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Eurobonds : délai fixé à fin février pour "étudier les différentes options"

Liban

"Toute décision à ce niveau ne sera pas facile", affirme le ministre des Finances.

OLJ
13/02/2020

Le gouvernement libanais a mis sur pied jeudi une commission, composée des principaux responsables des secteurs économique et financier et d'experts, chargée d'étudier la question du remboursement, ou non, des eurobonds arrivant à échéance le 9 mars, et de présenter différentes options au Conseil des ministres avant la fin du mois de février. 

Ces dernières semaines, les cercles économiques et politiques au Liban débattent de l'opportunité, dans un contexte de crise économique et financière aiguë, de rembourser des eurobonds qui s’élèvent à 1,2 milliard de dollars. Certains milieux prônent de négocier dès à présent avec les créanciers de l'Etat une restructuration de la dette. Signe de l'urgence, le gouvernement a officiellement adressé mercredi une demande au Fonds monétaire international (FMI) pour une assistance technique. Des experts du FMI sont attendus dans les prochains jours. Ils devront présenter au Liban un plan économique, monétaire et financier global pour gérer la crise.



(Lire aussi dans Le Commerce du Levant : Les enjeux juridiques de la restructuration de la dette, selon Nasri Diab et Karim Daher)



Commission
Dans ce contexte, l'étude des "différentes options" auxquelles est confronté le Liban sera faite par une commission ad-hoc, selon notre correspondante à Baabda, Hoda Chédid. Cette commission sera composée du ministre des Finances, Ghazi Wazni, du ministre de l'Economie, Raoul Nehmé, du gouverneur de la Banque centrale (BDL), Riad Salamé, du président de l'Association des banques du Liban (ABL), Salim Sfeir, et d'experts issus d'organisations internationales, notamment l'Institut de finance internationale. Ces experts offriront leur conseil gratuitement, précise notre correspondante.

Cette cellule devra achever ses travaux d'ici la fin du mois afin d'en présenter les conclusions au gouvernement. Elle tiendra sa première réunion dans le courant de l'après-midi au Sérail. Notre correspondante à Baabda indique qu'au cours des réunions de la commission, Riad Salamé devra présenter les derniers chiffres disponibles concernant les réserves de liquidités du Liban.

Notre correspondante souligne que selon l'article 52 de la Constitution, toute négociation se faisant au niveau international doit être menée par le président de la République. 

Plus tôt dans la journée, lors d'une réunion économique et financière à Baabda, le ministre Wazni avait déjà indiqué que "plusieurs options sont étudiées au sujet des eurobonds, notamment celle du paiement ou du non remboursement". "Nous avons convenu de poursuivre l'étude de ces options afin de trancher cette question, car toute décision à ce niveau ne sera pas facile", avait expliqué le ministre. Avaient participé à cette réunion le Premier ministre, Hassane Diab, le président du Parlement, Nabih Berry, la vice-présidente du Conseil et ministre de la Défense, Zeina Acar, le ministre de l’Économie, Raoul Nehmé, le gouverneur de la BDL, le président de l'ABL, et le directeur général de la présidence de la République Antoine Choucair. 


(Lire aussi : Restructuration de la dette : L’excuse du temps n’est plus recevable, selon Sibylle Rizk)



Contrôle des capitaux
Le ministre des Finances avait en outre indiqué que lors de cette réunion, "la question du contrôle des capitaux a également été soulevée et nous nous sommes mis d'accord pour qu'une circulaire claire soit publiée dans les deux prochains jours afin de mettre un terme aux décisions discrétionnaires (des banques) qui concernent les dépositaires et les bénéficiaires de crédits". Les banques libanaises, très exposées à la dette publique galopante du pays (près de 90 milliards de dollars, soit 150 % du PIB, un des pires ratios au monde), ont de leur côté mis en place de façon informelle et unilatérale des mesures de contrôle de capitaux qui ont frappé de plein fouet l’activité des entreprises et alimenté un climat anxiogène poussant de nombreux déposants à chercher à retirer leur argent des banques.

