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Exposition

« For Beirut With Love » : la Opera Gallery de Beyrouth revit

Pour la réouverture de son enseigne beyrouthine, totalement dévastée le 4 août dernier, la galerie a sollicité onze artistes internationaux qui ont généreusement fait don, chacun, d’une œuvre pour le Liban.

« For Beirut With Love » : la Opera Gallery de Beyrouth revit

« Beirut’s Flame », mixed media de Golnaz Fathi (150 x100 cm).

Les portes sont largement ouvertes aux visiteurs… uniquement sur rendez-vous, pandémie au coronavirus oblige. Mais l’espace, situé en plein centre de Beyrouth sur l’une des artères du front de mer, est à nouveau accessible, lumineux, vitres et cimaises flambant neufs après avoir été totalement soufflées par la double explosion du port le 4 août. À nouveau dotée d’une sélection d’œuvres contemporaines internationales, réunies sous le bel intitulé « For Beirut With Love », la Opera Gallery de Beyrouth revit. Et les pastilles rouges, ces marqueurs de pièces vendues, foisonnent comme au temps des beaux jours, remarque-t-on avec étonnement.

Sous son masque, Noumis Barakat, la responsable des lieux, sourit. « Cette exposition est particulière », affirme-t-elle. « Tout d’abord, parce qu’elle véhicule un message d’amour pour Beyrouth. Elle est née de la volonté des propriétaires de la galerie beyrouthine Georges et Salwa Chalhoub, de reconstruire sur-le-champ, en un acte d’engagement envers la capitale meurtrie et de foi en sa capacité de résilience. Et, surtout, elle est le fruit d’une action solidaire menée avec des artistes internationaux et Gilles Dyan, le fondateur du réseau Opera Gallery. Ce dernier, extrêmement touché par la tragédie de Beyrouth, s’est impliqué personnellement, en sollicitant la contribution de grands artistes de son écurie pour l’aide à la reconstruction de la capitale. Grâce à son intervention, 11 artistes de diverses nationalités, certains avec qui nous travaillons, d’autres que nous ne connaissions pas, ont généreusement fait don, chacun, d’une de leurs créations », poursuit la jeune femme. En précisant que « l’intégralité des recettes de leur vente sera reversée aux quatre ONG libanaises suivantes : Arcenciel, Beb w Shebbek, Caritas et Offre-Joie, toutes très engagées dans la reconstruction de la ville dévastée ».

« Kate Moss » par Ellen von Unwerth (1995 ; 207 x 150 cm).

Quand talent et générosité se conjuguent

Une exposition de réouverture voulue donc comme une occasion de lever des fonds pour le relèvement de Beyrouth. Et qui semble fonctionner au-delà même des espérances des galeristes. Car, dans un geste particulièrement émouvant, certains artistes ont créé des pièces spécialement dédiées à la capitale libanaise.

C’est le cas de Quim Bové, un artiste catalan vivant à Los Angeles qui a signé The Phoenix, une interprétation symbolique et abstraite du drapeau libanais comme façonné par des éclats de sang ; idem pour l’Iranienne Golnaz Fathi – présente au sein de la collection permanente du British Museum – dont le Beirut’s Flames exprime également de manière abstraite le drame d’une ville consumée ; ou encore de l’Irakienne Sundus al-Khalidy qui, toujours de manière abstraite, a choisi, elle, de représenter, à l’acrylique sur toile, son espoir de voir la renaissance de Beyrouth, où elle réside partiellement.

Pour mémoire

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Et même quand l’œuvre offerte n’a pas été directement inspirée par le Liban et sa triste actualité, elle n’en témoigne pas moins de la générosité des artistes qui n’ont pas hésité à faire don, frais d’envoi inclus, de pièces importantes. À l’instar de la fameuse photographe Ellen von Unwerth qui a offert une édition sur 3 de Milk, le célèbre grand portrait de Kate Moss devant son frigo (déjà vendu), ou encore de l’artiste british George Morton-Clark qui ne s’est pas contenté de fournir une toile pour cette exposition, mais a également reversé 10 % des recettes de sa récente exposition solo à l’Opera Gallery de Londres au bénéfice de l’hôpital Saint-Georges de Beyrouth.

En peintures, sculptures – dont celle du seul Libanais de la sélection, l’architecte et artiste Michel Abboud qui partage son temps entre Beyrouth et New York – ou photographies, c’est un puissant message d’amour qu’adressent à Beyrouth les artistes de l’Opera Gallery. À découvrir avant le 20 novembre.

« For Beirut With Love », Opera Gallery, centre-ville, 94, avenue Foch.

Visites sur réservation au 76/792424 ou [email protected]


Les portes sont largement ouvertes aux visiteurs… uniquement sur rendez-vous, pandémie au coronavirus oblige. Mais l’espace, situé en plein centre de Beyrouth sur l’une des artères du front de mer, est à nouveau accessible, lumineux, vitres et cimaises flambant neufs après avoir été totalement soufflées par la double explosion du port le 4 août. À nouveau dotée d’une...

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