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PORTRAIT

Danielle Jarrouje, le foot dans la peau

Passionnée de football depuis ses 7 ans, Danielle Jarrouje, 18 ans, étudiante en sciences de la vie et de la terre-biochimie à la faculté des sciences de l’USJ, s’entraîne une dizaine d’heures par semaine.

Danielle Jarrouje, le foot dans la peau

Danielle Jarrouje (en bleu) pendant un match de la ligue des aînées contre l’équipe du club Salam Zgharta, en 2019. Photo Danielle Jarrouje

Elle joue au football depuis qu’elle a 7 ans. Aujourd’hui âgée de 18 ans, c’est au sein de l’une des équipes de la Ligue libanaise de football féminin, le club Eleven Football Pro (EFP), que Danielle Jarrouje, étudiante en première année de sciences de la vie et de la terre-biochimie à la faculté des sciences de l’Université Saint-Joseph de Beyrouth, poursuit sa passion pour le ballon rond.

Actuellement confinée, la jeune athlète raconte ne pas avoir renoncé au sport pour autant. Durant le premier bouclage du mois de mars, elle a « pratiqué ses dribles et ses passes seule en bas de son immeuble pour rester en forme ». Pendant les fêtes en revanche, la jeune femme s’est entraînée comme d’habitude, mais confie « ne voir personne durant (son) temps libre, car mes coéquipières et moi ne pouvons pas risquer de tomber malades ».

La jeune sportive souligne avoir toujours été « la fille parmi les garçons », lorsque, plus jeune, elle jouait au foot avec son cousin, Majd Jarrouje, et ses amis. « Ils ont décelé en moi un grand potentiel et ont voulu m’apprendre leurs tactiques », poursuit-elle. Encouragée par ses amis, elle est aussi soutenue par ses parents qui l’inscrivent sans hésiter à l’académie Montebello à Ajaltoun. Son jeu avait aussi attiré l’attention de son prof de sport dès la classe de 7e.

Au fil des ans, Danielle Jarrouje finit par être admise dans une équipe basée à Beyrouth et intègre l’équipe nationale à l’âge de 16 ans. Elle en est la plus jeune membre. Malheureusement, vivre dans la région de Sehayleh au Kesrouan et devoir s’entraîner à Beyrouth – tout en jouant avec l’équipe nationale en parallèle – ne s’avère pas sans conséquences. « Je rentrais à la maison très tard le soir. C’est à cette période qu’ont commencé le stress, la fatigue et la légère chute de mes notes… Je suis le genre de personne qui est fortement influencée par les moindres changements négatifs », confie la jeune footballeuse, qui rejoint finalement le club EFP, à Zouk Mosbeh.

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Bien qu’elle soit consciente qu’elle n’a pas le profil typique féminin tel que le « perçoit » la société libanaise, Danielle affirme être « amoureuse et fière de ce qu’elle fait et se moquer de la perception qu’ont les autres d’elle ». Elle se dit « reconnaissante » de pouvoir pratiquer ce sport, d’autant plus qu’elle est née avec une inégalité de longueur des membres inférieurs. « L’une de mes jambes est légèrement plus courte que l’autre, mais le médecin a confirmé que le football aidera à la renforcer. » Une particularité qui n’a fort heureusement pas constitué un obstacle à sa pratique du sport.

La jeune femme déclare avoir beaucoup appris pendant toutes ses années d’entraînement. « En plus de l’esprit d’équipe, le foot m’a appris à me remettre debout après chaque échec et m’a aidée à avoir plus de confiance en moi-même et en mon potentiel », affirme-t-elle. L’un des moments les plus forts qu’elle ait vécus sur le terrain ? « Un jour, le hijab porté par l’une des joueuses de l’équipe adverse a failli tomber. Nous avons toutes arrêté de jouer et l’avons encerclée immédiatement pour lui permettre de le remettre », se remémore-t-elle. « Le foot nous a introduites aux différentes religions et cultures du monde, ainsi qu’au respect de l’autre », estime Danielle Jarrouje. Toute à sa passion pour le ballon rond, la jeune femme évoque avoir dû faire des « sacrifices pour trouver l’équilibre entre (s)es études et (s)es entraînements ». Et confie : « Le foot, c’est une partie intégrante de ma vie quotidienne. Je n’ai jamais raté un entraînement car j’avais beaucoup de devoirs ou de révisions. Sans foot, ma vie n’aurait plus de sens. »

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Pourquoi un diplôme en science et non pas en éducation physique ?

Danielle Jarrouje répond : « Je pense à la valeur du diplôme au Liban puisque la société libanaise porte un regard plutôt rabaissant envers un diplôme en éducation physique. » En revanche, la possibilité d’obtenir ultérieurement une certification en éducation physique pour « pratiquer ce travail en parallèle » demeure toujours une option qu’elle considère.

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Elle joue au football depuis qu’elle a 7 ans. Aujourd’hui âgée de 18 ans, c’est au sein de l’une des équipes de la Ligue libanaise de football féminin, le club Eleven Football Pro (EFP), que Danielle Jarrouje, étudiante en première année de sciences de la vie et de la terre-biochimie à la faculté des sciences de l’Université Saint-Joseph de Beyrouth, poursuit sa passion pour...

commentaires (1)

Danielle tu devrais appliquer à une université à Montréal et adhérer à leur équipe féminine de Foot. Ton potentiel se développera a. Son maximum et tu pourrais intégrer l’équipe nationale canadienne ou américaine si tu atteins un niveau respectable ,

Robert Moumdjian

04 h 28, le 14 janvier 2021

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Commentaires (1)

  • Danielle tu devrais appliquer à une université à Montréal et adhérer à leur équipe féminine de Foot. Ton potentiel se développera a. Son maximum et tu pourrais intégrer l’équipe nationale canadienne ou américaine si tu atteins un niveau respectable ,

    Robert Moumdjian

    04 h 28, le 14 janvier 2021