Budget 2021
Par ailleurs, selon les déclarations de la ministre de l'Information, Manal Abdel Samad, à l'issue du Conseil des ministres, le chef de l'Etat a exhorté le cabinet à "commencer à appliquer" le plus rapidement possible la déclaration ministérielle en préparant des plans d'urgence à court et moyen terme afin de faire face aux "conditions économiques, financières, monétaires et bancaires exceptionnelles que traverse le pays". Il a appelé le gouvernement Diab à se mettre "directement au travail pour préparer le budget de l'Etat pour l'exercice 2021".

Le Premier ministre a de son côté demandé aux différents membres du gouvernement de préparer, d'ici la semaine prochaine, un dossier contenant les projets et dossiers les plus urgents pour chaque ministère. Il les a également fait signer un engagement à ne pas se présenter à d'éventuelles élections législatives qui auraient lieu lors de leur mandat ministériel et leur a demandé de signer des déclarations de patrimoine. 



Les commentaires des experts

Les conséquences d’une restructuration de la dette du Liban, par Oussama A. Nasr

Plutôt qu’une restructuration de la dette, mettons en place une contribution unique de « solidarité nationale » par Samir el-Daher


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gaby sioufi

UNE SOLUTION UNE SEULE CAPABLE DE SAUVER LE PAYS :
"MBS" FACON LIBANAISE !
SURTOUT QU'ON NE [ARLE PAS DEMOCRATIE, CONSTITUTION ET AUTRES CONNERIES," LES POUVOIRS " SUCCESSIFS NE LES ONT JAMAIS RESPECTEES.

DONNER A QQS CENTAINES DE "PRESUMES" L'OPTION ENTRE LA PRISON EN ATTENDANT DES ENQUETES JUDICIAIRES & LE REMBOURSEMENT IMMEDIAT DE 75% DES MONTANTS VOLES .
SINON S'ATTENDRE A UN RAPATRIEMENT DES $ VOLES SERAIT UTOPIQUE

Wlek Sanferlou

Je parie que le monde trouvera une cure au corona virus avant la décision appropriée de ce gouvernement et ses maîtres!...

Sissi zayyat

Motus et bouche cousue sur les causes de ce deficit et sur les noms des voleurs et des vendus qui ont ruiné notre pays. Que doit on espérer d'un manquement aussi décevant des droits au Liban. Il y en a ceux qui volent et qui restent à diriger le pays et les autres qui se font saigner et continuent l'être sans qu'aucune poursuite judiciaire n'ait lieu ni même une enquête préliminaire pour savoir à quoi ont servi les milliards évaporés.
Mais ayez confiance ils vont trouvé une solution en vous achevant pour ne pas angoisser les voleurs et les traduire en justice.
on parle de sauver les meubles, et le peuple parle de sauver des vies.
Chercher l'erreur.

Liberté de Penser

Quand est ce que le gouvernement va créer une commission pour enquêter sur tous l’argent public détourné et sur tous les fonds gaspillés par des dépenses inutiles telles que le surnombre astronomique de fonctionnaires

Remy Martin

Lueur au bout du tunnel ? Possible si pas droit de veto de l'ambassadeur du Bon Dieu ... On le saura très bientôt.

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

HARO SUR LE BAUDET ! EN L,OCCURENCE LE PEUPLE LIBANAIS QUI EST INVITE DE FORCE A PAYER TOUTES LES CORRUPTIONS ET LES VOLS DES ABRUTIS QUI ONT GOUVERNE CE PAYS POUR LES 30 DERNIERES ANNEES MAIS SURTOUT POUR LA DERNIERE DECENNIE. UNE REVOLUTION SE PREPARE...

Brunet Odile

Pas confiance !

Ô Liban

La présence de certaines personnes à cette réunion, montre combien ce gouvernement de spécialistes est indépendant dans ses choix.

Bustros Mitri

Étudiez, étudiez....
Hahahaha...

Chucri Abboud

Tout est dans l'ordre , ça commence à bouger .
Il faut arrêter de dénigrer le gouvernement , commencer à reconstruire avec lui .
Accordons-nous un répit , renforçons nos institutions .
Il y a une lueur d'espoir , ne l'écartons pas .
Cessons cette révolution qui casse tous les meubles qui nous restent , pour le moment .
Un peu de sagesse .

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