LA MODE

Quatre finalistes libanais pour l’édition 2020 de Fashion Trust Arabia

En 2019, ils étaient 11 sur une sélection de 25, les jeunes talents libanais finalistes du concours Fashion Trust Arabia, et quatre d’entre eux sur six lauréats étaient rentrés de Doha portant haut leur trophée. L’édition 2020 annoncée pour la dernière semaine de mars compte quatre de nos jeunes compatriotes, toujours parmi 25 candidats.

Après avoir cofondé en 2011 le British Fashion Council Fashion Trust, et forte du succès de cette initiative qui permet aux jeunes talents prometteurs de développer leurs collections sous leur propre marque de manière économiquement viable, Tania Farès a lancé en 2018 une initiative sur le même modèle tournée vers le monde arabe et la région MENA. Le fonds Fashion Trust Arabia, coprésidé par S.E. cheikha Mayassa et le haut patronage de S.A. cheikha Moza bint Nasser, se révèle en sa deuxième année un véritable catalyseur de talents, au regard de la liste des finalistes qui couvre une grande partie de la géographie arabe. Cette année, les nouveaux candidats ont été identifiés par un conseil d’experts venu remplacer à cette fonction le comité de sélection précédemment formé des seuls fondateurs et administrateurs du trust.


Un jury d’exception
Les lauréats de la première édition du concours Fashion Trust Arabia ont bénéficié de subventions financières d’un montant maximum de 200 000 dollars ainsi que d’un soutien opérationnel et stratégique à leurs entreprises. Rappelons que les lauréats 2019 étaient Salim Azzam (prêt-à-porter), Roni Helou (prêt-à-porter), Mukhi Sisters (bijoux), Krikor Jabotian (vêtements de soirée), Zyne (chaussures) et Sabry Marouf (sacs).

Cette année, le concours accueille cinq compétiteurs dans cinq catégories: nouveaux talents (récemment ajoutée), tenues de soirée, prêt-à-porter, accessoires (chaussures/sacs), bijoux (bijoux de mode et de fantaisie).

Le jury 2020 réunit autour de ces jeunes pousses des pointures telles qu’Adrian Cheng, Aimée Song, Alber Elbaz, Carine Roitfeld, Christian Louboutin, Daniel Arsham, Élie Saab, Elizabeth Saltzman, Gaia Repossi, Laura Brown, Marc Jacobs, Mario Sorrenti, Michèle Lamy, Naomi Campbell, Olivier Rousteing, Thom Browne et Yoon Ambush. Le comité de conseil qui a identifié les candidats réunit de son côté Alexia Niedzelski, Carmen Busquets, Fabio Piras, Gianluca Lungo, Jefferson Hack, Julie Gilhart, Karla Welch, Nathalie Kingham, Nez Gabreel, Roger Moukarzel, Saif Mahdhi, Sarah Andelman, Sarah Maino, Sarah Mower, Sofia Guellaty, Susie Lau et Tim Blanks.


Les accessoires
Dans la catégorie accessoires, en plus de la Libanaise Andrea Wazen qui a choisi de se lancer dans l’art du soulier, concourent la Tunisienne Nour Ben Cheikh et sa partenaire Clémentine L sous le label Elbé (mon cœur en arabe), avec des accessoires artisanaux réalisés sur le pourtour méditerranéen. On trouve aussi la créatrice koweïtienne Najeeba Hayat qui réalise sous sa marque Liudmila des chaussures inspirées des illustrations des contes de son enfance. Également en lice dans cette catégorie, la marque de babouches et caftans Ramla, créée par l’Égyptienne Reem Hamed, et la ligne de sacs nomades du Tunisien Amine Bendriouich inspirés du désert, des outres et des jerricans.


