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Société - Liban

Des centaines de manifestants mobilisés à Beyrouth pour un "gouvernement de transition"

Des solutions "radicales" aux crises actuelles doivent être trouvées et celles-ci "ne peuvent pas venir de l'intérieur-même du régime", affirme le président du club laïc de l'USJ. 

Des centaines de manifestants mobilisés à Beyrouth pour un

Une manifestante anti-pouvoir criant des slogants lors d'un rassemblement à Beyrouth, le 12 mars 2021. Photo REUTERS/Aziz Taher

A l'appel de nombreux groupes de la contestation, quelques centaines de contestataires ont manifesté vendredi après-midi à Beyrouth, afin de réclamer la formation d'un cabinet "de transition", une occasion pour lancer de nombreuses autres revendications, dans un pays souffrant depuis des mois d'un faisceau de crises.

Après s'être rassemblés devant le siège du ministère de l'Intérieur, dans le quartier de Sanayeh, les contestataires se sont rendus près du Parlement, dans le centre-ville de Beyrouth, au rythme des slogans devenus traditionnels du soulèvement populaire déclenché le 17 octobre 2019. Devant le siège de la Chambre, des échauffourées limitées ont éclaté entre des policiers déployés sur les lieux et un petit groupe de manifestants. Une poignée de jeunes contestataires ont lancé des projectiles en direction des policiers, qui ont rapidement réagi en éloignant les contestataires, sans toutefois utiliser de gaz lacrymogène ni de canons à eau.

Des manifestants anti-pouvoir rassemblés devant un mur en béton bloquant l'un des accès vers le Parlement, le 12 mars 2021 à Beyrouth. Photo REUTERS/Aziz Taher

Dans l'après-midi, à leur arrivée devant le ministère de l'Intérieur, les protestataires, notamment des jeunes de clubs laïcs de plusieurs universités, ont chanté des slogans "contre le confessionnalisme, le racisme et pour la liberté". "A bas l'Etat policier", ont écrit à la bombe de peinture des contestataires sur le sol devant l'institution. "Pain, liberté, justice sociale, la décision revient au peuple", peut-on encore lire sur des banderoles tenues par des activistes, qui insultent copieusement tous les dirigeants politiques dans leurs chants.

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Interrogé par notre journaliste sur le terrain Lyana Alameddine, Mohammad Serhane, du Bloc national, a souligné que le mouvement a été lancé "sous un slogan clair et unifié" entre toutes les associations organisatrices, celui de la revendication d'un gouvernement de transition. Cette action a donc été lancée "en coopération" entre toutes les organisations, malgré leurs divergences d'opinion sur certains sujets et idéologies, précise M. Serhane. "Aujourd'hui, nous manifestons pour montrer que la révolution du 17 octobre (2019) n'est pas terminée", a affirmé de son côté Mohammad, un jeune homme d'une trentaine d'années. Se disant contre les fermetures de routes, comme ce qui s'est passé en début de semaine, accusant les manifestants d'avoir agi comme cela sur instigation de "certains partis politiques", il souligne que le soulèvement veut "l'établissement d'un Etat civil et laïc, un gouvernement de transition doté de pouvoirs législatifs d'exception et une justice indépendante capable de demander des comptes aux criminels derrière l'explosion du 4 août". 

Pour des solutions "radicales"
Charbel Chaaya, 20 ans, est le président du club laïc de l'Université Saint Joseph. Il dénonce de son côté la volonté des autorités de "diviser le pays et l'opposition" en arguant que les fermetures de routes étaient politisées. Il appelle à ce que des solutions "radicales" aux crises actuelles soient trouvées, estimant que celles-ci "ne peuvent pas venir de l'intérieur-même du régime", mais nécessitent le développement "d'alternatives". 

"Les dirigeants actuels ne pourront pas nous offrir le pays dont nous rêvons. Ils ne l'ont pas fait ces trente dernières années... Nous leur avons donné une chance, nos parents aussi avant nous, mais maintenant c'est à nous de prendre les choses en main", affirme pour sa part une étudiante de 18 ans. 

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Par ailleurs, de nouvelles routes ont été brièvement bloquées en début de soirée par des manifestants, après que l'armée a rouvert sans incidents tous les axes routiers mercredi suite à une semaine de fermetures sur fond de colère populaire. L'autoroute du Sud, au niveau de Jiyyeh, la voie rapide de Palma, qui relie la capitale à Tripoli (Nord), et la route de Taalbaya-Zahlé dans la Békaa, ont ainsi été temporairement fermées avant d'être débloquées par l'armée. 

