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Société - Webinar

Lorsque les étudiants indépendants décortiquent leurs objectifs et leurs espoirs

Leur succès les porte déjà dans trois universités dans l’attente des résultats des élections estudiantines de l’USJ.


Lorsque les étudiants indépendants décortiquent leurs objectifs et leurs espoirs

Vue d'ensemble du webinar sur le vent du changement, lors des récentes élections estudiantines. Photo A.M.H.

Les élections estudiantines qui se sont déroulées les semaines précédentes dans les universités privées du pays sont le reflet d’une réalité nouvelle. La volonté de changement des étudiants, face au pouvoir et aux partis politiques traditionnels qui ont mené le pays à l’effondrement. Une volonté de changement qui a déjà mené à la victoire massive des indépendants à l’Université américaine de Beyrouth (AUB) – après le retrait des partis traditionnels du scrutin – et à l’Université libano-américaine (LAU). Même à l’Université Rafic Hariri, fief du courant du Futur, les indépendants ont effectué une percée inédite remportant 4 sièges sur 9. Quant à l’Université libanaise où les élections sont suspendues depuis 2008, un mouvement indépendantiste tente de se tailler aujourd’hui une place, malgré les pressions exercées par les partis politiques. C’est dire la rage de vaincre d’une jeunesse déterminée, exaspérée par l’état du pays, qui tire sa force du soulèvement populaire du 17 octobre 2019, sous le slogan « Kellon Yaané Kellon (Tous veut dire tous) ».

À l’heure où la bataille fait rage à l’Université Saint-Joseph en cette semaine électorale, au point de prendre une tournure violente (deux bagarres ont opposé durant deux jours consécutifs des partisans des Forces libanaises à d’autres du Hezbollah à Huvelin), l’Institut Issam Farès de l’AUB a donné hier la parole aux indépendants dont de nouveaux élus, Rawad Taha de la LAU, Michel Saliba de l’UL, Nadim el-Kak du club séculier de l’AUB, Charbel Chaya de l’USJ, Malak el-Laz de l’Université Rafic Hariri et Aya Kassem de l’AUB, avec la participation de Jonathan Dagher du média en ligne révolutionnaire Mégaphone.

Lutter contre le clientélisme politique

Lors d’un webinar sur « le vent du changement » modéré par la professeure assistante Rima Majed, les participants ont insisté sur l’importance de leur combat et sur la nécessité d’unir leurs rangs face à une caste au pouvoir corrompue, pour mieux se faire entendre. « Nous sommes la voix des étudiants », résume Malak el-Laz. Et même si, comme l’indique Aya Kassem, « les revendications estudiantines demeurent essentiellement universitaires, liées aux droits des étudiants, aux scolarités, aux modes de notation ». Même si les clubs et comités estudiantins ont des approches diversifiées quant à l’orientation, indépendante ou laïque, à donner à leurs mouvements, les étudiants sont pleinement conscients que c’est à l’université que se fait leur apprentissage à la vie politique. Parmi leurs priorités, figurent la nécessité « de lutter contre le clientélisme politique » et ses ravages dans certains campus. « Des étudiants pistonnés ont ainsi obtenu des aides financières au détriment d’autres étudiants peut-être plus méritants, dénoncent-ils. D’autres ont obtenu des notes meilleures que leurs compétences. » Les élus se penchent aussi sur le système économique du pays, « un système de rente incapable de créer des emplois et qui a mené le pays à sa perte », déplorent-ils.

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Qu’elle soit issue du mouvement du 17 octobre ou qu’elle nourrisse ce mouvement, l’opposition dans les campus est aujourd’hui une force. Une force qui « réclame la justice sociale et les libertés individuelles », assure Nadim el-Kak. Une force qui rejette la discrimination sous toutes ses formes. Une force qui « réclame une loi pour le statut personnel ». Sont évoqués au passage les problèmes de l’université publique. « Une université qui se dit prête à accueillir des milliers de nouveaux étudiants en ces temps de disette. Et pourtant, énormément d’étudiants n’arrivent toujours pas à s’inscrire », déplore Michel Saliba. Sont montrés du doigt « les médias à la solde des figures politiques, qui déforment souvent la réalité », affirme Jonathan Dager. D’où la nécessité « de voir émerger une information proche de la contestation populaire, qui rectifie le tir et donne l’importance qu’ils méritent aux indépendants ».

Les regards n’en demeurent pas moins tournés sur les élections estudiantines de l’USJ, « la mère des batailles », comme la surnomme Charbel Chaya. « Car la bataille a pris une tournure différente cette année, avec l’intervention, accuse-t-il, d’une vingtaine d’éléments du Hezbollah, armés de chaînes en fer et d’objets contondants, sur fonds de résurgence du clivage politique 14 Mars vs 8 Mars ». « Le vote en ligne est un excellent moyen de lutter contre les pressions politiques », réagit Rawad Taha, rappelant que la LAU utilise ce procédé avec succès depuis plusieurs années déjà.



Les élections estudiantines qui se sont déroulées les semaines précédentes dans les universités privées du pays sont le reflet d’une réalité nouvelle. La volonté de changement des étudiants, face au pouvoir et aux partis politiques traditionnels qui ont mené le pays à l’effondrement. Une volonté de changement qui a déjà mené à la victoire massive des indépendants à...

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