La joaillerie
La sélection joaillerie compte parmi ses candidats l’Anglo-Libanaise Alexandra Hakim avec une savoureuse collection inspirée des agrumes méditerranéens. L’Égyptienne Amani Chaker présente de son côté sa propre conception du bijou pharaonique et rend hommage dans la foulée aux reines méconnues. Les sœurs suisses d’origine libyenne Mariam et Diana Sawedeg présentent sous leur griffe Kamushki une ligne issue de leur éducation multiculturelle où se décline avec humour le squelette de poisson, talisman libyen contre le mauvais œil et les énergies négatives. De son côté, le Koweïtien Anas Alomaim présente, sous sa marque Oumaem, une collection de bijoux en hommage à Khwarizmi, père des mathématiques et de l’algèbre. Enfin, la Tunisienne Oumaima Tamarzizt réinvente le bijou Renaissance à la croisée de l’Orient et de l’Occident.


Les nouveaux talents
Pas de Libanais parmi les nouveaux talents, mais de surprenants créateurs dont il faudra retenir les noms tant ils promettent de succès et de bouleversements. L’Égyptien Ahmad Serour chahute avec audace les codes de genres et le kitsch contemporain issu du choc culturel entre les mondes arabe et occidental. La jeune créatrice qatarienne Fatima Fahad AlBaker explore à travers une collection graphique les effets de l’enfance sur l’adolescence et l’âge adulte des femmes de son pays. La Marocaine Intissar Baiz propose pour sa part des créations expérimentales qui explorent la matière charnelle, les couleurs et les pulsations du corps. La Syrienne Maya Chantout recrée la Syrie dans l’environnement parisien avec force superpositions et contrastes de couleurs vives. Le jeune Jordanien Zeid Hijazi, formé à Londres, propose quant à lui une collection puisée à même la culture bédouine et transposée dans les brumes anglaises.


Le prêt-à-porter
Dans la catégorie prêt-à-porter, on se réjouit de retrouver le Franco-Libanais Éric Ritter qui, derrière l’étiquette Emergency Room, joue l’inclusion avec grâce, transcendant aussi bien les genres que les âges de la vie et offrant une métempsychose de rêve aux fins de stock du marché aux tissus de Tripoli. L’Émiratie Muna Al Othaiman offre sous son label Beige une modernité classique et intemporelle. Le Libyen Ibrahim Shebani cisaille les barbelés sous son label « Born in Exile » et chahute les tissus et motifs traditionnels de broderie libyens dans des créations éminemment rock. Le Soudanais Omer Asim Jamal, au bout d’un brillant parcours universitaire à Londres, entre architecture, économie et sciences politiques, se plonge dans la psychanalyse et se passionne pour le vêtement en tant qu’interprétation visible du lien entre l’esprit et le corps. À sa sortie de Central Saint Martins, il fait ses armes à Savile Row et chez Vivienne Westwood et propose sous sa marque éponyme des créations spectaculaires où volumes, couleurs et textures expriment une manière d’être au monde. Mi-jordanienne, mi-grecque, Nafsika Skourti voue ses talents d’illustratrice et de brodeuse à la création de pièces puissamment visuelles et faites pour capter la lumière.


La tenue de soirée
Dans la catégorie reine de la haute couture qu’est la tenue de soirée, la Koweïtienne Bazza Alzuman a fait de la construction son cheval de bataille dans la zone incertaine qui rapproche de plus en plus la haute couture et le prêt-à-porter. L’Algérien Ilyes Ouali, fou du glamour des 70’s, recrée l’esthétique vintage avec une force orientée vers l’autonomisation des femmes. La Libanaise Sarah Mrad, formée chez Rabih Kayrouz et Zuhair Mrad, joue la modernité sur la corde romantique. L’Égyptienne Shahira Lasheen modernise broderies et paillettes en jouant avec les symboles sur fond de couleurs disco. Enfin, le Saoudien Youssef Akbar, formé en Australie, explore l’équilibre et la fragilité à travers des constructions délicates de tissus éthérés attachés par des accessoires métalliques.

La présentation des collections et la remise des prix qui devaient avoir lieu autour du 25 mars prochain au Musée du Qatar, inauguré en 2019, conçu par le célèbre architecte Jean Nouvel, ont été reportées à une date ultérieure, par mesure de sécurité contre l’épidémie du coronavirus.



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