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Société - Manifestation du 6 juin

À Saïda, la contestation se démarque du mouvement et de ses slogans

Les protestataires, qui prévoient une « marche de la colère » vendredi soir, réclament un gouvernement de transition qui, lui, veillera à l’organisation de législatives anticipées, et n’appuient pas la revendication portée par certains pour l’application de la 1559.

À Saïda, un des épicentres du mouvement de contestation du 17 octobre 2019, la mobilisation populaire sera aussi relancée cette fin de semaine. Mais, vendredi, alors que plusieurs groupes d’opposants au pouvoir en place s’apprêtent à investir samedi la place des Martyrs, dans le centre-ville de Beyrouth, dans une tentative de rallumer la flamme de ce qu’il est désormais convenu d’appeler la révolution du 17 octobre. Les protestataires de Saïda ne se sentent pas en phase avec leurs camarades de Beyrouth pour deux raisons principales, selon des sources proches des manifestants : les collectifs à l’origine de l’appel à la manifestation du 6 juin n’ont pas coordonné avec eux, comme à leur habitude, et les slogans proposés pour le rassemblement sur la place des Martyrs ne ressemblent pas à ceux qui étaient brandis par la rue en octobre et novembre dernier, et qui étaient essentiellement axés sur la corruption et la chute de la structure politique qui la cautionne et qui en tire profit.

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Les organisateurs du rassemblement prévu vendredi à 18h à la place Élia contestent ainsi l’appel à des élections législatives anticipées et à l’application des résolutions 1559 et 1701 du Conseil de sécurité, qui prévoient un désarmement de tous les groupes armés. Samedi dernier, des manifestants rassemblés devant le Palais de justice avaient appelé à la mise en vigueur de la 1559. Une première depuis le début du mouvement de contestation. Selon les mêmes sources, « la rue à Saïda n’a jamais été favorable à l’organisation de législatives anticipées, en l’absence d’une loi électorale équitable. La tenue du scrutin sur base de la loi actuelle ne fera que produire le même Parlement ». De mêmes sources, on considère aussi que « le problème véritable au Liban ne se situe pas au niveau des armes du Hezbollah, mais au niveau de la corruption et de toute la structure qui la cautionne ». « Ceux qui portent ce genre de slogans ont sans doute un agenda politique douteux qu’ils souhaitent transposer dans la rue, dans une tentative de l’instrumentaliser. Ce n’est pas la première fois que des groupes déterminés avec des agendas politiques précis essaient d’infiltrer la rue, mais celle-ci est restée imperméable à toutes leurs tentatives. Notre lutte doit continuer d’être dirigée contre la corruption », insiste-t-on de mêmes sources.

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L’appel au rassemblement de demain a d’ailleurs pour intitulé : « La chute de la structure corrompue : élevons la voix contre la politique de corruption. » Les organisateurs prévoient un rassemblement devant la branche de la Banque centrale à Saïda puis « une marche de la colère dans les quartiers de la ville pour arriver jusqu’à la place Élia ». Après une série de réunions au cours des derniers jours, les contestataires de Saïda se sont retrouvés hier matin pour d’ultimes assises qui ont débouché sur la publication d’un communiqué dans lequel ils ont réaffirmé leur opposition à l’organisation d’élections parlementaires anticipées dans les circonstances politiques actuelles. « L’appel à des législatives anticipées est porté depuis octobre par les collectifs de la révolution. Il était cependant conditionné à la mise en place d’un gouvernement de transition qui inspire confiance et qui établira une nouvelle loi électorale équitable, garantissant une représentation authentique des électeurs. La tenue d’élections anticipées dans les circonstances actuelles et en présence de ce gouvernement ne sera qu’un moyen pour donner une nouvelle légitimité aux forces qui composent le pouvoir », souligne le texte.

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Affirmant qu’ils ne veulent pas s’engager dans des polémiques autour de l’identité des organisateurs de la manifestation du 6 juin, les contestataires de Saïda ont dit « ne pas vouloir cautionner un événement qui pourrait être exploité de manière déplacée au niveau médiatique ». Ils ont insisté sur le fait que leurs revendications portent toujours sur la mise en place d’une magistrature indépendante, capable de lancer le processus devant permettre de récupérer les fonds détournés et la formation d’un gouvernement de transition qui se chargera d’élaborer une loi électorale équitable.

