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Cinéma

Covid-19 vs amour 2.0

Basé sur un scénario d’Alexandre Najjar et réalisé par Farah Chaya, le court-métrage « Corona Days » raconte une histoire d’amour contrariée par le confinement. Il sera diffusé ce soir à la télévision*.

Covid-19 vs amour 2.0

Josyane Boulos et Nada Abou Farhat, deux mamans poules dans « Corona Days », court-métrage de Farah Chaya. Photo DR

C’est le jour des dix-huit ans de Lamia (Yara Zakhour). Walid (Nicolas Toubia), son amoureux, tient absolument à déposer un chaste baiser sur ses lèvres. Comment va-t-il s’y prendre pour la rejoindre en cette période de confinement forcé et quelles sont les personnes qui vont lui venir en aide ou lui barrer le chemin ? Il y a bien sûr les deux mamans complètement hermétiques à ce projet qui tombe très mal en temps de pandémie : l’une, infirmière de son métier (Nada Abou Farhat), craint la maladie à force de l’avoir côtoyée ; l’autre est hypocondriaque (Josyane Boulos) et obsédée par la transmission du virus. Mais il y a aussi un grand-père (Michel Jabre), commerçant un peu mafieux ; un chauffeur de taxi (Wissam Kamal) désespéré de la situation économique ; un agent de la circulation (Badih Abou Chakra) qui se remémore sa jeunesse et ses amours ; et, last but not least, sœur Émilie Jérôme de l’Enfant Jésus, Cyril Jabre et Nadim Chammas dans le rôle des professeurs qui triment pour donner des cours en ligne... Toute une galerie de personnages qui constituent un microcosme de la société libanaise face à un acteur principal, le virus du Covid-19 qui a chamboulé toutes ces vies.


Josyane Boulos et Nada Abou Farhat, deux mamans poules dans « Corona Days », court-métrage de Farah Chaya. Photo DR


10 monologues et deux Zoom

Le scenario était au départ composé de 10 monologues – où les acteurs s’adressent directement à la caméra – qu’Alexandre Najjar avait conçus pour qu’ils se suivent, entrecoupés uniquement par deux scènes de classe virtuelle sur l’application Zoom. « Mais, précise la réalisatrice Farah Chaya, comme ce projet était au départ experimental, avec une manière inédite d’aborder le sujet, parce que réalisé durant le confinement et que chaque acteur devait se filmer seul chez lui, à l’aide d’un smartphone ou d’une webcam, nous étions d’accord pour qu’un changement s’opère durant le montage si je jugeais cela productif. C’est exactement ce qui s’est passé. » Monteuse de formation, Chaya décide de changer l’ordre des monologues. « Ils ne seront pas énoncés d’un seul trait, en se suivant, comme l’avait prévu le scénariste, mais seront mélangés les uns aux autres, avec une forme de parallélisme entre un récit et l’autre. Le spectateur mettra un peu plus de temps à comprendre, car le lien se fera plus tard pour reconstituer l’histoire et l’implication de chaque personnage par rapport à la situation initiale. »

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Farah Chaya, qui travaille depuis 10 ans dans le montage et la réalisation, avoue que réaliser un court-métrage reste, dans l’absolu, un procédé assez compliqué. « Il faut écrire le texte, trouver le metteur en scène, le producteur, les acteurs, avoir un budget suffisant. Un chemin long et ardu. On s’était toujours dit, entre collègues, que l’on pouvait facilement réaliser un film sur smartphone, mais on ne l’avait encore jamais tenté. Et voilà qu’Alexandre Najjar nous proposait ce scénario. C’était pour moi l’occasion rêvée de réaliser ce que j’avais toujours voulu faire. » Les acteurs, réticents au départ, ont été très courageux et très coopératifs. Introduire l’idée de la classe en Zoom a permis d’aborder les problèmes qu’ont dû affronter tous les élèves de l’enseignement à distance : que ce soit une mauvaise connexion internet, un professeur qui s’oublie ou un élève qui s’endort. Mais Corona Days met aussi l’accent sur plusieurs faits de société et certaines injustices vécues lors de la pandémie ; l’infirmière qui se demande pourquoi soudain elle a tant d’importance aux yeux des gens, le chauffeur de taxi qui se voit privé de son boulot, le salaire de l’agent de police en chute libre qui le convainc de rejoindre les bancs de la révolution... Josyane Boulos, actrice et productrice, parle d’une expérience inédite, émotionnellement et socialement gratifiante. « D’abord, dit-elle, c’était un véritable exutoire durant cette période difficile, c’était aussi très étrange de réaliser ce film sans qu’aucun des acteurs ou actrices se rencontrent jamais. Nous avons fait connaissance avec les jeunes après le confinement, au moment où le film avait été monté, terminé et qu’il fallait se retrouver pour des questions de dernières formalités. Je les connaissais sans les connaître. » Et d’ajouter : « C’était un tournage à distance, un aller-retour de scènes et de corrections. Farah Chaya a fait un travail extraordinaire.

Elle a réalisé le montage, a écrit les textes sur les images, les renvoyait aux acteurs afin qu’ils les lisent chacun à leur tour... » Au final, Corona Days est une comédie mais aussi un témoignage qui documente la vie au quotidien de plusieurs personnages de différentes générations et backgrounds en temps de pandémie au Liban. Pour ne pas oublier ce que le pays a traversé… en espérant en rire un jour.

*Première diffusion ce soir mardi 4 août, à 22h30, sur la chaîne MTV Liban.


C’est le jour des dix-huit ans de Lamia (Yara Zakhour). Walid (Nicolas Toubia), son amoureux, tient absolument à déposer un chaste baiser sur ses lèvres. Comment va-t-il s’y prendre pour la rejoindre en cette période de confinement forcé et quelles sont les personnes qui vont lui venir en aide ou lui barrer le chemin ? Il y a bien sûr les deux mamans complètement hermétiques à ce...

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