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Le duo armée/intifada seul espoir du Liban

Fumistes sont ceux qui pensent qu’il est possible de créer un État au vrai sens du terme et/ou de le réformer alors que le Liban est sous la mainmise de la République islamique d’Iran via le Hezbollah.

Le problème du Liban avec l’Iran est existentiel et fondamental, dans ce sens qu’il existe en soi et n’est pas une excroissance du conflit qui oppose l’Amérique de Trump et ses alliés régionaux, d’une part, à l’Iran et ses satellites, d’autre part.

Les symptômes de la maladie sont économiques, financiers, monétaires, sociaux. Sa réalité est politique et nationale : le Liban en tant qu’entité et État est en péril.

Il n’y a pas de solution économique à la catastrophe libanaise. La seule solution est de recouvrer la souveraineté du Liban en tant qu’entité et État. Cela nécessite, en premier lieu, que le Hezbollah rende ses armes à l’armée libanaise.

Après avoir débarrassé le Liban des armes illégales, une autorité de transition devrait être établie, à l’instar du cas soudanais. Elle devrait suspendre la Constitution et cureter l’État de la corruption qui le ronge pour revenir dans une phase ultérieure à l’application de la Constitution.

La régénération du pouvoir étatique ne peut pas s’opérer par les voies démocratiques et constitutionnelles tant que le Hezbollah est en armes (gouvernement de technocrates indépendants, des élections anticipées, un pouvoir judiciaire indépendant...).

Les composantes du système de corruption et de pouvoir sont : les politiciens du pouvoir, l’État profond, le gouvernorat de la Banque du Liban et la majorité des banquiers dans des positions d’influence.

L’intérêt des soi-disant leaders est de se préserver mutuellement, en dépit de leurs querelles intestines, souvent dues à leur boulimie du pouvoir et de l’argent.

Au Liban, l’État est virtuel : les tenants du pouvoir contrôlent ses articulations et prennent les décisions en dehors de ses institutions qui ne servent qu’à les entériner et à les mettre en œuvre. Toute cette classe politique se meut sous la houlette et le contrôle du Hezbollah.

Non seulement le Hezbollah est corrompu, mais de plus, il sponsorise le système de corruption, contrôle les contradictions des partis au pouvoir. Ce modus operandi dans la gestion de la classe politique lui est dictée à ce stade par la nécessité de préserver son projet stratégique. Ultérieurement, il pourrait ne plus tenir compte des « réalités libanaises ».

Le trio (Hariri, Geagea, Joumblatt) se contente de faire une politique d’opposition qu’il qualifie de « responsable » sous la houlette du Hezbollah, et ce pour conserver ses « acquis » au sein de l’appareil étatique et si possible en acquérir d’autres.

Sournoisement, ce trio, quoiqu’il s’en défende, continue à contribuer à l’utilisation par le Hezbollah de l’État comme bouclier face aux attaques de ses « ennemis » et par la gente politique dont il fait partie, en tant que vache laitière.

Hariri tente de reprendre la présidence du gouvernement. Il aguiche le Hezbollah en se targuant d’être seul capable d’assurer l’aide économique étrangère au Liban.

Geagea entretient l’ambiguïté concernant sa position envers le Hezbollah. Il cherche cependant à passer un accord sous la table avec lui parce qu’il croit à tort que le « parti de Dieu » continuera à peser dans l’arène politique libanaise même dans des conditions régionales qui lui seraient défavorables et qu’il l’accepterait en tant que président de la République.

Joumblatt, maître-équilibriste dans la jungle politique libanaise, serait très probablement le seul parmi les trois à pouvoir survivre au naufrage du Titanic libanais en raison de la particularité de la structure socio-politique druze.

La meute politique libanaise est pratiquement dans un état de mort clinique. Elle possède néanmoins des éléments de force : l’argent, le soutien extérieur et son ancrage dans l’État profond.

Le gouvernement Diab est le gouvernement du Hezbollah par excellence. Qui nomme ordonne. C’est le Hezbollah qui nomme : il est le plus fort car il possède les armes et la soumission de la gent politique.

