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Politique - Éclairage

Dette publique : une intervention des politiques fait craindre le pire

Selon les visiteurs du Sérail, c’est samedi que le gouvernement fera connaître sa décision par rapport au paiement de près de 1,2 milliard de dollars aux créanciers du Liban pour des eurobonds arrivant à échéance le 9 mars. Même si d’aucuns croient savoir que l’exécutif fera défaut, dans l’entourage de l’équipe de Hassane Diab, on se garde de donner la moindre indication sur ce plan et encore moins sur le plan de réformes que l’exécutif envisage d’appliquer dans le cadre d’un plan de sauvetage global.

Pour certains observateurs, ce sont notamment les conflits politiques autour de la gestion de l’étape à venir qui justifient la discrétion gouvernementale autour du point de savoir si le Liban fera ou non défaut et s’il compte réclamer l’aide du Fonds monétaire international si jamais il décide d’opter pour une restructuration de la dette.

Dans les cercles officiels, on souligne au contraire que l’exécutif veut cerner tous les aspects de chaque option et en évaluer les pour et les contre avant de franchir le pas fatidique, puisque la décision qu’il va prendre en ce qui concerne la dette libanaise va engager le sort du pays et de son peuple pour les années à venir.

Sauf que les divergences de vues sur ce point sont un fait, comme en attestent la multitude de commentaires formulés par les représentants des divers courants et partis politiques. Le Hezbollah a d’ailleurs donné le ton, lorsqu’il a exprimé par la voix de son numéro deux, le cheikh Naïm Kassem, son opposition à un recours au Fonds monétaire international et mis en garde le gouvernement contre cette option, en partant du principe que le FMI représente un instrument de la politique américaine.

Dans les milieux du 8 Mars, on souligne qu’en dépit de leurs divergences sur plusieurs dossiers, dont celui de l’électricité et des nominations, le Hezbollah, Amal et le CPL ont voulu unifier leur position par rapport à l’échéance du 9 mars. Les anciens ministres Ali Hassan Khalil (Amal), Gebran Bassil (CPL) et Hussein Khalil (Hezbollah) avaient tenu une réunion axée sur cette affaire vers la fin de la semaine dernière et s’étaient mis d’accord sur le fait que le Liban ne doit pas rembourser sa dette. Ils n’ont pas réussi cependant à s’entendre sur les détails, en rapport notamment avec sa restructuration et le recours au FMI.



(Lire aussi : Entre Berry et Aoun, la guéguerre reprend de plus belle)



De sources bancaires, on fait état de craintes quant à la gestion politique d’un problème qui est éminemment technique. On indique que les trois formations semblent d’accord pour faire assumer au secteur bancaire la responsabilité de la crise actuelle, ce que le CPL a déjà commencé à faire, en organisant une manifestation de protestation devant la Banque centrale et en engageant une procédure judiciaire pour essayer de déterminer les canaux à travers lesquels des fonds avaient pu être transférés du Liban à l’étranger. Ce comportement est essentiellement motivé par une volonté de montrer qu’ils n’y sont pour rien dans cette crise dont ils attribuent la responsabilité tantôt à ce qu’ils appellent « la politique haririenne », tantôt aux manœuvres des banques. Or, estime-t-on de mêmes sources, les hommes politiques ne peuvent pas occulter le fait qu’ils assument une grande part de responsabilité dans l’effondrement actuel puis qu’ils se sont permis tous genres de libertés dans la gestion des affaires publiques, sans en évaluer les conséquences dont on paie le prix aujourd’hui. Ces sources citent à titre d’exemple, le projet de réajustement des salaires dans le secteur public (2017) contre lequel le gouverneur de la Banque du Liban, Riad Salamé, l’Association des banques et les organismes économiques avaient mis en garde et contre lequel l’ancien Premier ministre et député de Saïda, Fouad Siniora, s’était opposé au Parlement, en raison de son impact sur les finances publiques et l’économie nationale. En dépit de tous ces avertissements, le projet de loi avait été voté au Parlement avec un coût et des prévisions budgétaires qui se sont avérés faux, puisque la majoration des salaires – qui n’avait pas été assortie d’une réforme sérieuse de l’administration – a coûté plus que le double à l’État au moment où le Liban traversait une période de marasme économique que les querelles répétées entre les principales composantes du pouvoir et la politique imposée par le Hezbollah et ses alliés au pays avaient accentuées.

De sources financières, on conseille aujourd’hui aux hommes politiques de laisser les spécialistes régler le problème de la dette, de peur que leur intervention, motivée par des considérations politiciennes qui les concernent principalement, ne conduise à des choix erronés dont les Libanais paieront le prix.



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commentaires (1)

"Le FMI représente un instrument de la politique américaine" dixit le l'instrument de la politique iranienne. Et les libanais dans tout ça ?

Remy Martin

21 h 09, le 04 mars 2020

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Commentaires (1)

  • "Le FMI représente un instrument de la politique américaine" dixit le l'instrument de la politique iranienne. Et les libanais dans tout ça ?

    Remy Martin

    21 h 09, le 04 mars 2020

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