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Conseil des ministres

Audit de la BDL : feu vert pour la signature des contrats de KPMG et Oliver Wyman, celui d'Alvarez & Marsal amendé

Le projet de loi sur l'exemption des frais de mécanique des véhicules pour les années 2020 et 2021 approuvé.

Audit de la BDL : feu vert pour la signature des contrats de KPMG et Oliver Wyman, celui d'Alvarez & Marsal amendé

Réunion du Conseil des ministres présidée par le chef de l'Etat, Michel Aoun (c), le 28 juillet 2020 au palais présidentiel de Baabda. Photo Dalati et Nohra

Le gouvernement libanais, réuni mardi en Conseil des ministres au palais présidentiel de Baabda, a donné son feu vert au ministre des Finances, Ghazi Wazni, pour signer les contrats avec le réseau néerlandais KPMG et l'Américain Oliver Wyman pour le volet comptable de l'audit de la Banque du Liban (BDL) que le gouvernement souhaite lancer depuis avril dernier. Toutefois, le contrat qui porte sur la société Alvarez & Marsal, choisie la semaine dernière par l'exécutif pour l’aspect juricomptable (forensic audit) de l’audit de la BDL, a été amendé et doit encore être approuvé par la compagnie avant sa signature. Contacté par L'Orient-Le Jour, le ministère des Finances n'a pas fourni de détails sur les amendements en question. Toutefois, la ministre de la Justice, Marie-Claude Najem, s'est contentée d'indiquer que "le ministre des Finances va amender le contrat et le signer avec Alvarez & Marsal, après l'avis du comité de législation et de consultation au ministère de la Justice".

Selon des informations de notre correspondante Hoda Chedid, ce cabinet, dont les rapports seront confidentiels, sera autorisé à auditer les comptes et les ingénieries financières de la BDL de 2015 à aujourd'hui. Le montant du contrat s'élève à plus d'un million de dollars.

L’audit de la BDL, ainsi qu'une loi sur le contrôle des capitaux, font partie des principales mesures que le Fonds monétaire international (FMI) souhaite voir adoptées avant de pouvoir répondre favorablement à la demande d’assistance financière formulée par le Liban début mai, alors que le pays continue de s'enfoncer dans la pire crise économique de son histoire moderne.

L'édito de Michel Touma

La preuve par neuf

Lundi, notre correspondante Hoda Chedid avait indiqué que le projet d'accord avec Alvarez & Marsal, que devait présenter aujourd'hui le ministre des Finances, n'était pas prêt, notant qu'une controverse pourrait émerger sur ce sujet car cette société n'a jamais effectué d'audit juricomptable d'aucune banque centrale. Selon des sources informées citées par notre correspondante, ce forensic audit pourrait, plus largement, buter sur des obstacles juridiques, notamment la loi sur le secret bancaire et le Code de la monnaie et du crédit, qui pourraient interdire de prendre connaissance des comptes.

Selon des informations de la chaîne locale LBCI, la ministre des Déplacés, Ghada Chreim, a demandé que le gouvernement propose son texte sur le contrôle des capitaux. Il a été décidé d'attendre, le temps de connaître le sort du texte sur ce sujet qui est examiné par le Parlement.

Exemption des frais de mécanique
Par ailleurs, le gouvernement a approuvé le projet de loi relatif à l'exemption pour l'ensemble des véhicules des frais de mécanique annuels pour les années 2020 et 2021 et des amendes attenantes, pour ceux ayant payé les frais pour les années 2019 et 2020. Les véhicules munis de plaques d'immatriculation dites "spéciales" (avec moins de six chiffres ou sans lettre, NDLR), ne pourront pas bénéficier de cette exemption. Ce texte, annoncé mercredi dernier par le ministre de l’Intérieur, Mohammad Fahmi, doit être transmis au Parlement et soumis au vote.

Le gouvernement a également approuvé le texte de la proposition de loi sur la levée du secret bancaire sur les comptes des personnes politiquement exposées, adoptée par le Parlement le 28 mai dernier. Certaines voix avaient alors estimé que cette loi avait été vidée de son contenu après que la mention : "Toutes les autorités judiciaires dans le cadre d’une enquête" (sous-entendu, ont le droit de demander la levée du secret bancaire) ait été retirée.

Il a également approuvé la loi de 2017 sur l'accès à l’information.

"Mafias"
En début de réunion, le Premier ministre a dénoncé l'"immoralité" de certaines "mafias politiques et/ou commerciales" dans les secteurs des stations-service, des carrières, des denrées alimentaires, ainsi que dans les secteurs hospitalier et éducatif. "Il faut faire preuve de fermeté avec ces mafias qui jouent avec le destin du pays, et provoque l'Etat ainsi que ses citoyens", a-t-il ajouté.

