Des dollars achetés hier chez un changeur. Photo P.H.B.
De nombreux bureaux de change ont limité ou suspendu hier les ventes de dollars, en attendant une réunion prévue en principe aujourd’hui avec la Banque du Liban (BDL) et consacrée à l’application de la circulaire n° 546 publiée vendredi dernier pour officiellement encadrer le taux livre/dollar sur le marché secondaire, selon plusieurs sources concordantes contactées par L’Orient-Le Jour.
La Banque centrale a adopté ce texte pour tenter de limiter l’inflation de ce taux qui n’a cessé de grimper depuis fin août en plein contexte de crise économique et financière aiguë (voir par ailleurs), pour atteindre lors des dernières semaines un niveau 60 % plus élevé que la parité officielle de 1507,5 livres, toujours en vigueur pour les transactions bancaires – avec une marge supplémentaire de quelques livres.
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Peu de dollars vendus
La nouvelle circulaire a, elle, plafonné le taux devant être pratiqué pour acheter des dollars à un niveau qui ne doit pas être supérieur à 30 % de celui que la BDL « utilise avec les banques », sans toutefois l’inscrire dans le corps du texte. Une particularité sur laquelle aucune des sources interrogées n’a souhaité spéculer. La circulaire vient enfin officialiser les termes d’un accord conclu entre la BDL et les changeurs, le 21 janvier, jour de la formation du nouveau gouvernement de Hassane Diab, soumettant désormais les changeurs récalcitrants à un possible retrait de licence en cas de non-application du texte.
Si la situation était encore difficile à cerner vendredi, c’est bien l’attentisme qui a dominé hier chez les changeurs sur le terrain, où ils ont été nombreux à suspendre les ventes de dollars hier, tout en plafonnant le prix d’achat à 2 000 livres (un plafond presque égal au niveau fixé par la circulaire). À Beyrouth, un changeur que l’un des journalistes de la rédaction a démarché a d’abord affirmé ne pas avoir de dollars à vendre, puis a finalement consenti à convertir un montant inférieur à 100 dollars au taux de 2 500 livres, un niveau proche de la fourchette pratiquée par plusieurs changeurs de la capitale en cours de journée (2 450 livres le dollar à l’achat, et 2 550 livres pour la vente). Le site lebaneselira.org qui répertorie l’évolution du taux livre/dollar sur le marché secondaire depuis plusieurs mois n’a, lui, pas actualisé ses données pour la journée d’hier. Comme souvent, certains bureaux ont servi en priorité leurs clients réguliers au détriment des nouvelles têtes.
Une des sources contactées rapporte qu’un changeur lui aurait répété que la circulaire n’aura probablement aucun effet sur le taux de change secondaire, sur lequel les acteurs de la filière « licenciés ou non licenciés continuent de s’entendre en se basant sur le rapport entre l’offre et la demande ».
Selon les dernières estimations communiquées par le secteur bancaire, la part d’espèces circulant sur le marché secondaire serait passée d’environ 2 % du total au dernier trimestre 2019 à environ 7 % en janvier.
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