La demande de la formation d'un gouvernement de transition a été lancée dans la rue alors que les dirigeants ne parviennent pas à former un nouveau gouvernement, suite à la démission, il y a sept mois, de l'équipe de Hassane Diab, après la double explosion du port de Beyrouth. Ce blocage est notamment du à des tensions entre le chef de l'Etat, Michel Aoun, et Saad Hariri, qui avait été désigné Premier ministre le 22 octobre, concernant le nombre de cabinets, la nomination des ministres et leur répartition. M. Hariri s'était pourtant engagé, lors de sa désignation, à mettre sur pied une équipe de technocrates indépendants des formations politiques, tel que cela est prévu dans l'initiative française, présentée début septembre aux autorités libanaises par le président français, Emmanuel Macron. Cette initiative prévoit également une série de réformes à mettre en œuvre par l'exécutif, qui doivent débloquer des aides financières de la part de la communauté internationale pour aider le Liban à faire face à la crise socio-économique et financière. Cette crise, qui frappe de plein fouet le pays depuis l'été 2019, est marquée par la chute libre de la monnaie nationale, une hyperinflation et la paupérisation rapide de la population. Depuis la semaine dernière, des sit-in avaient été organisés sur toutes les routes du Liban pour dénoncer cette crise profonde.

Plus tôt dans la journée, et parallèlement à une séance parlementaire au Palais de l'Unesco, plusieurs sit-in ont été organisés, avec des revendications diverses. Se trouvaient notamment dans ce secteur des parents d'étudiants à l’étranger qui réclamaient l’application de la loi sur le "dollar étudiant", des enseignants contractuels du primaire et des proches de détenus qui appelant à l'adoption d'une loi d'amnistie. Cette mobilisation est intervenue alors que des fonctionnaires de l'administration publique ont observé une grève générale, plus ou moins respectée en fonction des régions, afin de réclamer une augmentation de leur salaire mensuel pour mieux faire face à la crise. 


A l'appel de nombreux groupes de la contestation, quelques centaines de contestataires ont manifesté vendredi après-midi à Beyrouth, afin de réclamer la formation d'un cabinet "de transition", une occasion pour lancer de nombreuses autres revendications, dans un pays souffrant depuis des mois d'un faisceau de crises.Après s'être rassemblés devant le siège du ministère de l'Intérieur,...

commentaires (6)

Qu'ils arrêtent de réclamer tout et n'importe quoi! Il n'y a qu'une seule revendication qui puisse sauver le pays: LA REMISE DES ARMES DU HEZBOLLAH !!!

Pierre Hadjigeorgiou

09 h 52, le 14 mars 2021

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Commentaires (6)

  • Qu'ils arrêtent de réclamer tout et n'importe quoi! Il n'y a qu'une seule revendication qui puisse sauver le pays: LA REMISE DES ARMES DU HEZBOLLAH !!!

    Pierre Hadjigeorgiou

    09 h 52, le 14 mars 2021

  • Des centaines!!! Ils devraient être des centaines de milliers…. les autres font quoi? Ils sont contents tant que leur zaim va bien?? ou ils se plaignent à droite et à gauche en attendant que cela change d'un coup de baguette magique. LA LIBERTE NE SE DOnNE PAS, ELLE SE PREND

    Liban Libre

    20 h 49, le 12 mars 2021

  • ILS RECLAMENT UN GOUVERNEMENT DE TRANSITION TOUT COURT... QUEL GOUVERNEMENT ? LES MARCHANDAGES ET LES BOYCOTTAGES Y SERONT DU COMPTE. LE GOUVERNEMENT HARIRI DE 18 MINISTRES SI FORME SERAIT UN GOUVERNEMENT DE TRANSITION. NE VOUS RIEZ PAS DES GENS EN RECLAMANT DES CHOSES FLOUES SUJETTES A L,ORDINAIRE. VOUS VOULEZ VRAIMENT DU CHANGEMENT ? LE CHANGEMENT ET LES REFORMES NE SE DONNENT PAS. ILS SE PRENNENT. DEGAGEZ-LES AVEC UNE THAWRA DRASTIQUE SINON TAISEZ-VOUS. ALLEZ AUX PORTES DE BKERKE ET EXIGEZ DU PATRIARCHE QU,IL METTE EN EXECUTION SON PROJET D,INTERNATIONALISATION SEUL ESPOIR DE SOLUTION DEFINITIVE POUR LE PAYS.

    ZERO PLAINTE. CENSURE PLAIT. SOUTENONS DONC L,OLJ.

    20 h 00, le 12 mars 2021

  • Ce gouvernement va laisser comme héritage : 1) Gouvernement de l'exode tout le peuple 2) Gouvernement de Bouchers du 4 août 2020, 3) Gouvernement au profit de l'iran 4) Gouvernement de l'oppression populaire 5) Gouvernement de l'injustice 6) Gouvernement de la famine 7) Gouvernement de l'assassinat du Liban 8) Gouvernement de la méprise 9) Gouvernement de la contrebande et de la corruption 10) GOUVERNEMENT DE L'INDIFFÉRENCE DE LA SOUFFRANCE D'UN PEUPLE.

    Marwan Takchi

    18 h 55, le 12 mars 2021

  • Ou est Mr. Aoun? Il attend les ordres de Hassouna?

    Eleni Caridopoulou

    18 h 36, le 12 mars 2021

  • Un gouvernement de transition doté de pouvoirs exceptionnels ? Bien sûr, c'est la seule solution. Mais il semble que ceux qui nous gouvernent préfèrent voir le Liban disparaître plutôt que de risquer de perdre leurs privilèges et voir la justice leur demander des comptes.

    Yves Prevost

    18 h 17, le 12 mars 2021

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