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Politique - Gouvernement

Première visite annoncée d’un membre du cabinet Diab en Syrie

La présence à Damas du ministre des Affaires sociales n’est pas une « normalisation » avec le régime syrien, qui reste une affaire d’État, assure une source proche de Ramzi Moucharrafiyé.

Le ministre Ramzi Moucharrafiyé s’entretenant à Damas avec le ministre syrien de l’Administration locale et de l’Environnement, Hussein Makhlouf. Photo SANA

La polémique est relancée. Avec l’annonce, hier, de la première visite rendue publique du ministre des Affaires sociales et du Tourisme, Ramzi Moucharrafiyé, en Syrie, où il a eu des discussions avec plusieurs ministres, les sensibilités autour de cette question ont resurgi. Un prélude à de nouveaux débats sur la « normalisation » des relations avec le régime syrien, appelés à s’amplifier au cours des prochains jours.

Placée sous le signe de la coordination autour du dossier des réfugiés syriens, la visite de M. Moucharrafiyé, proche du chef druze Talal Arslane, n’a vraisemblablement pas été parrainée officiellement par le gouvernement. Cela signifierait que le Premier ministre Hassane Diab pourrait avoir donné le feu vert au ministre sans pour autant endosser la paternité de la décision. Un scénario qui s’était déjà produit du temps du dernier cabinet de Saad Hariri, dont plusieurs ministres, y compris ceux du Hezbollah, se rendaient en Syrie à « titre individuel », non sans en avoir informé au préalable le chef du gouvernement qui refusait tout rapprochement officiel avec Damas.

M. Moucharrafiyé, également chargé du suivi du dossier des réfugiés syriens, a été reçu par les ministres syriens de l’Administration locale et de l’Environnement, Hussein Makhlouf, responsable du dossier des réfugiés syriens se trouvant dans les pays tiers, des Affaires sociales et du Travail, Rima al-Qadri, et du Tourisme, Mohammad Rami Martini.

« M. Moucharrafiyé a abordé avec le ministre Makhlouf et avec la ministre Qadri le dossier des réfugiés syriens et les moyens à mettre en œuvre pour leur assurer un retour sûr et digne dans le cadre d’une coopération entre le Liban et la Syrie, en coordination avec les organisations internationales concernées », précise un communiqué publié par le bureau du ministre Moucharrafiyé.

Les responsables ont souligné « la nécessité d’activer la coordination dans l’intérêt des deux pays ». Les deux ministres syriens ont affirmé que « le gouvernement a décidé de tout mettre en œuvre pour faire revenir les fils de la patrie dans leurs villages et maisons », ajoute le texte.

Interrogée à ce sujet, une source proche de M. Moucharrafiyé a refusé de répondre à la question de savoir si cette visite a été consentie en amont en Conseil des ministres, voire si M. Diab en avait été informé ou pas. La source s’est contentée de dire qu’avec ce gouvernement, constitué principalement de technocrates dits non partisans selon elle, « il n’y a plus de considérations de politique politicienne ni d’intérêts étroits ».

La source a souligné que la visite intervenait « en application de la déclaration ministérielle » qui prévoit, en substance, la nécessité d’écarter le dossier des réfugiés syriens des tiraillements politiques, et d’en aborder le règlement dans le seul intérêt du Liban, qui doit primer sur toute autre considération. Tout en reconnaissant la sensibilité de cette visite, la source précise que M. Moucharrafiyé avait l’obligation de se réunir avec la partie directement concernée, à savoir « les responsables syriens, de la même manière qu’il s’était réuni avec les représentants des organisations internationales et ceux des États contributeurs ».


Visites de ministres du Hezbollah ?

