Diaspora

En France, plus de 600 Libanais veulent être rapatriés

Face aux questions des Libanais de France, le personnel du consulat est à la peine tant la confusion règne encore sur les modalités de ces rapatriements.

La façade de l'ambassade du Liban à Paris. Photo A.I.

« Je n’arrête pas de recevoir des appels ! » Depuis que le chef de la diplomatie libanaise, Nassif Hitti, a assuré mercredi que les Libanais bloqués à l’étranger en ces temps de pandémie au coronavirus seraient rapatriés ou du moins aidés par leur pays, le téléphone n’arrête plus de sonner au consulat libanais à Paris. Au bout de la ligne, une employée du consulat, confinée chez elle, tente de répondre aux questions adressées à la cellule de crise mise en place par l’ambassade du Liban en France dès le 11 mars.

Avec ses collègues du consulat, elle dresse la liste des Libanais souhaitant être rapatriés. Les Libanais en visite en France sont prioritaires, puis viennent les étudiants libanais résidant en France, mais qui, n’ayant plus des cours pour cause de fermeture des universités, veulent rentrer auprès de leur famille. Vendredi, ils étaient plus de 600 à vouloir être rapatriés.

Face aux questions, le personnel du consulat est toutefois à la peine tant la confusion règne encore sur les modalités de ces rapatriements. « Nous espérons recevoir des instructions dans le courant de la semaine prochaine », explique Ziad Taan, consul du Liban à Paris et responsable de la cellule de crise.

Confusion qui s’est accrue hier, avec les critiques du chef du Parlement, Nabih Berry, sur la décision du gouvernement de ne permettre le retour que des Libanais ayant effectué un test de dépistage du Covid-19, et la réponse vendredi du le Premier ministre Hassane Diab qui a tranché que les Libanais ne pourraient pas être rapatriés avant la fin de la mobilisation générale, prolongée jeudi au 12 avril.

« Aujourd’hui, nous ne savons pas encore combien d’avions seront affrétés ni quand ; s’ils le seront seulement pour les Libanais de France ou aussi pour ceux de Londres ou de Bruxelles ; si les frais seront pris en charge par le gouvernement ou pas, poursuit Ziad Taan. En fonction des places disponibles, nous appellerons les personnes prioritaires pour qu’elles soient rapatriées. » Le responsable de la cellule de crise n’a, en outre, pas encore de détails quant à la mise en œuvre des tests de dépistage. « Peut-être une équipe médicale viendra-t-elle avec l’avion de rapatriement et pourra effectuer ces tests », suppute-t-il, alors qu’en France, seules les personnes ayant des symptômes graves sont testées.


(Lire aussi : Les Libanais bloqués à l'étranger ne pourront pas rentrer avant le 12 avril, tranche Diab)



Aides financières

Depuis quelques jours, la cellule de crise reçoit aussi des appels de personnes s’enquérant des aides financières annoncées par le gouvernement. Là aussi, le consulat ne dispose pas encore d’informations et ne peut que mettre en relation les Libanais dans le besoin avec d’autres qui pourraient les aider.

Le consulat recense toutefois les étudiants en difficulté financière en France, prend les coordonnées des parents et de leur agence bancaire, et envoie régulièrement une liste consolidée au ministère libanais des Affaires étrangères pour que celui-ci incite les banques locales à débloquer l’argent pour les transferts internationaux. « L’Association des banques du Liban s’est engagée à faciliter les transferts internationaux », rappelle ainsi Ziad Taan, alors que depuis des mois, les Libanais sont soumis à de strictes restrictions bancaires, sur fond de crise économique et financière, qui entravent les transferts d’argent à l’étranger.

Pendant cette période de confinement, les Libanais en détresse psychologique peuvent aussi appeler la cellule de crise. Ils seront redirigés vers l’un des sept psychologues installés en France et qui offrent bénévolement un soutien psychologique aux personnes qui en ressentent le besoin.

Lignes de permanence de la cellule de crise :

00 33 6 43 75 30 72

00 33 6 43 75 33 28


Lire aussi

Au Liban, deux prototypes de respirateurs artificiels fin prêts pour les premiers essais

Mièvre fièvre, le billet de Gaby Nasr

Isolement des patients dans un centre ou à la maison : comment éviter le rejet de l’entourage

« De manière générale, il y a une bonne coopération entre l’OMS et les pays du Moyen-Orient »

Derrière le gouvernement, l’ombre de Berry..., le décryptage de Scarlett Haddad


« Je n’arrête pas de recevoir des appels ! » Depuis que le chef de la diplomatie libanaise, Nassif Hitti, a assuré mercredi que les Libanais bloqués à l’étranger en ces temps de pandémie au coronavirus seraient rapatriés ou du moins aidés par leur pays, le téléphone n’arrête plus de sonner au...

commentaires (3)

Le bordel habituel quoi.....

Tabet Karim

10 h 23, le 28 mars 2020

Tous les commentaires

Commentaires (3)

  • Le bordel habituel quoi.....

    Tabet Karim

    10 h 23, le 28 mars 2020

  • PREPAREZ DES HOTELS POUR LA QUARANTAINE EFFECTIVE SUR PLACE ET NE LES LACHEZ PAS A LEURS MAISONS CAR ILS NE SUIVRONT PAS LE NECESSAIRE.

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    21 h 25, le 27 mars 2020

  • Rapatriement de tout le monde? De quoi se mêle le chef du Législatif ? Est-ce que le chef du gouvernement se mêle des affaires législatives? Ou bien tout est permis dans ce pays de charme?

    Ô Liban

    21 h 05, le 27 mars 2020