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Société - Décryptage

Rapatriement : une première phase réussie et un encouragement pour la suite

La première phase du rapatriement des Libanais de l’étranger s’est achevée mardi à l’aube par le dernier avion venu de Londres. Elle a duré près de huit jours et a permis à quelques 1 700 personnes de rentrer au Liban, en provenance de plusieurs pays, notamment la France, l’Arabie saoudite, l’Espagne, la Turquie, les Émirats arabes unis, le Qatar, le Nigeria, le Gabon, la Côte d’Ivoire, l’Italie et le Koweït.

En principe, le plan minutieusement mis au point par le gouvernement s’est déroulé sans problème et on peut même dire que les personnes rapatriées étaient globalement plutôt satisfaites. Ceux qui craignaient un bond dans le nombre des personnes atteintes du coronavirus se sont sentis rassurés. Car, dans une première estimation, les chiffres ne sont pas inquiétants et les Libanais rentrés dans le cadre de cette première phase se conforment en principe aux consignes de confinement à domicile, pour ceux qui ne présentent aucun symptôme, et dans les lieux prévus à cet effet pour les autres. Bien entendu, les personnes qui sont atteintes du virus, selon les résultats des tests effectués au Liban, sont actuellement soignées dans les hôpitaux.

S’il est encore trop tôt pour dresser un bilan complet de cette première phase – car selon les règles adoptées dans l’identification du coronavirus, il faut attendre deux semaines pour obtenir des résultats décisifs, la période d’incubation de la maladie s’étalant sur 15 jours –, la première évaluation pousse le gouvernement à maintenir la seconde phase qui devrait s’étendre du 26 avril au 5 mai.

En effet, le choix des pays, qui a couvert l’Europe, le Moyen-Orient et l’Afrique, ainsi que les procédures adoptées qui ont respecté les précautions requises, tant à bord des avions qu’à l’aéroport ou encore dans les bus de transport vers les hôtels, ont été accueillis positivement. Même le prix des billets, qui a d’abord été considéré comme très élevé, n’a pas constitué une entrave, puisqu’il y a eu plusieurs dons qui ont permis d’aider les plus démunis.

Jusqu’à présent, les seuls reproches formulés ont porté sur l’élaboration des listes de passagers dans les différentes ambassades ou dans les consulats libanais à l’étranger. Pour de nombreux Libanais souhaitant rentrer au pays, ces listes ont été constituées sur des critères de clientélisme et de favoritisme fixés par les fonctionnaires des différentes ambassades et des différents consulats. Ces reproches ont été évidemment formulés par les Libanais qui n’ont pas été sélectionnés, faute de place sur les avions. Mais ceux qui ont trouvé des places ont au contraire affirmé que la sélection s’est faite selon l’ordre des priorités établi par le ministère des Affaires étrangères (les personnes qui étaient à l’étranger pour une courte visite, les étudiants qui n’ont plus de quoi subsister, les malades et personnes âgées). Ce qui est sûr, c’est que ces protestations montrent qu’un grand nombre de Libanais installés à l’étranger souhaite rentrer au pays et qu’il faudra bien plus que deux phases pour satisfaire tout le monde. Chaque jour, de nouveaux groupes se manifestent exprimant à travers les réseaux sociaux et les chaînes de télévision leur volonté de rentrer au pays.

C’est justement le grand problème auquel se heurte le plan de rapatriement. Dès les premiers jours de l’annonce de la décision du gouvernement de procéder au rapatriement, près de 23 000 personnes ont exprimé leur volonté de rentrer. Or, au rythme de près de 2 000 passagers par phase d’une semaine, avec un délai de 15 jours entre chacune d’elles, il faudra attendre jusqu’en octobre pour que tous ceux qui le souhaitent reviennent au Liban ! D’ici là, on peut espérer que la crise provoquée par le coronavirus se soit quelque peu résorbée et, par conséquent, que les consignes de confinement soient allégées.

Selon des sources ministérielles, le gouvernement serait donc actuellement en train d’évaluer la première phase de l’opération. Mais il faut attendre deux semaines avant de voir si la première phase du retour a provoqué une hausse dans les chiffres des personnes atteintes du coronavirus, comme le craignait une partie des Libanais. Tout dépendra des résultats des tests qui seront effectués avant le 26 avril pour les personnes rentrées de l’étranger. Jusqu’à présent, selon le ministère de la Santé, les chiffres sont tout à fait acceptables et encourageants, la courbe n’ayant pas enregistré une hausse spectaculaire. La situation reste donc contrôlée. Ce qui pousse le gouvernement à organiser déjà la seconde phase, mais aucune décision définitive ne peut être confirmée avant le 20 avril, date de la fin de « la quatorzaine » à partir de l’arrivée des quatre premiers avions en provenance de Riyad, Dubaï, Abidjan et Abou Dhabi. Si la décision, comme c’est probable, de procéder à la seconde phase sera prise, un calendrier des vols sera annoncé rapidement pour la semaine du 27 avril au 5 mai. Mais, cette fois, le gouvernement se propose d’assurer au moins quelques vols à partir de contrées éloignées où la Middle East Airlines ne se rend pas, en faisant appel à d’autres compagnies aériennes qui assureraient l’arrivée des voyageurs vers une capitale desservie par la compagnie nationale. Le problème, c’est qu’il y a trop de demandeurs et pas assez de vols possibles, ni de moyens disponibles pour assurer la sécurité des voyageurs. Selon les sources ministérielles précitées, c’est, avec le souci de la santé de tout le monde, résidents et arrivants, la seule considération qui ralentit le processus de rapatriement, au point de l’étaler sur plusieurs semaines. Mais d’ici là, avec le déclenchement d’un processus de « déconfinement progressif » dans plusieurs pays, le rapatriement deviendrait plus facile... et la demande pourrait être réduite.


La première phase du rapatriement des Libanais de l’étranger s’est achevée mardi à l’aube par le dernier avion venu de Londres. Elle a duré près de huit jours et a permis à quelques 1 700 personnes de rentrer au Liban, en provenance de plusieurs pays, notamment la France, l’Arabie saoudite, l’Espagne, la Turquie, les Émirats arabes unis, le Qatar, le Nigeria, le Gabon, la...

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ET DU PIPEAU HABITUEL...

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

20 h 46, le 16 avril 2020

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  • ET DU PIPEAU HABITUEL...

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    20 h 46, le 16 avril 2020

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