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Nos Lecteurs ont la Parole

Cent ans après le Grand Liban, nous pleurons notre tendre maman

Cher(e)s ami(e)s français(es),

Vous célébrez le 14 juillet 2020 votre fête nationale et nous fêterons le 1er septembre 2020 le centenaire de notre défaite nationale.

Car le Grand Liban risque d’être anéanti par les petits Libanais.

Le patriarche Howayek et le général Gouraud n’auraient pas dû se fier à notre éventuelle maturité.

Comment laisser des enfants patauger dans des rêves... sanglants ?

Voici le bilan…

- La première quinzaine, de 1975 à 1990 : trois cent mille tués parmi les combattants et les civils sur les trois millions qui forment la population dans une guerre prétendue civile et qui est celle des autres, celle de la Palestine et de toute la oumma sur notre territoire.

Le martyre de Bachir Gémayel qui fut « l’esprit d’un peuple » mais surtout son espoir. Autour des valeurs qu’il représente, le peuple libanais opère sa première identification périlleuse et réussie. Le moment est celui de l’union historique vite oubliée après le cataclysme de son assassinat.

S’ensuivirent des torrents de sang, la dépréciation catastrophique de la livre libanaise et la démolition entière du pays.

La deuxième quinzaine, de 1990 à 2005 : la reconstruction titanesque du Liban, le retour des expatriés et l’afflux des touristes, l’acheminement vers la résolution 1559 puis le deuxième cataclysme, celui du martyre de Rafic Hariri, le bâtisseur de Beyrouth.

La révolution du Cèdre rassemble des millions de Libanais et de Libanaises qui pleurent l’homme de la paix, revendiquent la fin de l’occupation syrienne et se reconnaissent frères et sœurs dans une deuxième étape d’identification et de maturité.

Rien n’arrête les Libanais. Pourtant, des explosions hebdomadaires ciblent les intellectuels et leaders du 14 Mars et en font de nouveaux martyrs.

Le 26 avril 2005, l’occupant syrien se retire du territoire et du paysage libanais. C’est la deuxième indépendance du Liban.

- La troisième quinzaine de 2005 à 2020 : les deux camps du 14 et du 8 Mars s’affrontent. Le Liban-message des 18 communautés devient malgré tout, mise à part la guerre de juillet 2006 qui laisse de graves séquelles dans tous les secteurs, une des destinations les plus prisées du monde.

Quinze ans de répit malgré l’occupation interne, pourrions-nous dire. Vite rattrapés par les impôts excessifs, l’absence de réformes et de politique de distanciation, la crise économique, que rien n’arrive à freiner.

Le 17 octobre 2019, déclenchement de la révolution libanaise ou de la troisième indépendance et troisième moment d’identification pour les citoyen(ne)s libanais(es) cette fois-ci, tous confessions, couches sociales et membres des différents partis politiques confondus. Les gaz lacrymogène et balles de caoutchouc mutilent les membres mais n’altèrent jamais le souffle des insurgés.

Avant et pendant la pandémie et le confinement imposé, les mafias dirigeantes ne chôment pas. Leur programme exécuté à la lettre : la chute abyssale de la livre libanaise, le pillage massif des dépôts bancaires fignolé par le gouvernement, la BDL et les banques, la paupérisation de la classe moyenne, la fermeture des institutions et enseignes prestigieuses, l’effondrement du pouvoir d’achat et de l’économie libanaise.

De nouveau, des vagues d’émigration massives explosent entre les deux vagues du Covid-19.

Le troisième cataclysme est d’ordre économique. Des gens du troisième âge acculés à cultiver leur jardin au sens propre, après l’avoir cultivé au sens figuré et en avoir raté toutes les récoltes.

Un peuple très attaché à sa dignité, invité à courber l’échine pour cultiver... l’humiliation, retirer des sommes dérisoires de ses propres comptes et économies confisqués afin de payer le strict nécessaire à sa survie.

Oui, cent ans après le Grand Liban, nous pleurons notre tendre maman. Aidez-nous à survivre, bon sang.

Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « courrier » n’engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement le point de vue de L’Orient-Le Jour. Merci de limiter vos textes à un millier de mots ou environ 6 000 caractères, espace compris.


Cher(e)s ami(e)s français(es),

Vous célébrez le 14 juillet 2020 votre fête nationale et nous fêterons le 1er septembre 2020 le centenaire de notre défaite nationale.

Car le Grand Liban risque d’être anéanti par les petits Libanais.

Le patriarche Howayek et le général Gouraud n’auraient pas dû se fier à notre éventuelle maturité.

Comment laisser des...

commentaires (1)

Notre indépendance et notre patrie ont été fondées sur du sable mouvant , la religion c est l opium du peuple disait Mao Tse Toung

Robert Moumdjian

01 h 06, le 16 juillet 2020

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Commentaires (1)

  • Notre indépendance et notre patrie ont été fondées sur du sable mouvant , la religion c est l opium du peuple disait Mao Tse Toung

    Robert Moumdjian

    01 h 06, le 16 juillet 2020