Coronavirus

La forte hausse de contaminations se poursuit, 62 nouveaux cas

Quatre foyers de contamination sont signalés dans le pays : à Ras el-Nabeh (Beyrouth), Majdel Anjar (Békaa-Ouest), Mazboud (Chouf) et parmi les expatriés revenus du Koweït.

Une religieuse est testée à Jezzine, dans le cadre des campagnes de dépistage du coronavirus menées par l’ordre de Malte et la clinique mobile du LAUMC. Patrick Baz/AFP

Le nombre de cas de coronavirus repart fortement à la hausse au Liban en cette veille du Fitr. Au cours des dernières 24 heures, 62 nouveaux cas ont été détectés, dont 59 contaminations locales, selon le dernier bilan du ministère de la Santé. Seules trois personnes rapatriées dernièrement à Beyrouth ont été testées positives lors des tests effectués depuis hier. Parallèlement, 2 057 test de dépistage étaient conduits à travers le pays, hormis ceux effectués auprès des rapatriés. Dans les détails, 34 nouvelles contaminations ont été détectées à Ras el-Nabeh au cœur de la communauté de travailleurs bangladais, 15 à Majdel Anjar, dans la Békaa-Ouest, deux dans le village voisin de Sawiri, six à Mazboud dans le Chouf, et le reste à Nabatiyé (Sud), dans le Akkar (Nord) et à Baabda. Ce chiffre élevé de nouvelles contaminations, proche de celui enregistré la veille (63), vient grossir encore le bilan total des cas détectés depuis le 21 février, qui s’élève désormais à 1 086. Mais aujourd’hui, après la guérison de 663 personnes et le décès de 26 autres, seulement 397 cas sont actifs, doit trois dans un état critique.

« Négligence »

Commentant cette hausse des nouveaux cas, le ministre de la Santé, Hamad Hassan, a appelé les Libanais à faire preuve « du plus haut degré de responsabilité » face à la pandémie, sans quoi le pays risque de connaître une situation « catastrophique ». « Les statistiques de ces deux derniers jours étaient choquantes et nous obligent à tirer la sonnette d’alarme », a-t-il déclaré lors d’une visite à Majdel Anjar, assurant que « nous ne nous soumettrons pas à la pandémie ». M. Hassan a expliqué la rapidité des nouvelles contagions « par la surpopulation » dans certaines régions et « les contacts sociaux » avec des personnes contaminées, « comme cela a été le cas en ce qui concerne les ressortissants bangladais ». Il a indiqué que selon les résultats des tests de dépistage aléatoires effectués dans le pays, « les Libanais n’ont pas encore développé une immunité collective au virus ».

Le ministre, qui s’est dit convaincu que le pays allait « gagner la bataille », a cité l’exemple des localités qui se sont isolées et ont réussi à endiguer la pandémie, « comme Bécharré, Sibline et des villages de l’Iqlim el-Kharroub ». Il n’a pas évoqué de retour vers des mesures de confinement plus drastiques, « sauf dans le cas où les lits d’hôpitaux ne seraient plus suffisants », a-t-il dit. M Hassan a par ailleurs souligné qu’à la fin des rapatriements prévus des Libanais coincés à l’étranger (le 24 mai), l’impact de ces vols d’évacuation sur la situation sanitaire serait évalué.La commission en charge du suivi de l’épidémie au Liban a de son côté souligné, lors d’une réunion au Sérail, « la négligence des citoyens » vis-à-vis des mesures de prévention dernièrement, qui serait à l’origine de la hausse des cas enregistrée ces deux derniers jours. « Si le respect des mesures de prévention n’est pas renforcé, nous courons le risque d’une propagation plus rapide et très dangereuse » de la Covid-19, a prévenu la commission dans un communiqué. Dans un tweet, le Dr Firas Abiad, directeur de l’hôpital universitaire Rafic Hariri et enseignant à l’Université américaine de Beyrouth, constatait, pour sa part, que la majorité des nouveaux cas positifs de coronavirus au Liban ont été détectés durant les deux derniers jours dans quatre foyers, à Mazboud, Majdel Anjar, chez les travailleurs migrants et les passagers rapatriés du Koweït. Le praticien constate que « le non-respect des consignes de sécurité et de l’obligation de quarantaine » a facilité la circulation du virus. « La question est de savoir qui est responsable, les autorités, les communautés locales ou les individus », a-t-il demandé, insistant sur la nécessité de limiter strictement les regroupements en cette période de fête. Si le nombre élevé de cas positifs (20 % des passagers) sur les vols de rapatriement du Koweït inquiète le chirurgien, le comportement de certains rapatriés l’inquiète tout autant. « Un individu rapatrié qui aurait dû être à l’isolement, dans le cadre des conditions de rapatriement, a au contraire été vu au cœur de retrouvailles sociales, dénonce-t-il. Ce comportement est au-delà de l’irresponsabilité. Il est à la limite criminel. Des actions légales devraient être considérées. »

Localités isolées

C’est dans ce cadre que le ministre de l’Intérieur, Mohammad Fahmi, a publié une circulaire dans laquelle il rappelle que, jusqu’à nouvel ordre, tout rassemblement, toute célébration et tout événement sportif, même sans public, sont strictement interdits. « Il est interdit d’ouvrir les lieux de divertissement, clubs sportifs, jardins publics et hippodromes, et les enfants doivent être interdits de jouer sur les voies publiques », souligne le ministre. Cette mise en garde a été publiée notamment en prévention de la fête du Fitr, qui doit être célébrée dimanche. En outre, le ministère de l’Intérieur a rappelé que les malls ne pouvaient toujours pas rouvrir leurs portes, démentant certaines rumeurs circulant sur les réseaux sociaux selon lesquelles des centres commerciaux entendaient ouvrir leurs portes lundi.

Face à l’augmentation massive du nombre de cas enregistrés ces derniers jours, plusieurs villes et villages libanais ont pris la décision de s’isoler, interdisant toute entrée et sortie en dehors des limites de la localité. C’est notamment le cas de Majdel Anjar, dont le conseil municipal avait annoncé l’isolement dès hier soir.

Dans le Mont-Liban, la municipalité de Mazboud, au sud de Beyrouth, a annoncé l’état d’urgence après la détection de six nouveaux cas. En coordination avec les autorités locales, les députés de la région et le ministre de l’Intérieur, le village est désormais isolé et ses habitants appelés à ne sortir de chez eux qu’en cas d’extrême nécessité.


Le nombre de cas de coronavirus repart fortement à la hausse au Liban en cette veille du Fitr. Au cours des dernières 24 heures, 62 nouveaux cas ont été détectés, dont 59 contaminations locales, selon le dernier bilan du ministère de la Santé. Seules trois personnes rapatriées dernièrement à Beyrouth ont été testées positives lors des tests effectués depuis hier....

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