Prêt-à-porter automne 2020

Élie Saab : souvenirs de Séville

Sous le vocable de la boussole ou compàs en espagnol, Élie Saab nous emmène l’automne prochain sur les bords du Guadalquivir. La collection ÉLIE SAAB prêt-à-porter Pre-Fall 2020 s’inspire tant de la beauté de Séville que de la femme que cette ville incarne, déterminée, passionnée et sensuelle. Elle est, dit-il, « par essence, tel un compàs, une boussole qui oscille entre force et douceur ».

Tenues de jour ou de soirée, les pièces de la collection, bien que conformes aux codes reconnaissables de la maison, se distinguent par une audace inédite. Les robes sont composées d’un patchwork de dentelle, de macramé et de tulle. Selon le créateur, « chaque tissu vient s’ajouter comme une note de musique à une symphonie pour créer un ensemble mettant harmonieusement en valeur la silhouette ».

Nous sommes donc à Séville, patrie des corridas et du flamenco, et les boléros noirs accentués de franges font écho à l’assurance des matadors. La veste de smoking, parfois associée à une jupe crayon ou volantée, évoque une femme au caractère tenace et affirmé, tandis que les fentes hautes et les découpes transparentes en guipure nous rappellent la puissance de sa sensualité. Des combinaisons aériennes et des robes de soirée écarlates rythment la collection, également ponctuée de grands imprimés floraux.

Les ceintures signature de la maison épousent la taille et apportent une touche finale de douceur et de raffinement aux silhouettes de la collection. De-ci, de-là, des châles à franges et des voiles en dentelle font planer un intrigant parfum de mystère.

Toujours à la recherche d’une narration au plus près de son identité à la croisée de l’Orient et de l’Occident, Élie Saab n’a de cesse de raconter Beyrouth à travers toutes les villes et continents que ses collections racontent. Au cœur de l’Andalousie, Séville incarne la double splendeur des cultures musulmane et chrétienne. Vibrante et exaltée, la cité fluviale bénéficie comme Beyrouth d’une situation géographique privilégiée qui favorise son ouverture vers l’extérieur et le brassage des cultures. Le flamenco, danse typique de l’Andalousie, tout comme la danse du ventre, se danse seul, avec tout ce que cela suppose d’audace et d’expression de soi, de messages cryptés et d’extraversion face à un public qu’il s’agit de dompter et de charmer au sens de l’hypnose. Jean Cocteau disait joliment que les danseuses de flamenco « allument le feu avec les mains et l’éteignent avec les pieds ». Et c’est bien de feu dont il s’agit dans cette collection où les volants jouent les flammes, où les fentes et les transparences redessinent la sensualité. De la séduction à la soumission de l’objet du désir se joue une mise à mort symbolique que les corridas prolongent dans la crudité du sang versé. La collection pré-automnale d’Élie Saab, on l’aura compris, du rouge au noir en passant par toutes les nuances de la passion, ne fait pas dans la dentelle même si la dentelle y abonde. Capes, volants et combinaisons, traités dans un style moderne, rappellent les codes des années 1970 chers au créateur et caractéristiques de l’âge d’or de Beyrouth.


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