrait réfléchir, s'il souhaite sortir la tête haute à la fin de son mandat, à éloigner immédiatement son éminence grise, son gendre Gebran Bassil.

    Un Libanais

    18 h 53, le 30 mars 2021

  • Le Liban est dans l'enfer????

    Eleni Caridopoulou

    18 h 44, le 30 mars 2021

  • Aboulkassem el Chabbi, quel grand poète! Mais ce qui semble possible ailleurs ne semble pas possible au Liban. Pourquoi???

    Politiquement incorrect(e)

    17 h 22, le 30 mars 2021

  • Il a raison le Rai lorsqu'il dit que le Président ne peut être poussé a démissionner ou demis de ses fonctions puisqu'il n'est aucunement responsable de la politique économique du pays. Çà c'est le gouvernement et le parlement qui le sont! Cependant, le Président, actuel, est celui qui a imposé a avoir une majorité au gouvernement ou un tiers de blocage etc... en raison de son poids politique au parlement. Il est donc autant responsable que tous les autres de la politique catastrophique et de la corruption que tous les autres. Il est vrai qu'un Président sans support et présence au parlement, suivant la constitution, ne peut être demis qu'en cas de haute trahison. Mais la aussi le Rai se goure et se contredit puisque c'est ce Président qui nous a littéralement mit sous tutelle Syrienne en 1990 et Iranienne en 2005 bradant notre souveraineté sans sourciller. Si le Rai ne considère pas ces actions comme une haute trahison il est alors complice et la soit disant demande de neutralité entre donc dans le cadre d'une strategie concoctée avec le Président et ses sbires. Sur ce il ferait mieux de faire attention a ce qu'il dit, surtout en ce moment, car l'ire populaire finira par se retourner contre lui et il aura finit par se mettre sur le même banc que "Kelloun"

    Pierre Hadjigeorgiou

    16 h 58, le 30 mars 2021

  • Monseigneur Raï, les Libanais n’en peuvent plus. Une démission est le couronnement d’une carrière en politique et depuis des décennies. C’est la fonction ou l’homme que vous défendez, Monseigneur ? Ça peut être le prélude au départ de tous les apparatchiks aux affaires du pays. Partir dans l’honneur, ou dans ce qu’il en reste est la meilleure façon d’abréger la souffrance des habitants du pays. Mais le Liban, quel pays tragique.

    L'ARCHIPEL LIBANAIS

    15 h 41, le 30 mars 2021

  • LES MANIFESTANTS DANS LES RUES DU PAYS R5ECLAMENT LA DEMISSION DE AOUN. L,ARTICLE MEME LE DIT. UNE MULTITUDE D,EMIGRES RECLAMENT LA MEME CHOSE. VOIX DU PEUPLE/VOIX DE DIEU CHER PATRIARCHE RAI QUI ETES UN HOMME DE DIEU. PAS DE RAISON DE NE PAS PUBLIER.

    LA LIBRE EXPRESSION

    15 h 13, le 30 mars 2021

  • DONC TOUT VA BIEN. IL FAUT PAS QUE AOUN DÉMISSIONNE ET LES AUTRE AUSSI. BASSIL, BERRI, JOUMBLATT, HARIRI, SLEIMAN FRANGIEH. GEAGEA ET BIEN SÛR AL-SAYED NASRALLAH.....JE NE COMPREND PAS OÙ EST LE PROBLÈME ?

    Gebran Eid

    15 h 04, le 30 mars 2021

  • IZA AL CHAABOU YAWMAN ARADA AL HAYAT LA BOUDDA AN YASTIJIBA AL KADDAROU. VOIX DU PEUPLE/VOIX DE DIEU. - QUAND LE PEUPLE SE SOULEVE IL EST LUI LE POUVOIR ET NON PLUS LE PARLEMENT QUI ETAIT ELU PAR LUI. NOTEZ BIEN CA CHER PATRIARCHE RAI.

    LA LIBRE EXPRESSION

    14 h 28, le 30 mars 2021

  • À une semaine de Pâques, venant d'un cardinal, le concept de mort définitive interpelle par son pessimisme touchant à l'hérésie théologique

    M.E

    13 h 37, le 30 mars 2021

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