À Saïda, un des épicentres du mouvement de contestation du 17 octobre 2019, la mobilisation populaire sera aussi relancée cette fin de semaine. Mais, vendredi, alors que plusieurs groupes d’opposants au pouvoir en place s’apprêtent à investir samedi la place des Martyrs, dans le centre-ville de Beyrouth, dans une tentative de rallumer la flamme de ce qu’il est désormais convenu...
commentaires (5)

Les révolutionnaires de Saida s'insurgent contre les corrompus et la corruptions mais il ne faut en aucun cas toucher aux armes du Hezbollah qui protègent justement les corrompus, sont utilisées pour piller les caisses de l’état, etc... Ce ne sont pas ceux qui réclame de contrôler la source de l;a corruption qui ont un agenda politique, mais bien ceux qui refusent tous changements profonds et essentiels pour remettre le pays sur ses pieds. Il est clair que ces gens la sont des adeptes des Oussama Saad et compagnie qui ont eux un agendas politique et dont le rôle est justement de casser la révolte du peuple. Qu'ils prennent exemple de Tripoli au lieu de tergiverser. Ce gouvernement est mort né et vogue vers un échec total.

Pierre Hadjigeorgiou

11 h 58, le 04 juin 2020

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Commentaires (5)

  • Les révolutionnaires de Saida s'insurgent contre les corrompus et la corruptions mais il ne faut en aucun cas toucher aux armes du Hezbollah qui protègent justement les corrompus, sont utilisées pour piller les caisses de l’état, etc... Ce ne sont pas ceux qui réclame de contrôler la source de l;a corruption qui ont un agenda politique, mais bien ceux qui refusent tous changements profonds et essentiels pour remettre le pays sur ses pieds. Il est clair que ces gens la sont des adeptes des Oussama Saad et compagnie qui ont eux un agendas politique et dont le rôle est justement de casser la révolte du peuple. Qu'ils prennent exemple de Tripoli au lieu de tergiverser. Ce gouvernement est mort né et vogue vers un échec total.

    Pierre Hadjigeorgiou

    11 h 58, le 04 juin 2020

  • Des élections législatives anticipées dans cette atmosphère si tendue et on s'attend à ce que les résultats soient acceptés par les camps adverses . ?? Lol !!!! par ailleurs accuser le gouvernement d'être celui du parti chiite , est un argument de surenchère politique ; les décisions déjà prises par le gouvernement ne sont pas prises à l'unanimité et certaines sont sujettes à beaucoup de rediscussions . Au moins ce gouvernement se réunit et travaille malgré les jours si durs .

    Lecteurs OLJ 2 / BLF

    11 h 40, le 04 juin 2020

  • « le problème véritable au Liban ne se situe pas au niveau des armes du Hezbollah, mais au niveau de la corruption et de toute la structure qui la cautionne ». Il faut être logique: on ne peut pas rejeter un système sans d'abord rejeter ce qui l'impose. Si nous avons droit à un gouvernement politique, donc inefficace en matière de lutte contre la corruption, au lieu du gouvernement indépendant réclamé et promis, c'est bien au Hezbollah et la crainte qu'il inspire que nous le devons. De plus, le Liban a besoin pour sortir la tête de l'eau, d'une aide extérieure, laquelle ne lui sera accordée que s'il inspire confiance (donc lutte contre la corruption, ce qui est impossible sous la domination hezbollahi) et respecte les décisions onusiennes.

    Yves Prevost

    07 h 13, le 04 juin 2020

  • oui ,c'est bien la corruption du système qu'il faut anéantir et ceux qui la maintienne ,qu'il faut balayer! J.P

    Petmezakis Jacqueline

    06 h 24, le 04 juin 2020

  • Cette pseudo-révolution ne pourra jamais s'unir, au grand jamais , elle porte en soi les relents d'une guerre civile, et cecci depuis le 17 octobre même !A suivre

    Chucri Abboud

    02 h 04, le 04 juin 2020

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