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Société - Explosions de Beyrouth

À l’école des Trois Docteurs, militaires libanais et français à pied d’œuvre

« Une rentrée scolaire classique, après tout ce qu’on a vécu, n’est pas réaliste », affirme la directrice de l’établissement à « L’OLJ ».

À l’école des Trois Docteurs, militaires libanais et français à pied d’œuvre

Le préau de l’école des Trois Docteurs à Gemmayzé a été fortement endommagé par la double explosion du 4 août. Photo Z.A.

Située en plein cœur du quartier de Gemmayzé, à Beyrouth, l’école des Trois Docteurs, un des plus anciens établissements scolaires de la capitale, a été fortement endommagée par la double explosion survenue dans le port, le 4 août. Construit en 1835, le bâtiment, qui se démarque par ses arcades et sa belle cour intérieure, accueille 190 élèves, toutes classes confondues. Depuis quelques jours, le régiment des travaux lourds de l’armée libanaise procède au déblaiement de l’établissement, en coopération étroite avec l’armée française, présente au Liban dans le cadre de l’« Opération amitié ».

Débris de verre et portes éventrées sont entreposés dans les halls de l’établissement, dont la plupart des murs sont entièrement fissurés. Le préau en fer de l’école, recouvert de verre, a été entièrement endommagé. C’est cette structure, qui menace de s’effondrer à tout moment, que les militaires travaillent à démonter depuis quelques jours. « Les colonnades de ce bâtiment historique sont intactes et les classes qui possèdent une structure en voûte ont résisté, se félicite Nayla Khoury Daoun, directrice de l’école. Par contre, les murs qui ont une structure plus régulière sont entièrement fissurés. Les armées française et libanaise sont en train de nous aider à sécuriser le site, car le préau est en train de s’effondrer et des morceaux de verre tombent sans arrêt dans la cour. Ils nous aident à déblayer et à évaluer les dommages », ajoute la directrice qui estime le coût de la reconstruction de l’école à 700 000 dollars au moins. L’établissement fait partie des écoles grecques-orthodoxes de Beyrouth. Il a été endommagé ainsi que l’école de l’Annonciation et l’école Zahret el-Ihsan, qui appartiennent au même réseau.

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Au vu de l’ampleur des dégâts, tant matériels qu’émotionnels, la rentrée scolaire à l’école des Trois Docteurs sera sans doute « conçue différemment cette année », selon la responsable. « Il faut penser aux besoins des enfants. Une rentrée scolaire classique, après tout ce qu’on a vécu, n’est pas réaliste, confie-t-elle à L’OLJ. Il faut penser à se reconstruire émotionnellement et moralement. Beaucoup d’enfants sont traumatisés. Peut-être une partie des enseignements se fera en ligne. » « Il y a également la question du Covid-19 à prendre en compte », ajoute Mme Khoury Daoun, assurant que « les parents sont solidaires ».

Les militaires français et libanais travaillent à découper et dévisser la structure défaillante. Photo Z.A.

« Capacités complémentaires »
Sur place, des spécialistes de la section des Fouilles opérationnelles spécialisées de l’armée française s’affairent sur le toit du bâtiment, aux côtés de militaires libanais. Retenus par des cordages et équipés de casques, ils découpent minutieusement le préau en métal. Ils auront besoin de cinq à six jours pour sécuriser l’établissement. Ces spécialistes font partie des quatre cents militaires français qui ont débarqué il y a une dizaine de jours au Liban pour prendre part, aux côtés de l’armée libanaise, aux travaux de déblaiement du port de Beyrouth et de plusieurs sites endommagés, dans le cadre de l’« Opération amitié » initiée par la France pour venir en aide à la capitale sinistrée. Les soldats français ont également contribué cette semaine au déblaiement de la gare routière Charles Hélou, située en face du port et fortement endommagée par les déflagrations.

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Le lieutenant-colonel Paul Lemaire, chef des opérations, supervise le bon déroulement des travaux à l’école des Trois Docteurs. « Nous sommes en train de découper et de dévisser la structure qui menace la bâtisse. Nous travaillons main dans la main avec l’armée libanaise. Nos équipes s’entendent très bien, nos capacités sont complémentaires. L’objectif est d’apporter la meilleure aide possible aux forces armées libanaises », indique-t-il à L’OLJ.

Le colonel Youssef Haïdar, responsable du régiment des travaux lourds de l’armée libanaise, travaille d’arrache-pied avec les militaires français au déblaiement de cette école ainsi que de plusieurs établissements scolaires du secteur. Les militaires ont déjà nettoyé l’école du Sacré-Cœur de Gemmayzé et pourraient bientôt contribuer au déblaiement de l’école secondaire des Filles de la Charité, du Sioufi College, du collège de la Sagesse, de l’école Sainte-Anne des sœurs de Besançon, de l’école Notre-Dame de Nazareth et du collège Saint-Grégoire. Mais leur mission la plus ardue sera de déblayer le port de Beyrouth... « Avec l’armée française, nous avons déjà nettoyé de nombreuses ruelles. D’ailleurs, toute la ville a besoin de réaménagement. Mais notre chantier principal est le port, confie le colonel Haïdar. Nous avons commencé aujourd’hui (hier) le travail dans le port. Nous ne savons pas combien de temps ce chantier nécessitera, d’autant plus que nous devons nous plier aux exigences des enquêteurs sur le terrain », ajoute-t-il.


Située en plein cœur du quartier de Gemmayzé, à Beyrouth, l’école des Trois Docteurs, un des plus anciens établissements scolaires de la capitale, a été fortement endommagée par la double explosion survenue dans le port, le 4 août. Construit en 1835, le bâtiment, qui se démarque par ses arcades et sa belle cour intérieure, accueille 190 élèves, toutes classes confondues. Depuis...

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L,APOCALYPSE PERSAN.

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

10 h 23, le 23 août 2020

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  • L,APOCALYPSE PERSAN.

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    10 h 23, le 23 août 2020

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