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Politique - Gouvernement

En dépit du contexte volatil, un Conseil des ministres calme en perspective

Le Premier ministre s’adresse ce soir aux Libanais.


Hassane Diab portant un masque de protection lors de sa visite chez Salim Hoss. Photo ANI

Comme chaque jeudi, le Conseil des ministres tient ce matin à 11 heures une séance au palais de Baabda sous la présidence du chef de l’État, Michel Aoun. Mais les regards sont braqués sur cette réunion gouvernementale au vu du contexte dans lequel elle intervient. Elle a lieu en effet à l’heure où le débat sur le plan de sauvetage économique élaboré par le cabinet de Hassane Diab et dont une version non définitive avait fuité dans les médias se poursuit fiévreusement. Un passage de ce texte affirmant la volonté du gouvernement de « ne pas toucher à l’argent de 90 % des déposants dans les banques » avait suscité des craintes quant à un éventuel haircut, c’est-à-dire une possible ponction sur les avoirs des épargnants. Si le plan de sauvetage économique n’a pas encore officiellement vu le jour, ce passage a causé une véritable tempête politique, tant parmi les composantes du cabinet que dans les rangs de ses opposants. Il s’agit aussi bien du leader du courant du Futur Saad Hariri que du chef du Parti socialiste progressiste Walid Joumblatt (qui a reçu hier l’ambassadrice des États-Unis à Beyrouth, Dorothy Shea). Mais c’est surtout le président de la Chambre, Nabih Berry, qui a « véritablement enterré définitivement le haircut », selon une source ministérielle contactée par L’Orient-Le Jour. Cette source faisait allusion aux propos particulièrement clairs que M. Berry avait tenus devant ses visiteurs mardi, appelant à « prier pour le repos de l’âme du haircut, tout comme on l’avait fait pour le contrôle des capitaux », un autre projet gouvernemental auquel M. Berry s’était également opposé. Le leader du mouvement Amal rejoignait ainsi d’autres parrains du cabinet Diab, notamment les Marada de Sleimane Frangié. « Nous sommes contre le haircut parce qu’il est inconcevable que les épargnants paient le prix de faux choix gouvernementaux », déclare à L’OLJ Michel Najjar, ministre des Travaux publics (Marada). Et le ministre de faire savoir que la séance gouvernementale prévue ce matin devrait être « ordinaire », loin des sujets à même d’attiser les querelles politiques. Selon l’ordre du jour de la séance, celle-ci sera consacrée à l’examen de quelques propositions de loi et l’acceptation de dons. Le plan de redressement économique du pays figure, lui, à la fin de l’ordre du jour. Mais aussi bien dans les milieux de Baabda que du Sérail, on tient à assurer que le gouvernement n’envisage aucunement de recourir au haircut. Les ministres discuteront de quelques idées à même de résoudre la crise actuelle. Mais il n’est pas question de toucher aux avoirs des épargnants, souligne-t-on de source informée. Dans ce contexte, le Premier ministre devrait s’adresser ce soir à 20h30 aux Libanais, dans un discours télévisé qui devrait évoquer les dossiers financiers, sociaux et politiques.


(Lire aussi : Rapatriement : une première phase réussie et un encouragement pour la suite, le décryptage de Scarlett Haddad)

Appréhensions

Sauf que ces assurances officielles ne semblent aucunement convaincre les opposants à l’équipe Diab. Nadim Gemayel, député Kataëb de Beyrouth, est monté au créneau hier pour mettre en garde contre tout règlement de la crise aux dépens des épargnants. « Sortir de la crise et assurer des recettes à l’État, ces deux objectifs ne peuvent être atteints au moyen d’un haircut aux dépens des citoyens, ni par une amnistie générale (dont deux propositions de loi figurent à l’ordre du jour de la prochaine séance de la Chambre, attendue avant le début du ramadan) », a écrit M. Gemayel sur son compte Twitter, avant d’ajouter : « Une amnistie générale risquerait d’amnistier les corrompus ainsi que les accusés, soupçonnés ou impliqués dans les crimes financiers. » « Ces manœuvres ne passeront pas. Et le coronavirus n’a aucunement réduit la détermination des bonnes gens et des protestataires », a encore dit M. Gemayel.

En face, Hassane Diab a décoché implicitement ses flèches en direction de ses opposants. S’exprimant à l’issue d’une rencontre avec Salim Hoss, ancien Premier ministre, le chef du gouvernement a déclaré que le pays « a besoin de décisions qui ont une portée nationale, et non pas communautaire ». À la question de savoir s’il s’agissait d’une réplique aux critiques des anciens Premiers ministres Saad Hariri, Nagib Mikati, Tammam Salam et Fouad Siniora à l’encontre de l’action de son gouvernement, il s’est contenté de répondre : « Vous pouvez interpréter cela comme bon vous semble. »


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commentaires (4)

L,INCOMPETENCE PAR EXCELLENCE !

La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

10 h 22, le 16 avril 2020

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Commentaires (4)

  • L,INCOMPETENCE PAR EXCELLENCE !

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    10 h 22, le 16 avril 2020

  • Assez d’hypocrisie dans les propos: dire que 90% des déposants ne seront pas impactes veut implicitement dire que les 10% restant le seront. Monsieur le Premier Ministre ayez le courage de le dire clairement ou bien taisez vous. Soyez tout de même persuadé que ces 10% ne se laisseront pas voler leur épargne accumulée honnêtement durant toute une vie de labeur. Même ethniquement, accepteriez vous que ces citoyens paient le pillage et la corruption des années passées. Si vous ne voulez pas passer pour un complice de ces corrompus, oubliez une fois pour toutes tout projet de toucher à l’épargne des citoyens

    Lecteur excédé par la censure

    09 h 11, le 16 avril 2020

  • je suis de l'avis de mr Diab, celui qui veut que les 1ers ministres qui se sont succedes depuis 2005 aillent se faire voir et entendre ailleurs. il est inadmissible qu'ils lui donnent des lecons de gouvernance encore moins de moralite. Surtout surtout saad hariri qui n'a meme pas le courage et/ou le chic de rester au Liban aupres de "ses" partisans.

    Gaby SIOUFI

    08 h 49, le 16 avril 2020

  • ceux qui ont conduit le pays à la faillite et à la dérive de la gouvernance du pays sont ceux la aujourd'hui qui jouent aux sauveurs de la republique . Le plan de sauvetage comme tout autre nouvelle loi Ou programme sont postés par le gouvernement pour être partagés avec les experts , le peuple , la société civile et Il est normal d'avoir des opinions différentes parfois Et des suggestions constructives ou des critiques . Dire que le plan de sauvetage a fuite , c'est autrement reconnaître qu'il n'est pas pret / approuvé deja / finalisé par le gouvernement Ou que c'est vouloir ôter à ce gouvernement son souhait d'opérer en toute transparence et de manière trop differente par rapport a ce que nous avons eu la malchance de vivre et de connaitre pendant des dizaines d'années . C''est peut être pas encore la manne mais c'est bien mieux qu'avant .

    Lecteurs OLJ 2 / BLF

    05 h 43, le 16 avril 2020

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