L’Amérique de Trump fait obstacle à la fourniture d’aides économiques étrangères au Liban. Le Hezbollah n’en veut pas non plus car ses aides sont serties de conditions qu’il considère dangereuses pour lui. Le débat concernant le Fonds monétaire international, la CEDRE et autres est donc vain.

Le problème du Liban ne réside pas dans le choix du système politique libanais le plus approprié à son infrastructure socio-politique, comme d’aucuns cherchent, de bonne ou de mauvaise foi, à le présenter : système fédéral, confédéral, participatif (power sharing), laïc... Le problème est ailleurs : qui détient le pouvoir ?

La réponse est claire : l’Iran à travers le Hezbollah et en sous-main la meute politique libanaise toutes tendances confondues.

Il est faux de lier le communautarisme à la corruption. Certes, les mauvaises pratiques confessionnelles de la gent politique y sont pour beaucoup. Mais la corruption est liée à la structure socio-politique du Liban que le dernier moutassaref Ohannes Pacha Kouyoumjian décrit comme un « mélange hybride de féodalisme aryen et de tribalisme sémite ». Les anciennes et nouvelles familles politiques en sont l’expression.

Concentrer l’attaque sur l’un peut profiter à l’autre et faire entrer l’intifada dans les méandres des relations conflictuelles du pouvoir.

L’intifada devrait se méfier de l’entrisme que pratiquent les partis du pouvoir dans les groupes révolutionnaires et les manifestations de masse afin de l’exploiter et/ou la phagocyter et/ou en abuser.

Les actions qui embarrassent l’armée (coupure des routes, destruction de propriétés privées…) devraient être bannies. Elles réalisent les objectifs du pouvoir en mettant l’armée face à l’intifada.

Aujourd’hui, le Hezbollah veut gagner du temps pour que l’Iran et lui avec sortent de la situation dangereuse générée par la politique agressive de Trump à leur encontre.

L’Iran mise sur les conséquences de la pandémie du Covid-19, espérant qu’elles porteraient Joe Biden, le rival démocrate de Trump, aux commandes des USA et par suite au retour à la politique conciliante d’Obama à son égard.

En tout état de cause, l’intifada est appelée à se préparer à toutes les éventualités, s’organiser et définir clairement son positionnement politique et national.


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Fumistes sont ceux qui pensent qu’il est possible de créer un État au vrai sens du terme et/ou de le réformer alors que le Liban est sous la mainmise de la République islamique d’Iran via le Hezbollah.

Le problème du Liban avec l’Iran est existentiel et fondamental, dans ce sens qu’il existe en soi et n’est pas une excroissance du conflit qui oppose l’Amérique de Trump...

commentaires (1)

le vrai probleme n'est pas de definir qui ordonne qui ! qui a le vraai pouvoir. on les connait les hezbollahis ! l'important est de connaitre les personnes a qui faire confiance pour prendre les reines du pouvoir en remplacement de cette mafia ! oui j'approuve, l'armee doit elle se reveiller, laisser la revolution libre de ses mouvements, ne plus accepter certaines instructions de cette mafia . oui pt't Gen Roukoz et Co s'associeraient au mouvement du 17 Oct pour reprendre un mouvement enfin liberateur

gaby sioufi

11 h 23, le 30 mai 2020

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Commentaires (1)

  • le vrai probleme n'est pas de definir qui ordonne qui ! qui a le vraai pouvoir. on les connait les hezbollahis ! l'important est de connaitre les personnes a qui faire confiance pour prendre les reines du pouvoir en remplacement de cette mafia ! oui j'approuve, l'armee doit elle se reveiller, laisser la revolution libre de ses mouvements, ne plus accepter certaines instructions de cette mafia . oui pt't Gen Roukoz et Co s'associeraient au mouvement du 17 Oct pour reprendre un mouvement enfin liberateur

    gaby sioufi

    11 h 23, le 30 mai 2020