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Nos Lecteurs ont la Parole

Miracle ou mirage ?

Leur Liban et le mien. Entre ces deux mastodontes se dressent des montagnes et des vallées, séparant le Nord du Sud, l’utopie de la dystopie, leur rêve du mien, ma réalité de la leur.

Leur Liban est une terre ancrée dans le mal, qui puise dans les entrailles du vol une terre où fleurissent des épines, arrosées par le sang des victimes de ce régime anachronique.

Leur Liban est un cimetière de rêves où sont alignées les sépultures des espoirs déchus des âmes qui ont cru en ce pays.

Leur Liban est une terre où le parti domine la patrie, qui demeure à leur yeux l’objet d’une cruelle incurie.

Leur Liban est une dynastie d’horde de hyènes qui ont établi leurs trônes à chaque coin du pays, rongés par une envie déchirante de puiser dans les ressources de cette terre jusqu’à l’épuisement.

Leur Liban est une nation où se multiplient les propos vides et lénifiants qu’écoutent les oreilles désespérées d’un peuple abandonné.

Leur Liban est un “état “ où les droits de l’homme ne sont rien, à part de l’encre sur du papier.

Leur Liban est la scène d’un jeu politique où s’entretuent des arbitres qui définissent chacun sa propre règle du jeu.

Leur Liban est une terre où règnent l’obscurantisme, l’individualisme, le confessionnalisme, tout sauf la démocratie et la souveraineté du peuple, principes qui reposent comme la pierre angulaire d’une nation libre.

Aux antipodes de leur Liban, se trouve mon Liban.

Il m’appartient et ils ne peuvent pas le voler. Mon Liban est une terre bénie, habitée par la sainteté. Mon Liban est bercé par l’odeur matinale du café et par le souffle nocturne du jasmin.

Mon Liban reflète la joie de vivre et le goût de l’inattendu.

Mon Liban est un paradis sur terre, avec ses écrins de verdure et ses criques perdues. Mon Liban est une terre vierge, peuplée par des cœurs qui accueillent leurs frères et sœurs à bras ouverts. Mon Liban est cette odeur de cèdre vivifiante et cette brise estivale qui caresse mon visage. Mon Liban est la convivialité, la chaleur humaine et l’amour du prochain sans attendre de retour. Mon Liban abrite le savoir, la culture, l’éducation et la voix de la justice. Mon Liban a pour drapeau le patriotisme et pour hymne la liberté. Mon Liban est une éternelle résurrection, un ensemble de 10 452 cèdres, chacun représentant la résilience d’un peuple qui combat l’ennemi pour faire triompher l’idéal. Mon Liban est la voix de Feyrouz et les mots de Gebran Khalil Gebran. Mon Liban ne peut pas se décrire, il se sent dans les larmes du départ et les palpitations du retour.

Deux versions radicalement opposées qui convergent pourtant en un même objet, le Liban.

Nous sommes à mi-chemin, entre ces deux pôles. Après avoir enduré une dévaluation fulgurante de la livre libanaise, une corruption sans précédent, une pandémie qui a endigué le pays dans un gouffre plus hostile que jamais, une double explosion qui a détruit la capitale et laissé derrière elle des dégâts incommensurables, autant humains que matériels, nous nous trouvons au beau milieu des dunes.

L’oasis tant attendue se trace au loin. Mon Liban, miracle ou mirage ?


Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « courrier » n’engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement le point de vue de L’Orient-Le Jour. Merci de limiter vos textes à un millier de mots ou environ 6 000 caractères, espace compris.


Leur Liban et le mien. Entre ces deux mastodontes se dressent des montagnes et des vallées, séparant le Nord du Sud, l’utopie de la dystopie, leur rêve du mien, ma réalité de la leur.

Leur Liban est une terre ancrée dans le mal, qui puise dans les entrailles du vol une terre où fleurissent des épines, arrosées par le sang des victimes de ce régime anachronique.

Leur...

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