Dans ce même ordre d'idées, le président de la République, Michel Aoun, a insisté sur l'importance de la question de la sécurité alimentaire, saluant les perquisitions menées ces derniers jours dans plusieurs entrepôts où étaient stockés de grandes quantités de viande, de poulet et de poisson périmés et appelant à des "sanctions fortes" contre les responsables de ces infractions. Sur le plan judiciaire, le chef de l'Etat a réclamé que la justice accélère le rendu de ses jugements, estimant qu'"une justice tardive n'est pas une justice".

"Auprès de qui pouvons-nous nous plaindre ?"
Intervenant durant la réunion, la vice-présidente du Conseil, la ministre de la Défense Zeina Acar, s'est interrogée sur les obstacles qui empêchent le gouvernement de mettre ses décisions à exécution. "Nous sommes le gouvernement, nous prenons les décisions. Pourquoi celles-ci ne sont-elles pas rapidement appliquées ?", a-t-elle dit. Elle a estimé qu'il fallait prendre des mesures "courageuses et immédiates afin de faire le nécessaire". "Si nous devons fermer des lieux qui violent la loi, cela doit être immédiatement fait", a-t-elle insisté. Mme Acar a enfin rappelé que "le gouvernement est tenu de produire et de travailler". "Auprès de qui pouvons-nous nous plaindre ? Nous sommes le gouvernement, la décision est entre nos mains, et la responsabilité nous incombe", a-t-elle conclu. 

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En outre, le ministre de l'Energie, Raymond Ghajar, a commenté la pénurie de carburant qui provoque des rationnement du courant électrique fourni par l'Etat ainsi que par les propriétaires des générateurs privés. "Les propriétaires de générateurs privés ont assez de mazout, et ils demandent constamment à ce que leurs tarifs soient revus à la hausse. Mais les citoyens ont des droits que nous devons préserver", a-t-il affirmé. Sur ce sujet, Hassane Diab a indiqué avoir confié à l'armée et aux forces de sécurité de superviser les opérations de livraison des carburants.

Le ministre a également justifié le rationnement accru depuis hier dans la fourniture du courant électrique par une panne "technique de grande ampleur dont la réparation nécessite du temps". Electricité du Liban, l'office qui gère le courant électrique du pays, a indiqué qu'en effet une panne à la centrale de Jiyyé, au sud de Beyrouth, a provoqué une interruption de plus grande ampleur qui touche tout le territoire. L'office explique que ses équipes de maintenance s'affairent à remédier à ce problème.

Par ailleurs, la ministre du Travail, Lamia Yammine, a demandé à ce que le gouvernement travaille sur la question de la revalorisation des salaires. Le Premier ministre a chargé le ministre des Finances d'examiner le sujet.

Lors du Conseil des ministres, Hassane Diab s'est également prononcé sur la visite du chef de la diplomatie française à Beyrouth la semaine dernière. Il a affirmé que celle-ci n'avait "rien apporté de nouveau", ajoutant que ce dernier "manquait d'informations sur le train de réformes du gouvernement". Dans un premier commentaire officiel concernant les bombardements israéliens contre le Liban-Sud lundi, Hassane Diab a qualifié ces actes de "dangereuse escalade militaire" et a dit craindre "un dérapage de la situation dans les prochains jours".


Le gouvernement libanais, réuni mardi en Conseil des ministres au palais présidentiel de Baabda, a donné son feu vert au ministre des Finances, Ghazi Wazni, pour signer les contrats avec le réseau néerlandais KPMG et l'Américain Oliver Wyman pour le volet comptable de l'audit de la Banque du Liban (BDL) que le gouvernement souhaite lancer depuis avril dernier. Toutefois, le contrat qui...

commentaires (2)

C’est bizarre on en croit pas un mot sur la signature et on attend à ce qu’ils leur trouvent un truc qui cloche pour tout arrêter, des fois qu’ils arrivent à trouver une solution pour le pays en épluchant les comptes. Ça sera contre productif pour les voleurs.

Sissi zayyat

17 h 46, le 29 juillet 2020

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Commentaires (2)

  • C’est bizarre on en croit pas un mot sur la signature et on attend à ce qu’ils leur trouvent un truc qui cloche pour tout arrêter, des fois qu’ils arrivent à trouver une solution pour le pays en épluchant les comptes. Ça sera contre productif pour les voleurs.

    Sissi zayyat

    17 h 46, le 29 juillet 2020

  • Avec tout les super qualifiés technocrates de ce cabinet on finira par dépenser les quelques sous qui nous restent sur des conseillers des auditeurs et des commissions sans jamais voir de résultats concrets... Ces 3 derniers pour cent vont nous coûter la vie!!!

    Wlek Sanferlou

    18 h 17, le 28 juillet 2020