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Technologies - Aérospatiale

La NASA lance finalement une mission inédite de sauvetage orbital après un ultime contretemps

Le vaisseau de remorquage spatial, baptisé LINK, a été conçu et testé en neuf mois afin de remorquer un ancien observatoire spatial américain vers une orbite plus sûre.

La NASA lance finalement une mission inédite de sauvetage orbital après un ultime contretemps

Un vaisseau spatial conçu par la start-up Katalyst Space, attend son encapsulation à bord d'une fusée Pegasus XL de Northrop Grumman, au centre de vol Wallops de la NASA, en Virginie, le 8 juin 2026. Photo Ron Beard / NASA / Reuters

La Nasa a lancé vendredi une mission robotique destinée à empêcher l'un de ses anciens télescopes spatiaux de finir consumé dans l'atmosphère terrestre, une opération inédite et particulièrement délicate qui devrait s'étendre sur plusieurs mois.

Initialement prévu mardi, le lancement avait été reporté à plusieurs reprises en raison de conditions météorologiques défavorables, puis de difficultés techniques. Il a finalement eu lieu vendredi à 8 h 36 GMT depuis un atoll de l'océan Pacifique. Le robot, développé par la start-up américaine Katalyst Space Technologies, a été emporté par une fusée Pegasus XL de Northrop Grumman, elle-même larguée depuis un avion.

Une fois placé sur une orbite proche de celle du télescope Swift, le vaisseau spatial de 500 kg, baptisé LINK, déploiera ses panneaux solaires avant d'effectuer une série de vérifications. Il devra ensuite retrouver le télescope dans l'immensité de l'espace, le contourner puis s'y arrimer à l'aide de trois bras mobiles, une série de manœuvres qui devrait durer plusieurs semaines.

Une fois l'amarrage réussi, LINK tentera de remorquer Swift vers une orbite située environ 300 kilomètres plus haut, proche de son altitude d'origine. Cette opération, qui devrait durer environ deux mois, permettrait de prolonger la mission scientifique du télescope de plusieurs années.

L'observatoire Neil Gehrels Swift, également connu sous le nom de Swift, est dépourvu de système de propulsion. Sans intervention, il aurait progressivement perdu de l'altitude avant de se consumer dans l'atmosphère terrestre d'ici à la fin de l'année.

Estimée à 30 millions de dollars, cette mission vise ainsi à préserver un observatoire spatial d'une valeur d'environ 250 millions de dollars, utilisé pour étudier les sursauts gamma, les explosions les plus énergétiques de l'Univers.


Face aux nombreux risques de l'opération, Shawn Domagal-Goldman, directeur de la division d'astrophysique de la Nasa, s'était récemment déclaré « très reconnaissant » d'avoir « la chance d'au moins essayer ».

Menée selon un calendrier de développement exceptionnellement court de seulement neuf mois, cette mission constitue également un test majeur pour les technologies de capture et de remorquage en orbite, dont les applications pourraient être importantes aussi bien pour l'industrie commerciale des satellites que dans la compétition spatiale entre les États-Unis et la Chine.

Katalyst Space Technologies, dont le siège est situé à Flagstaff, en Arizona, indique avoir conçu, construit et testé le véhicule LINK en un temps record de neuf mois dans le cadre du contrat de 30 millions de dollars conclu avec la Nasa. Selon le plan de mission, le vaisseau doit être déployé depuis la coiffe du lanceur Pegasus XL, propulsé dans l'espace après avoir été largué depuis le ventre d'un avion Lockheed TriStar volant à environ 12 200 mètres d'altitude au-dessus de l'océan Pacifique. L'appareil doit décoller vers l'est depuis une base aérienne américaine située sur le petit atoll de Kwajalein, dans les îles Marshall.

Trois ensembles de propulseurs

Une fois séparé de la fusée Pegasus XL, LINK entamera un voyage d'environ un mois jusqu'aux abords du télescope spatial de la Nasa, qui observe l'Univers depuis 2004, notamment les sursauts gamma, les galaxies lointaines et les trous noirs. À la fin du mois de juillet, si tout se déroule comme prévu, LINK s'approchera à environ 9,6 kilomètres de l'observatoire avant d'entamer sa phase finale d'approche et ses opérations de proximité.

Le vaisseau autonome, équipé de trois ensembles de propulseurs et de cinq systèmes de capteurs, devrait ensuite mettre environ une semaine supplémentaire pour rejoindre Swift. Il utilisera alors ses trois bras robotisés, chacun muni de pinces ressemblant à des mains, afin de saisir délicatement le satellite. Les deux engins orbiteront ensuite ensemble autour de la Terre à une vitesse d'environ 27 360 km/h.

Une fois solidement arrimé à l'observatoire, LINK devrait mettre environ 60 jours pour le remorquer jusqu'à son altitude cible, située à environ 600 kilomètres au-dessus de la Terre, soit près du double de l'altitude à laquelle il serait descendu sans intervention, selon Katalyst. Le vaisseau devrait achever sa mission principale avec suffisamment de carburant pour effectuer des manœuvres supplémentaires de proximité, en utilisant Swift comme partenaire immobile de « danse » en orbite.

Cette opération de rehaussement orbital de Swift, la première du genre menée par les États-Unis, est suivie de près comme un banc d'essai d'une technologie clé de maintenance des satellites, susceptible d'avoir des applications militaires à double usage. Elle illustre les dernières avancées technologiques stimulées par la rivalité géopolitique entre Washington et Pékin.

« Le Commandement spatial américain s'y intéresse énormément, car il s'agit au final d'un élément fondamental de la supériorité spatiale », a déclaré le PDG de Katalyst, Ghonhee Lee, lors d'un récent entretien accordé à l'agence Reuters.

L'an dernier, la Chine a démontré sa capacité à faire évoluer deux satellites à très faible distance l'un de l'autre, après un essai réalisé en 2022 au cours duquel un satellite chinois s'était arrimé à un autre avant de le déplacer vers une orbite différente. Cette démonstration avait alarmé les responsables américains, qui craignent que Pékin puisse un jour utiliser de telles techniques contre des satellites américains.

La Nasa a lancé vendredi une mission robotique destinée à empêcher l'un de ses anciens télescopes spatiaux de finir consumé dans l'atmosphère terrestre, une opération inédite et particulièrement délicate qui devrait s'étendre sur plusieurs mois.Initialement prévu mardi, le lancement avait été reporté à plusieurs reprises en raison de conditions météorologiques défavorables, puis de difficultés techniques. Il a finalement eu lieu vendredi à 8 h 36 GMT depuis un atoll de l'océan Pacifique. Le robot, développé par la start-up américaine Katalyst Space Technologies, a été emporté par une fusée Pegasus XL de Northrop Grumman, elle-même larguée depuis un avion.Une fois placé sur une orbite proche de celle du télescope Swift, le vaisseau spatial de 500 kg, baptisé LINK, déploiera ses panneaux...
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