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Photographie

Koudelka à la BNF : le chaos des ruines antiques, un message pour notre époque

Des chaos de ruines antiques qui disent l’éphémère des civilisations : à la Bibliothèque nationale de France (BNF), les photographies panoramiques en noir et blanc de l’artiste franco-tchèque Josef Koudelka forment un ensemble majestueux et poétique qui invite à la contemplation.


Koudelka à la BNF : le chaos des ruines antiques, un message pour notre époque

Éleusis, Grèce. © Josef Koudelka/Magnum Photo

Connu pour avoir filmé les chars soviétiques à Prague en 1968, les Gitans, les ruines de la guerre civile à Beyrouth ou les vestiges de l’Empire soviétique, Josef Koudelka a voulu saisir les hauts lieux de la culture grecque et latine.

Le photographe qui vit entre la France et son pays natal a sillonné pendant près de trente ans quelque 200 sites de ruines, d’Évora au Portugal plus à l’ouest à Palmyre en Syrie plus à l’est, dans une zone centrée sur le pourtour méditerranéen.

Il a fait don à la BNF de 170 tirages de sa série « Ruines » dont une sélection d’une quarantaine, la plupart jamais montrées, est présentée dans une exposition, mise en valeur par une scénographie dépouillée et superbe sur fond noir.

Selon un protocole invariable, du printemps jusqu’à l’hiver, il voyageait dans ces lieux, s’y rendant à deux reprises au moins, dormant à la belle étoile, attendant la meilleure lumière, s’allongeant pour la meilleure pose entre les rochers. Puis rentré en France, il sélectionnait, jetait, ne gardait que le tirage le plus abouti.

Avec ses images à fleur de sol, étirées, en plongée ou en contre-plongée, Koudelka, dont Henri Cartier-Bresson disait qu’il « avait un œil de peintre », porte un regard inhabituel sur ces monuments transformés par le temps, la nature, l’homme et les désastres de l’histoire. Certains comme Palmyre, détruit par l’État islamique, ont encore changé depuis son passage.


Amman, Jordanie, 2012. ©Josef Koudelka/Magnum Photo


Pavés fendus, sols striés, rochers à vif : les premiers plans luisant au soleil ou dans la pénombre sont impressionnants. Plusieurs photos sont proches de l’abstraction.

« Koudelka n’a pas une vision romantique ou passéiste des ruines. La ruine pour lui, c’est le passé dans le présent, signe que tout autour de nous un jour sera une ruine. La figure humaine absente est toujours en creux dans ses photos », souligne à l’AFP la commissaire Héloïse Conésa, conservatrice au département des estampes et de la photographie de la BNF.

Soucieux de rendre compte de la perte des références culturelles, de la rupture de l’homme avec son contexte civilisationnel, « il lance une mise en garde en montrant des paysages au bord de l’affaissement », note la commissaire.

Josef Koudelka était venu au Liban en 2018 pour inaugurer l’exposition « Beirut/The Wall »* à Dar el-Nimer où se reflétaient deux de ses saisissantes séries.

« Je crois qu’il y a de grandes images et non pas de grands photographes, la photo étant le seul médium où un chef-d’œuvre résulte souvent d’un incident », avait-il déclaré lors d’un entretien avec L’Orient-Le Jour, en réponse à la question : Qu’est-ce qui fait un bon photographe ?

Et le photographe de préciser : « Ce qui explique sans doute pourquoi je n’ai jamais réellement eu de figures de référence dans le domaine, mais plutôt des images que j’aime. Ce sont celles dont il émane à la fois une forme de mysticisme qui se rapproche de celui de la poésie et une force qui permet de s’y retrouver. Les chefs-d’œuvre photographiques, ceux qui traversent le temps et que l’on continue d’aimer 50 ans après, sont d’ailleurs très rares dans une carrière. »

Source : AFP et rédaction L’OLJ



Connu pour avoir filmé les chars soviétiques à Prague en 1968, les Gitans, les ruines de la guerre civile à Beyrouth ou les vestiges de l’Empire soviétique, Josef Koudelka a voulu saisir les hauts lieux de la culture grecque et latine.

Le photographe qui vit entre la France et son pays natal a sillonné pendant près de trente ans quelque 200 sites de ruines, d’Évora au...

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