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« L’Orient-Le Jour » lance « L’Orient Today », sa publication anglophone

« L’Orient-Le Jour » lance « L’Orient Today », sa publication anglophone

Aujourd’hui plus que jamais, le journalisme est indispensable au Liban. C’est cette profonde conviction qui nous mène à annoncer, avec enthousiasme, le lancement de L’Orient Today, accessible dès maintenant sur www.lorient.today. Après quasiment cent ans de journalisme en français, nous avons voulu nous adresser, aussi, à l’audience anglophone. L’Orient Today, publication sœur de L’Orient-Le Jour, portera ainsi nos valeurs fondatrices : défendre les libertés, l’ouverture et la tolérance, exiger la transparence et demander des comptes aux responsables, promouvoir l’égalité, les droits de l’homme, et la protection des plus faibles, renforcer les liens entre le Liban, sa diaspora et le monde.

Notre pays traverse une période historique, qui risque de mettre son existence en péril. Il y a un an, le Liban était secoué par une contestation populaire massive contre une élite en faillite, remettant en question le système politique libanais et ses dérives sectaires. Ce réveil tant attendu, provoqué par l’effondrement d’un modèle économique aux abois, a créé un besoin immense d’information, tant pour les Libanais du Liban que pour ceux de la diaspora. Cette crise, ajoutée à la tragique explosion du port de Beyrouth, ainsi que l’accélération de l’émigration qui s’en est suivi, ont violemment affecté l’industrie des médias, et réduit la diversité des sources d’information, au moment le plus crucial.

Lacunaire, parfois biaisée, l’information diffusée aujourd’hui nous permet difficilement d’appréhender les défis auxquels fait face le Liban. Nous manquons de clarté, de points de vue et d’un débat constructif sur les sujets-clés. C’est dans ce contexte que L’Orient Today, prolongeant, en anglais, la mission de L’Orient-Le Jour, traitera de politique, d’économie et de société, en se concentrant sur le Liban mais sans s’arrêter aux simples faits : il s’agira aussi d’analyser et de décrypter en profondeur une actualité souvent complexe. Nous chercherons également à enquêter, afin de porter à votre connaissance les dossiers sensibles qui doivent être connus de tous. Il s’agira donc de mettre le pouvoir face à ses responsabilités, sans jamais se départir de notre attachement à la vérification des faits, comme l’exprime notre slogan : “Speak truth to power”, « Dire la vérité face au pouvoir ». L’information sera le cœur de notre réacteur, mais l’opinion aura également une place privilégiée, afin de favoriser le débat d’idées et de proposer des perspectives diverses. Comme dans la version française, une règle d’or gouvernera notre travail : l’indépendance de la rédaction, pierre angulaire de notre crédibilité.

À ceux d’entre vous qui, comme nous, défendent farouchement la langue française au Liban, soyez rassurés : il ne s’agit en aucun cas de réduire notre production francophone. Au contraire, nous investissons : nous avons renforcé les rédactions de L’Orient-Le Jour et du Commerce du Levant, et vous, lecteurs, êtes au rendez-vous, puisque nos abonnés ont crû de manière significative (+65 % sur les 12 derniers mois), le site atteignant un trafic record en 2020. La francophonie libanaise a encore de beaux jours devant elle. Voilà 96 ans que nous écrivons dans cette langue qui est la nôtre, et nous continuerons à le faire tant que L’Orient-Le Jour existera.

La quête de la nation libanaise

Ce projet journalistique s’inscrit aussi dans la droite lignée de nos pères fondateurs, guidés par une idée inaltérable : la volonté de comprendre et de définir l’essence du Liban en tant que nation. Cette quête, Michel Chiha, considéré comme père de la Constitution, et fondateur du Jour, y a consacré sa vie. Il s’agissait selon lui d’« un effort pour constater ce que nous sommes, pour l’expliquer aussi », effort qui, « s’il est heureux, nous révélera, à travers les vicissitudes d’une carrière historique exceptionnellement mouvementée, les conditions d’une stabilité relative pour notre pays ».

Georges Naccache, fondateur de L’Orient, écrivait quant à lui, dans un éditorial qui marquera l’histoire : « Un État n’est pas la somme de deux impuissances – et deux négations ne feront jamais une nation. » Ce qui était vrai à l’époque l’est encore aujourd’hui, et après le rejet généralisé du système s’impose la construction d’un projet nouveau, inspirant notre mission éditoriale : décrypter l’échec du système libanais et penser un pays meilleur, pour tous ses citoyens. Comme le résumait Chiha : « Le temps est peut-être venu de se mettre au niveau de son rêve. »

Une équipe de qualité, intégrée au sein du groupe « L’Orient-Le Jour »

Afin de relever ce défi, nous avons constitué une équipe de haut niveau, élément déterminant de notre succès. Benjamin Redd, anciennement journaliste et responsable à Executive Magazine puis au Daily Star, prend la tête de la rédaction : ses compétences journalistiques, sa connaissance du Liban ainsi que la qualité de son management nous ont poussé à lui faire confiance pour bâtir ce titre, avec nous. Autour de lui, c’est une rédaction de dix journalistes qui voit le jour, et qui grossira selon les impératifs de l’actualité. Mais la force de notre modèle éditorial résidera dans la collaboration entre les différentes rédactions, ce qui nous permettra de faire appel à l’expertise de plus de soixante journalistes, peu importe leur langue. L’Orient Today devient le plus récent pilier de notre groupe de presse, autour de L’Orient-Le Jour bien évidemment, dont la rédaction est dirigée par Émilie Sueur et Élie Fayad, mais aussi du Commerce du Levant, piloté par Sahar al-Attar.