Selon des informations de presse, les deux ministres libanais proches du Hezbollah Imad Hobballah (Industrie) et Hamad Hassan (Santé) se seraient également déjà rendus en Syrie, à titre personnel toutefois. Des déplacement qui n’ont pas été rendus publics. Selon une source informée contactée par L’OLJ, par-delà la question des réfugiés syriens justifiant la visite de M. Moucharrafiyé à Damas, sa rencontre avec les interlocuteurs syriens « est un prélude pour une plus grande coordination avec la Syrie ». « Dans les jours à venir, la question de la normalisation reviendra en force sur la scène interne », précise la source citée, qui assure que « les ministres considérés proches du 8 Mars se bousculent pour se rendre à Damas », et qu’en tête de ces derniers figure le ministre de l’Agriculture et la Culture Abbas Mourtada (Amal).Autant d’informations que dément la source proche de M. Moucharrafiyé, qui insiste sur le fait que la question du rapprochement avec la Syrie « est une affaire d’État dont seul le Conseil des ministres peut décider ». Une source proche du Hezbollah va dans le même sens en précisant toutefois que « la restauration des relations avec Damas est conditionnée à la création d’un comité conjoint qui puisse plancher sur les mécanismes susceptibles de raviver ces relations et de parvenir au règlement du dossier des réfugiés ». Ce qui n’a pas encore eu lieu.


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La polémique est relancée. Avec l’annonce, hier, de la première visite rendue publique du ministre des Affaires sociales et du Tourisme, Ramzi Moucharrafiyé, en Syrie, où il a eu des discussions avec plusieurs ministres, les sensibilités autour de cette question ont resurgi. Un prélude à de nouveaux débats sur la « normalisation » des relations avec le régime syrien,...

commentaires (4)

Evidemment visite consentie par le Hezb Arslane pense pouvoir récupérer quelque chose du régime syrien fini… Ça arrange tellement le régime syrien que les réfugiés suffoquent le Liban….

Jack Gardner

18 h 08, le 03 mars 2020

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Commentaires (4)

  • Evidemment visite consentie par le Hezb Arslane pense pouvoir récupérer quelque chose du régime syrien fini… Ça arrange tellement le régime syrien que les réfugiés suffoquent le Liban….

    Jack Gardner

    18 h 08, le 03 mars 2020

  • WRONG ! FAUT PAS DEFIER LES DECISIONS INTERNATIONALES DANS LA SITUATION OU NOUS SOMMES. AIDES, DONS ET INVESTISSEMENTS NE VIENDRONT JAMAIS DES SANS SOULIERS.

    SOUTENONS L,OLJ. CONDAMNONS SES CENSURES.

    15 h 36, le 03 mars 2020

  • Je ne comprends pas pourquoi tous les pays concernés par l’immigration des réfugiés syriens n’obligent pas Assad à récupérer sa population et leur assurer un toit chez eux sur des terrains vagues loin des champs de batailles avec des maisons pré fabriquées ou autres alors qu’ils ont des terrains à n’en plus finir au lieu de les reléguer aux autres pays où ils sont tassés par milliers sous des tentes pour assumer les fautes de leur dictateur. Dans les pays où ils respectent leurs citoyens suite à des catastrophes naturelles comme au Japon lors du tsunami ou même suite à une éruption d’un volcan dans d’autres pays civilisés ils procèdent à trouver un toit et assurer les besoins de leur population déplacée pendant que Assad se lavent les mains et chasse sa population de chez lui et le monde entier se sent coupable de ne pas pouvoir les accueillir alors que leurs places se trouvent en Syrie, chez eux où les km de terrains vagues qui manquent pas ni l’argent pour subvenir aux besoins des déplacés. C’est très beau d’être animés par des sentiments humanistes mais c’est pas bon de se faire passer et d’endosser le rôle de tortionnaires à la place de leur président et d’assumer à sa place ses responsabilités. Cela s’appelle de la naïveté

    Sissi zayyat

    12 h 53, le 03 mars 2020

  • Faites revenir les fils de la Patrie dans leur village et leurs maisons....oui , faites! ..faites ! On mangera notre pain sec tout seuls et entre nous.

    Marie-Hélène

    11 h 15, le 03 mars 2020

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