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Société - Covid-19

Les FL présentent leur approche de la campagne vaccinale

Le parti a émis des réserves sur la stratégie nationale du gouvernement. Il appelle à l’implication du secteur privé et au recours à une société de contrôle pour garantir la transparence du processus.

Les FL présentent leur approche de la campagne vaccinale

Pour les Forces libanaises et d’autres observateurs, il faut impliquer le secteur privé dans la stratégie de vaccination au risque de perdre la bataille contre la pandémie. Christof Stache/AFP

À l’instar de tous les pays du monde, le Liban est engagé dans la course contre le Covid-19. Le seul espoir de gagner cette bataille reste la vaccination rapide – en l’espace de quelques mois – du plus grand nombre possible de personnes au sein de la population. Si les premières doses du vaccin Pfizer/BioNTech sont livrées à temps, la vaccination devrait débuter dans la seconde moitié du mois courant, selon une stratégie annoncée la semaine dernière qui, pour de nombreux observateurs, représente plusieurs failles. Or le Liban ne peut pas se permettre de perdre cette course ni de rater la campagne de vaccination, au risque d’enregistrer davantage de décès.

Devant cette urgence, les Forces libanaises ont proposé hier, au cours d’une conférence de presse tenue à Meerab, une approche de la campagne vaccinale telle qu’elles la conçoivent. Celle-ci repose sur quatre points principaux : rapidité dans le processus vaccinal, nécessité d’impliquer le secteur privé, mise en place d’un comité indépendant de surveillance, ainsi que la mise en place d’une plateforme d’inscription commune aux secteurs public et privé et un système indépendant de pharmacovigilance.

Selon la stratégie nationale, doivent être vaccinés en premier les membres du corps soignant et infirmier qui sont en contact direct avec les patients du Covid-19, les personnes âgées de plus de 75 ans et les personnes souffrant de maladies chroniques. « En chiffres, il s’agit de quelque 700 000 individus, soit 11 % de la population, explique à L’Orient-Le Jour Ghassan Hasbani, ancien ministre de la Santé et membre des Forces libanaises. Dans la stratégie nationale, près de 250 000 personnes devraient recevoir le vaccin au cours du premier trimestre de l’année en cours. Et ce n’est pas sûr qu’on réussira à les couvrir toutes. Sur le terrain, cela se traduira par de nouveaux bouclages avec des répercussions énormes sur l’économie du pays. »

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Selon l’approche des FL donc, il est impératif de vacciner cette première catégorie de gens d’ici à la fin du mois de mars, pour éviter davantage de décès et permettre une reprise économique. « Si on ne le fait pas, la pandémie aura toujours une avance sur le plan de vaccination », fait remarquer M. Hasbani.

D’où la nécessité, selon les FL, d’impliquer le secteur privé dans l’importation du vaccin conformément aux procédures et critères fixés par le ministère de la Santé, d’autant que selon le plan national d’ici à la fin de l’année en cours moins de 50 % de la population pourraient recevoir le vaccin. « Le secteur privé doit suivre la même procédure que le secteur public et utiliser la même plateforme, insiste M. Hasbani. Le vaccin qu’il va importer doit être homologué par l’Organisation mondiale de la santé, la plateforme Covax ou par un pays référentiel. Il faut que le mécanisme spécifique à l’importation du vaccin par le secteur privé soit développé dès à présent. Malheureusement, il n’y a toujours pas un mécanisme clair de coordination avec le secteur privé. »

Hier, le ministre sortant de la Santé, Hamad Hassan, a présidé la première réunion du comité technique scientifique chargé d’accorder une autorisation d’urgence au secteur privé pour importer des vaccins contre le Covid-19. Six dossiers ont été étudiés hier pour l’importation de vaccins russes, chinois et indiens. Une seconde réunion est prévue vendredi.

