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Société - Gouvernance

Une nouvelle plateforme électronique pour dénoncer les abus en milieu hospitalier

Développée par l’Inspection centrale, l’application permet aussi de remercier le personnel soignant en ces temps de Covid-19.
Une nouvelle plateforme électronique pour dénoncer les abus en milieu hospitalier

Capture d’écran de l’application « Hospital impact », lancée hier par les ministres de la Santé et de la Justice. Photo A.M.H.

Vous avez été particulièrement bien soigné à l’hôpital et vous souhaitez remercier le personnel soignant ou une personne en particulier ? Vous pouvez désormais le faire. Vous avez, au contraire, vécu une mauvaise expérience en milieu hospitalier et êtes déterminé à demander des comptes, parce que vos droits ou ceux des citoyens ont été bafoués ? Vous pouvez aussi le faire. À travers la plateforme électronique accessible sur les téléphones portables, il vous suffit de sélectionner l’institution hospitalière concernée, publique ou privée, de remplir avec précision les informations réclamées, en arabe ou en anglais, et d’envoyer votre message. La formalité ne prendra que quelques minutes. Elle sera directement entre les mains du ministère de la Santé qui devra l’étudier et mener l’enquête nécessaire, avant de décider de la transférer ou pas au ministère de la Justice.

Demander des comptes

Hier, les ministres de la Santé, Hamad Hassan, et de la Justice, Marie-Claude Najm, ont lancé conjointement la nouvelle plateforme électronique « hospital impact », depuis les locaux du ministère de la Justice. La plateforme, réalisée après concertations avec le syndicat des propriétaires d’hôpitaux privés et les ordres des médecins de Beyrouth et du Nord, devrait permettre de recevoir les plaintes et les marques de satisfaction de la population. « D’une part pour avoir une connaissance plus précise du secteur. D’autre part pour améliorer la gouvernance et permettre de demander des comptes en cas d’abus, en toute transparence », souligne à L’OLJ la ministre Marie-Claude Najm. « En ces temps de Covid-19, non seulement les hôpitaux sont saturés et le personnel soignant débordé, mais le secteur fait face à des difficultés sans précédent », note-t-elle, en référence à l’effondrement économique et financier du pays. « Parallèlement, les plaintes augmentent, certaines pour fautes graves. Et la seule façon de les canaliser, de s’assurer de leur bien-fondé et de les traiter est d’encourager la population à rapporter les exactions avec sérieux et responsabilité, à travers une plateforme. »

Expliquant le processus, Mme Najm indique que les informations sont directement reçues par le ministère de la Santé, dans le respect des règles de confidentialité. « À lui de les trier et de mener les enquêtes nécessaires pour identifier les abus commis par les institutions hospitalières, privées ou publiques. » Et « lorsqu’un abus est avéré, la plainte est aussitôt transférée au ministère de la Justice, qui décidera de la déférer aux ministères publics et aux parquets régionaux, pour engager les poursuites nécessaires », souligne-t-elle.

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Il faut aussi rappeler que cette pandémie a permis de prendre conscience des sacrifices réalisés par le personnel soignant. « La plateforme électronique permettra aux patients de saluer la qualité des soins d’une institution donnée et même de nommer un ou une soignante qu’ils souhaitent remercier », ajoute la ministre.

De son côté, le ministre Hassan a estimé nécessaire, lors du lancement de la plateforme, « de mettre le doigt sur les failles du secteur de la santé ». Il a salué « les sacrifices consentis par les soignants » et « le magnifique travail réalisé par les hôpitaux pour faire face à la pandémie de Covid-19 ». Hamad Hassan n’a pas manqué de remercier la plateforme « Impact » responsable de l’aspect technique de l’application.

Affiche publiée par les autorités pour lancer la plateforme. Photo ministère de la Justice

La coopération du secteur privé

Derrière la plateforme Impact développée par l’Inspection centrale, (Inter-municipal platform for assessment, coordination and tracking), une personnalité connue pour son engagement citoyen contre la corruption. Carole Charabati, enseignante universitaire, militante et chef d’entreprises de technologie, a décidé de mettre son savoir-faire et les compétences de son équipe au service de l’État. « Nous travaillons avec l’Inspection centrale pour la réforme du secteur public, sous le label Siren Associates », affirme-t-elle, estimant que le partenariat entre les secteurs privé et public est « le seul moyen de lutter contre la corruption ». Au menu des réalisations de son équipe, les applications lancées par les autorités en temps de Covid-19, l’une permettant de demander une autorisation de déplacement, et l’autre qui permet à la population de s’inscrire pour le vaccin.

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