Préserver une institution centenaire

Il faut souligner ici le rôle central joué par nos actionnaires. Quatre familles – Eddé, Choueiri, Pharaon et Rizk – détiennent une large majorité du capital de L’Orient-Le Jour, et ont permis au groupe de traverser les crises et de se développer. Ce soutien a été vital car il nous a permis de refuser tout financement politique. Conçu comme une ONG, L’OLJ ne verse pas de dividendes, une décision que n’a cessé de marteler Michel Eddé, durant ses 29 ans à la tête de l’institution. Mais c’est surtout l’indépendance éditoriale du titre que nos actionnaires ont toujours eu à cœur de préserver. Quand Rafic Hariri, Premier ministre, demandait à Michel Eddé pourquoi son journal attaquait sans cesse le gouvernement auquel il appartenait, celui-ci répondait, non sans fierté : «Je m’excuse Abou Bahaa. Ce sont des journalistes, pas des employés. »

Néanmoins, la bienveillance de nos actionnaires ne suffit pas : nous ne gagnerons notre indépendance véritable que grâce à nos lecteurs. D’où les efforts consacrés à tisser une relation privilégiée avec notre audience, élément central dans la réussite du modèle d’abonnements de L’Orient-Le Jour. Forts de cette expérience, nous l’appliquerons à L’Orient Today, avec pour objectif d’atteindre l’équilibre financier en cinq ans. En dépendant de nos abonnés davantage que de la publicité, nous lions nos résultats à notre succès éditorial. Et ces abonnés seront souvent, comme en français, des Libanais de la diaspora, nous poussant à jouer le rôle de pont entre ceux qui sont partis et ceux qui sont restés.

L’Orient-Le Jour, avec ses publications, a pour objectif à long terme de tracer un nouveau chemin dans le paysage médiatique du Moyen-Orient. Alors que la plupart des médias connaissent l’effondrement financier ou la dépendance politique, notre groupe de presse tente de bâtir un modèle qui conjugue viabilité et indépendance. Aussi ambitieux que cela puisse paraître, nous devons bien ceci à Beyrouth, à l’aune de ce qu’elle représentait pour la presse et la liberté d’expression dans le monde arabe.

Le tableau que nous brosserons du Liban ces années à venir sera inévitablement sombre. Nous faisons néanmoins la promesse de chercher à donner de l’espoir quant à l’avenir du pays. Continuez de nous lire, envoyez-nous vos commentaires, et si vous appréciez notre travail, abonnez-vous. Le Liban a besoin du journalisme, et le journalisme a besoin de vous.

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Vous trouverez davantage de détails dans notre rapport annuel


Nayla de Freige, PDG, L’Orient-Le Jour

Michel Helou, Directeur Exécutif, L’Orient-Le Jour


Aujourd’hui plus que jamais, le journalisme est indispensable au Liban. C’est cette profonde conviction qui nous mène à annoncer, avec enthousiasme, le lancement de L’Orient Today, accessible dès maintenant sur www.lorient.today. Après quasiment cent ans de journalisme en français, nous avons voulu nous adresser, aussi,...

commentaires (5)

Bravo et bon courage pour la suite

Gurdon Zeina

17 h 14, le 16 octobre 2020

Tous les commentaires

Commentaires (5)

  • Bravo et bon courage pour la suite

    Gurdon Zeina

    17 h 14, le 16 octobre 2020

  • Un grand merci à OLJ. Grâce à vous et seulement à vous, je garde un contact avec mon pays natal pour avoir toutes les nouvelles bonnes ou mauvaises. Etant francophone, vous êtes le seul journal que je peux lire. De là où je suis, je dois consacrer chaque jour 1 heure de mon temps à lire l'OLJ. Merci pour tout ce que vous faites pour les lecteurs et pour le Liban.

    carlos achkar

    11 h 24, le 16 octobre 2020

  • Bravooo!!! Pour votre détermination et le courage que vous n'avez jamais cessé de manifester envers et contre toutes les turbulences! Bonne perspective pour les lecteurs anglophones et bon succès à votre journal qui offre aux francophones une lecture de chaque jour, indispensable à la survie dans ce Liban meurtri! Merci à tous les membres de l'OLJ sans exception!

    Zaarour Beatriz

    23 h 29, le 15 octobre 2020

  • UNE INITIATIVE POUR REUNIR TOUS LES LIBANAIS DES DEUX LANGUES DE LA DIASPOIRA ET DES RESIDENTS. BRAVO !

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    18 h 51, le 15 octobre 2020

  • Bravo à vous et bon courage ca va etre une success story vous allez toucher des millions de libanais anglophones Bonne route

    Elime 11

    14 h 36, le 15 octobre 2020