Davantage de centres de vaccination

Pour pouvoir vacciner le plus grand nombre possible d’individus, il est impératif de décentraliser les centres de vaccination. « La stratégie nationale prévoit 28 centres sur l’ensemble du territoire, constate M. Hasbani. Nous en proposons 64, à raison de deux à trois dans chaque caza. Les centres de soins de santé primaires peuvent être utilisés à cet effet. Par ailleurs, nous appelons à un contrôle transparent et indépendant, qui sera mené par des sociétés spécialisées dans l’audit pour s’assurer au quotidien de la distribution des vaccins et du respect des mesures préconisées. Or ce point n’est pas soulevé dans la stratégie nationale. »

Pour les FL, il faudrait aussi mettre en place un système indépendant de pharmacovigilance pour signaler le moindre effet secondaire post-vaccination. « Ce système doit être proactif et nécessite par conséquent une équipe de travail », observe l’ancien ministre.

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Cette approche des FL sera proposée aux autorités et commissions concernées par les députés du parti. « Elle peut être également consultée par l’opinion publique », assure M. Hasbani. Pour lui, le ministère de la Santé n’est pas encore prêt à mettre en place la stratégie nationale de vaccination, d’autant que « la formation des équipes vient de commencer de manière timide ». Selon l’approche des FL, il faut recourir aux services de 960 personnes pour une bonne marche de la stratégie de vaccination. « D’où l’importance d’impliquer le secteur privé qui participera aussi à ces formations, fait remarquer l’ancien ministre. On ne peut pas compter uniquement sur le ministère pour assurer cette formation en une période si courte. On s’est pris sur le tard. Ce travail aurait dû être entamé il y a trois mois. »

Enfin, les Forces libanaises mettent l’accent sur l’importance d’une campagne de sensibilisation à la vaccination de manière à renforcer la confiance dans le vaccin et les mesures prises par le gouvernement, alors que les informations non scientifiques concernant le vaccin sont largement partagées sur les réseaux sociaux.

Clientélisme

Même son de cloche chez Georges Ghanem, directeur médical du Centre médical de l’Université libano-américaine – Hôpital Rizk, qui insiste également sur l’importance de la sensibilisation au vaccin, mais aussi sur la transparence tout au long du processus et la nécessité d’impliquer le secteur privé dans cette stratégie. « C’est un projet énorme pour un gouvernement en faillite, dit-il à L’OLJ. D’où la nécessité d’impliquer le secteur privé. Or jusqu’à présent les grandes lignes de cette coopération sont encore floues. » Il insiste en outre sur la nécessité de recourir à « un comité indépendant de surveillance pour garantir la transparence, notamment face au clientélisme qui caractérise notre société ». Et de conclure : « Nous sommes en course avec la pandémie, parce que le virus est en train de muter. Nous n’avons pas le luxe du temps. »


À l’instar de tous les pays du monde, le Liban est engagé dans la course contre le Covid-19. Le seul espoir de gagner cette bataille reste la vaccination rapide – en l’espace de quelques mois – du plus grand nombre possible de personnes au sein de la population. Si les premières doses du vaccin Pfizer/BioNTech sont livrées à temps, la vaccination devrait débuter dans la seconde...

commentaires (2)

LA PLUS GRANDE CORRUPTION ET LE CLIENTELISME ET EXPLOITATION DES CITOYENS SONT ATTENDUS AVEC LA VACCINATION.

SOUTENONS L,OLJ. CONDAMNONS SES CENSURES.

19 h 26, le 03 février 2021

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Commentaires (2)

  • LA PLUS GRANDE CORRUPTION ET LE CLIENTELISME ET EXPLOITATION DES CITOYENS SONT ATTENDUS AVEC LA VACCINATION.

    SOUTENONS L,OLJ. CONDAMNONS SES CENSURES.

    19 h 26, le 03 février 2021

  • La première chose à faire serait de contrôler la réception des vaccins afin que des mauvaises mains ne le subtilisent pour l’exporter dans d’autres pays tel que la Syrie ou autre comme ils continuent de faire avec les denrées alimentaires et de distribuer ces vaccins en fonction de la démographie de chaque région en s’assurant que les citoyens reçoivent bien les doses qui leur sont attribuées. Pour cela il faut des comités indépendantes de contrôle pour s’assurer de la bonne marche pour qu’aucun marché noir ne voit le jour. Les sanctions devraient être des plus sévères si la moindre dérogation est constatée et ce quelque soit celui qui en serait à l’origine pour que ça serve d’exemple.

    Sissi zayyat

    10 h 07, le 03 février 2021

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