Crise économique

Berry appelle le gouvernement à ne pas se contenter de « plans sur le papier »

« La sécurité alimentaire et la santé des Libanais ne peuvent plus rester victimes de politiques financières et bancaires erronées, ni devenir des otages des grands commerçants et de la corruption », a lancé hier Nabih Berry. Photo tirée du compte Flickr du Parlement libanais

Le président du Parlement Nabih Berry a exhorté hier le gouvernement de Hassane Diab à passer à l’action au lieu de se contenter de « plans sur le papier », au lendemain d’un discours du Premier ministre, Hassane Diab, dans lequel ce dernier a énuméré les « accomplissements » réalisés par son cabinet au cours de ses 100 premiers jours en exercice.

« Il est temps que le gouvernement commence à travailler sur le terrain, loin des plans sur le papier. Il nous faut des actes, bien plus que des mots », a affirmé le chef du législatif dans un discours à l’occasion de la « Journée de Jérusalem », célébrée annuellement à l’initiative de l’Iran le dernier vendredi du mois de ramadan, et du 20e anniversaire de la libération du Liban-Sud.

« Le gouvernement et tous les ministres doivent arrêter d’attendre le résultat des négociations avec le Fonds monétaire international et les donateurs, et entamer des actions concrètes dont les citoyens pourraient voir les résultats dans leur vie quotidienne », a encore dit M. Berry. « La sécurité alimentaire et la santé des Libanais ne peuvent plus rester victimes de politiques financières et bancaires erronées, ni devenir des otages des grands commerçants et de la corruption », a encore lancé M. Berry. Et de déclarer à nouveau que « les avoirs des Libanais dans les banques sont sacrés », mettant en garde contre toute atteinte aux économies des déposants.

Selon des sources proches du chef du législatif, ce dernier reproche au gouvernement de Hassane Diab de n’avoir jusqu’à présent aucune réalisation concrète à son actif, à part sa gestion de la crise du coronavirus, alors que le pays s’effondre économiquement. M. Berry a reçu hier le chef du gouvernement, avec lequel il a évoqué la séance législative de jeudi prochain au cours de laquelle plusieurs textes de loi devraient être débattus, dont un régulant les transferts de devises.

Contre le fédéralisme

Nabih Berry a par ailleurs mis en garde contre « les voix qui commencent à s’élever au Liban pour réclamer le fédéralisme comme solution aux crises » que connaît le pays, soulignant que ni ces crises ni « la faim » du peuple ne pourraient servir de prétextes pour « se plier aux projets d’Israël ». Le chef du Courant patriotique libre, Gebran Bassil, avait notamment évoqué la décentralisation administrative dans un discours dimanche dernier.

« Il est temps pour les Libanais et leurs responsables politiques de mettre un terme aux surenchères, qui ne mènent qu’à encore plus de confusion, et d’arrêter de se lancer des accusations réciproques, alors que le moment est venu pour les responsables de faire preuve du courage nécessaire pour libérer le Liban du communautarisme et du confessionnalisme », a en outre lancé le président de la Chambre. Il a dans ce cadre appelé la classe politique à « être à nouveau productive » et à préparer une loi électorale « qui sorte du cadre confessionnel et permette à tous de participer, sur base d’un système proportionnel avec une seule circonscription », une proposition que M. Berry a toujours défendue. Il a en outre réitéré son appel à l’établissement d’un Sénat, « en attendant la mise sur pied d’un État civil ».

Nabih Berry a encore exprimé l’espoir d’une future indépendance de la justice vis-à-vis de « toute appartenance politique » et invité les ministres à « sortir de leurs tiroirs les lois qui y dorment ». « Le secteur de l’électricité doit également se libérer de la mentalité du partage de gâteau confessionnel », a-t-il déclaré, demandant que les réformes de ce secteur « passent par la nomination des nouveaux membres du conseil d’administration » et épinglant sans le nommer le CPL qui réclame la construction d’une centrale électrique à Selaata. Le chef du législatif a par ailleurs estimé qu’une « ouverture » en direction de la Syrie était nécessaire, prônant des relations « fraternelles » avec ce pays.


Le président du Parlement Nabih Berry a exhorté hier le gouvernement de Hassane Diab à passer à l’action au lieu de se contenter de « plans sur le papier », au lendemain d’un discours du Premier ministre, Hassane Diab, dans lequel ce dernier a énuméré les « accomplissements » réalisés par son cabinet au cours de ses 100 premiers jours en exercice.

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commentaires (5)

Le fédéralisme arrive à grands pas et séparera les Libanais et les Syro-Iraniens qui pourront à tête reposée dépasser la Syrie pour les livraisons de sucre ,de farine et de fuel en essayant d’atteindre le Venezuela aussi avec l’argent des émigrés Bravo wallah ! Il n y a qu’au Liban qu’on peut mendier en faisant de bonnes actions avec son prochain !Quelle magnanimité et quelle mansuétude et quelle philanthropie digne des enseignements majeurs du sens humain !

PHENICIA

01 h 52, le 26 mai 2020

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Commentaires (5)

  • Le fédéralisme arrive à grands pas et séparera les Libanais et les Syro-Iraniens qui pourront à tête reposée dépasser la Syrie pour les livraisons de sucre ,de farine et de fuel en essayant d’atteindre le Venezuela aussi avec l’argent des émigrés Bravo wallah ! Il n y a qu’au Liban qu’on peut mendier en faisant de bonnes actions avec son prochain !Quelle magnanimité et quelle mansuétude et quelle philanthropie digne des enseignements majeurs du sens humain !

    PHENICIA

    01 h 52, le 26 mai 2020

  • 1) Mr. Berry faites rapatrier votre argent et aider le peuple libanais 2) pourquoi pas une fédération 3) le Hezbollah doit arrêter de donner de directives 4) la Syrie reste chez elle et les Ayattollah laissent le Liban tranquille.

    Eleni Caridopoulou

    16 h 59, le 25 mai 2020

  • Ben oui facile à dire. Quand les sujets deviennent "sensibles" lors de la session parlementaire. La corruption ou les enquêtes sur les transferts de fonds... ah tien!! Un défaut de quorum... C'est comme ça qu'on fait avancer les choses??

    Sybille S. Hneine

    18 h 57, le 24 mai 2020

  • Et nous, le peuple libanais, vous appellons "...à ne plus vous contenter de mots..."...vous le chef du Parlement et du mouvement AMAL, qui donc faites aussi partie du gouvernement...depuis combien d'années déjà...? Irène Saïd

    Irene Said

    09 h 57, le 24 mai 2020

  • On dirait un ange qui prêche.

    Ô Liban

    21 h 59, le 23 mai 2020